CRIEF: les débats rouverts dans le procès de Mohamed Lamine Bangoura

il y a 2 heures 16
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Les audiences ont repris ce lundi 27 avril 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), avec une composition présidée par le juge Alpha Camara.

La séance a été marquée par la reprise du procès de l’ex-président de la Cour constitutionnelle, poursuivi pour détournement de deniers publics portant sur un montant de 20 milliards de francs guinéens, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.

Comme devant l’ancienne composition, Dr Mohamed Lamine Bangoura n’a, une fois encore, pas reconnu les faits qui lui sont reprochés. Plusieurs questions lui ont été posées après qu’il a narré les circonstances qui l’ont conduit devant la CRIEF.

Celles du ministère public ont été particulièrement percutantes. Dans ses éléments de réponse, M. Bangoura a rappelé que, sous son prédécesseur, feu Kèlèfa Sall, le loyer du bâtiment abritant l’institution était de 8 milliards de francs guinéens.

À son arrivée à la tête de l’institution en 2018, ce loyer est passé à 11 milliards de francs guinéens, à la suite d’un nouveau contrat signé après la rénovation du bâtiment.

Le substitut du procureur, Pierre Sègbè Kamano, a ensuite cherché à savoir quelles activités exerçait le prévenu avant ses fonctions à la Cour. L’ancien président de la Cour constitutionnelle a répondu qu’il était enseignant-chercheur dans des facultés de droit et consultant. Selon lui, il a occupé pendant six ans les fonctions de doyen de faculté, percevant plus de 6 millions de francs guinéens comme salaire.

Une autre question a porté sur les pièces comptables liées à ses activités de consultation. Dr Mohamed Lamine Bangoura a indiqué qu’il n’en disposait plus, arguant que cela remonte à longtemps.

Par ailleurs, il a ajouté qu’à son époque, la Cour ne recevait qu’une subvention de 20 milliards de francs guinéens. Il a précisé que cette subvention n’était assortie d’aucune ligne de répartition, contrairement à un budget. Comme toute autre institution, a-t-il affirmé, elle pouvait disposer de ces fonds à sa guise.

Il a expliqué que cette subvention servait notamment à payer les primes de session tenues les lundis et jeudis, les frais de logement à domicile, la prise en charge des cas de maladie, le carburant ainsi que les avantages accordés au personnel administratif.

S’il ignorait le contrôle exercé a posteriori sur le directeur administratif et financier (DAF), l’ancien commis de l’État a indiqué qu’à l’interne, le comité de trésorerie et la plénière constituaient bel et bien une forme de contrôle a priori de la subvention.

Le ministère public est également revenu sur les trois maisons du prévenu à Nongo. L’ancien président de la Cour constitutionnelle a déclaré avoir acquis les deux premières en 2009, alors qu’il était doyen de faculté. La troisième aurait été obtenue par un système de troc, alors qu’il était déjà en fonction à la Cour constitutionnelle. Il a aussi été question de l’immeuble qu’il a acheté à Dakar pour plus de 4 milliards de francs guinéens.

L’enseignant-chercheur affirme avoir réalisé cet achat grâce à un prêt de deux milliards de francs guinéens auprès d’Afriland First Bank, à ses revenus personnels, ainsi qu’aux fonds issus de la vente de l’immeuble de son père en France.

Répondant à d’autres questions du ministère public, Mohamed Lamine Bangoura a reconnu ne pas avoir déclaré ses biens lors de son entrée en fonction à la Cour constitutionnelle. Non par mauvaise foi, mais parce que, selon lui, la Cour constitutionnelle n’était pas encore mise en place à cette époque. Il a toutefois admis qu’il s’agissait d’une imprudence.

Mohamed Lamine Bangoura percevait un salaire de 21 millions de francs guinéens en 2015 en tant que membre de la Cour constitutionnelle, 22 millions en 2017 en tant que vice-président de l’institution, et 75 millions en 2018 en tant que président.

À la suite du ministère public, l’avocat de l’agent judiciaire de l’État devait intervenir. Toutefois, en raison de son absence, le dossier a été renvoyé au 4 mai pour la suite des débats.

Sékou Diatéya

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