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À quelques heures de la fête de l’Aïd al-Fitr, les habitants de Kankan font face à une double crise : une pénurie de liquidités qui bloque les retraits, notamment via Orange Money, et une hausse marquée des prix des denrées alimentaires.

Dans les foyers comme dans les marchés, l’inquiétude grandit. L’argent est disponible sur les comptes, mais inaccessible, tandis que les prix continuent de grimper.
À Kankan, la situation économique se tend à l’approche de la fête de Ramadan. Entre hausse des prix et difficultés d’accès au liquide, de nombreux ménages peinent à faire face aux dépenses du quotidien.
Fatoumata Diallo en fait partie. Visiblement dépassée, elle décrit une situation qu’elle juge intenable :
« Nous souffrons énormément pour le retrait d’argent sur Orange Money. Nous avons notre argent sur le compte, mais il est impossible de faire le retrait. Celui qui paye mes dépenses envoie l’argent sur Orange Money. Personnellement, mes dépenses ont été envoyées à la veille de cette fête, mais je ne sais pas comment avoir du liquide pour faire les achats.
Nous vivons de grandes difficultés en ce moment. Je regrette pourquoi j’ai créé mon compte Orange Money. Si je réussis à retirer mon argent, je vais bloquer le compte. On avait peur des bandits, mais aujourd’hui, c’est pire. Nous avons notre argent sur les comptes, mais impossible de le retirer. »
Ce témoignage reflète une situation largement partagée. La crise de liquidité ne touche pas uniquement les usagers. Les distributeurs eux-mêmes disent être dépassés.
Kamara Salifou, opérateur de transactions Orange Money, explique les blocages : « Le souci n’est pas au niveau des points de vente. C’est toute une chaîne. Quand on fait les dépôts et retraits, on doit remonter l’argent vers les distributeurs. Ce sont eux qui nous donnent le cash pour faire les retraits.
Mais s’il n’y a pas de cash chez eux, nous aussi, on ne peut pas servir les clients. »
Il poursuit en décrivant un système paralysé : « Si on fait les retraits avec le peu de cash qu’on a, on ne pourra pas récupérer cet argent derrière. Donc, on est obligé d’arrêter. Sinon, on va se retrouver bloqués nous aussi.
Aujourd’hui, par exemple, je ne peux pas faire de retrait parce que je n’ai pas de cash. Et même si j’en avais, je ne pourrais pas le remplacer. »
Selon lui, l’origine du problème est claire : « C’est un problème de liquidité. Si l’argent ne circule pas, tout le monde est bloqué. »
Face à cette situation, certains citoyens interpellent directement les autorités. Alassane Condé pointe la gestion économique :
« Pour moi, tout problème aujourd’hui, c’est le gouvernement. La Guinée utilise sa propre monnaie, mais on parle de manque de liquidité.
Dans d’autres pays comme le Ghana ou le Nigeria, il n’y a pas ce problème. »
Il insiste également sur le manque de petites coupures :
« On a besoin de monnaie. Il faut des billets de 100, 200, 500 francs. Aujourd’hui, avec 20 000 francs, comment rendre la monnaie sur de petits achats ? Ce n’est pas normal. »
Avant de conclure : « La population souffre. On est fatigués. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. »
Dans les marchés, la tension est tout aussi palpable. Au marché Sogbè, clients et vendeurs décrivent une situation difficile, marquée par la hausse des prix et la rareté de certains produits.
Fatoumata Diané témoigne :
« Je suis allée faire un retrait, je n’ai pu avoir que 100 000 francs. Partout, on me dit qu’il n’y a pas de retrait. Je suis allée acheter de la viande, il n’y en avait pas. Le kilo est à 70 000 francs à Dibida. J’ai acheté un poulet à 85 000 francs. Le marché n’est pas bon du tout. »
Même constat chez les commerçantes, à l’image de Doussou Sylla : « Le marché est dur en ce moment. Le poisson est cher, la viande se fait rare. Les gens sont fatigués.
En plus, on n’arrive pas à retirer notre argent sur Orange Money. On ne sait pas ce que veulent les responsables. »
À l’approche de cette période de forte consommation, la combinaison du manque de liquidités et de la hausse des prix place les ménages dans une situation critique. L’argent reste bloqué sur les comptes, tandis que les produits alimentaires deviennent de plus en plus chers.
À Kankan, la fête se prépare dans l’incertitude. Sans amélioration de la circulation du cash, les difficultés pourraient se prolonger au-delà de l’Aïd.
De Kankan, Karifa Kansan Doumbouya pour Mediaguinée
622 47 09 60
L’article Kankan : à la veille de l’Aïd, ménages et commerçants asphyxiés entre pénurie de liquidité et flambée des prix est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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