Kaloum : la justice condamne quatre femmes pour excision d’une fillette

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Le Tribunal de première instance de Kaloum a rendu, ce vendredi 29 août 2025, un verdict qualifié d’« historique » dans une affaire de mutilation génitale féminine (MGF) commise sur une fillette de 5 ans.

Poursuivies pour leur implication dans l’excision, quatre femmes ont été reconnues coupables. L’exciseuse et la grand-mère de la victime ont chacune écopé d’un an de prison ferme, tandis que deux complices, accusées d’avoir entravé l’enquête, ont été condamnées à cinq mois d’emprisonnement ferme.

Selon Mohamed Bangoura, substitut du procureur, les faits se sont déroulés en ce mois d’août à Kassa, précisément à Tamara. La fillette, victime d’une ablation, a subi une grave hémorragie nécessitant son évacuation d’urgence à l’hôpital Ignace Deen.

Le parquet a retenu contre les prévenues des infractions prévues par l’article 258 du Code pénal et par le Code de l’enfant. « Au terme de deux jours d’audience, le tribunal correctionnel a retenu les quatre prévenues dans les liens de la culpabilité », a indiqué le magistrat.

Pour Mme Fofana Finie Sylla, cheffe de la section régionale de l’Enfance de Conakry, cette décision judiciaire constitue un signal fort :

« C’est une première à Conakry. Cette condamnation pourra dissuader d’autres personnes et protéger la santé et l’épanouissement des filles », a-t-elle déclaré, saluant le soutien du service central de protection des personnes vulnérables, du tribunal de Kaloum et de l’UNICEF.

De son côté, Mme Condé Saran, inspectrice régionale de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, a pour sa part insisté sur la nécessité de renforcer la prévention :

« La justice a été rendue. Mais il faut intensifier la sensibilisation. Cette année, nous avons lancé la campagne Vacances sans excision, qui vise à protéger les enfants et à mettre fin à ces pratiques néfastes. »

Les quatre condamnées ont été reconduites en prison pour purger leur peine. Pour les défenseurs des droits des enfants, ce jugement marque un tournant : la mutilation génitale féminine, longtemps tolérée, fait désormais l’objet de sanctions fermes de la part de la justice guinéenne.

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