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« Je sais que vous allez me condamner pour ce que j’ai dit. Mon erreur est grave, ma faute est grave. Mais essayez de trouver une place dans votre cœur. Pensez à votre fils, à votre frère, à votre sœur… Essayez de vous mettre à ma place, pardonnez-moi. Ma famille en souffre. Ma mère et mon père sont en forêt, ils ne peuvent plus lever la tête, parce que je les ai déshonorés », a déclaré le prévenu en sanglots à la barre.
Le procès de Moussa Oularé s’est tenu ce lundi 27 avril 2026 devant le tribunal de première instance de Dixinn. Ce jeune prévenu est poursuivi devant cette juridiction pour incitation à la haine et injures au préjudice du peuple Guerzé. À la barre, il a reconnu sans ambages les faits mis à sa charge et a exprimé des regrets, sollicitant le pardon. Au terme des débats, le tribunal l’a déclaré coupable et l’a condamné à un an de prison et 10 millions de francs guinéens d’amende, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.
Placé en détention depuis le 24 avril dernier à la maison centrale de Conakry, Moussa Oularé était poursuivi pour avoir tenu des propos jugés injurieux et incitant à la haine contre le peuple Guerzé, une communauté de la Guinée forestière. Il avait notamment affirmé que « les Guerzé sont le peuple le plus bas de la Guinée ».
Reconnaissant la gravité de ses déclarations, le prévenu a toutefois soutenu que ses propos visaient une personne en particulier et non l’ensemble de la communauté.
Dans ses réquisitions, le ministère public, représenté par le procureur Sidiki Camara, a requis cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 10 millions de francs guinéens.
Sidiki Camara, procureur près le tribunal de Dixinn« Moussa Oularé est poursuivi pour incitation à la haine ethnique et injures à travers des propos qu’il a tenus et qui ont été relayés sur les réseaux sociaux. Ce sont des propos qui ont blessé toute une communauté, tout un peuple. Dire, en toute connaissance de cause, que “les Guerzé sont le peuple le plus bas de la Guinée”, ce sont des propos qui ne doivent pas demeurer impunis. C’est la raison pour laquelle nous avons mis en branle nos services de sécurité, qui ont réussi à le géolocaliser et à l’interpeller. Il a été présenté devant nous, puis déféré au parquet avant de comparaître aujourd’hui pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Nous avons rappelé dans nos réquisitions que le peuple de Guinée est un tout indivisible, composé de plusieurs ethnies, et qu’aucune n’est supérieure à une autre. Ce message doit être compris de tous. À travers ce procès, nous avons voulu faire passer un signal fort : en Guinée, personne n’est au-dessus de l’autre. Nous sommes tous égaux. Il n’est pas acceptable de rabaisser une communauté au détriment d’une autre. Nous avons donc requis cinq ans d’emprisonnement et une amende de 10 millions GNF. Même si le tribunal a finalement prononcé une peine d’un an, l’essentiel pour nous est que le message soit passé. Ces faits ont profondément heurté une communauté, et il était de notre devoir d’engager des poursuites pour que justice soit rendue », a déclaré le procureur Sidiki Camara.
De son côté, l’avocat de la défense, maître Kémoko Malick Diakité, a plaidé en faveur de larges circonstances atténuantes, tout en reconnaissant la gravité des faits.
Me Kémoko Malick Diakité, avocat« Je suis dans un état mitigé. Le président a fait preuve de clémence au regard de l’infraction. Le ministère public avait requis cinq ans d’emprisonnement, et la peine a été ramenée à un an. Cela signifie que le tribunal a tenu compte des circonstances atténuantes. Monsieur Moussa Oularé a tenu des propos que vous connaissez. Il a effectivement déclaré que “les Guerzé sont le peuple le plus bas de la Guinée”. Il les a prononcés dans un contexte de colère, ce qui ne les justifie pas. Ces propos sont extrêmement graves. Dire qu’un peuple est inférieur constitue un mépris envers toute une communauté. Il est normal que les personnes concernées se sentent blessées et réagissent. Mais cette décision doit aussi servir de leçon. Parfois, il faut des sanctions pour rappeler que ce type de dérive, qu’elle soit ethniciste ou raciste, n’a pas sa place dans notre société », a réagi l’avocat.
Dans sa dernière prise de parole, Moussa Oularé, en larmes, a imploré la clémence du tribunal.
« Mes frères, mes sœurs, si je vous ai blessés, je vous demande pardon. Je sais que vous allez me condamner pour ce que j’ai dit. Mon erreur est grave, ma faute est grave. Mais essayez de trouver une place dans votre cœur. Pensez à votre fils, à votre frère, à votre sœur… Essayez de vous mettre à ma place, pardonnez-moi. Ma famille en souffre. Ma mère et mon père sont en forêt, ils ne peuvent plus lever la tête, parce que je les ai déshonorés », a-t-il déclaré en sanglots.
Rendant sa décision sur le siège, le tribunal, présidé par le juge Mohamed Sangaré, a déclaré Moussa Oularé coupable des faits d’incitation à la haine ethnique et d’injures qui lui sont reprochés. Il a été condamné à un an d’emprisonnement ferme et au paiement d’une amende de 10 millions de francs guinéens.
Mariama Barry pour Guineematin.com
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