CRIEF : les débats dans l’affaire de l’ex-président de la Cour constitutionnelle reprennent à zéro

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À la suite du décret de nomination des magistrats à la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières, le 19 avril dernier, les audiences ont repris ce lundi 27 avril 2026.

Une audience marquée par la réouverture des débats dans l’affaire opposant l’État guinéen à l’ancien président de la Cour constitutionnelle. Mohamed Lamine Bangoura est poursuivi devant cette Cour pour des faits de “détournement de deniers publics, enrichissement illicite et blanchiment de capitaux”, portant sur 20 milliards de francs guinéens.

Devant la Chambre de jugement de ladite Cour, présidée par le juge Alpha Camara, le prévenu a rejeté toutes les accusations mises à sa charge. Soumis à un feu roulant de questions, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a été amené à expliquer l’origine licite de ses biens avant et pendant son arrivée à la tête de cette institution judiciaire.

D’abord, il soutient qu’avant son arrivée au sein de cette Cour, il exerçait les fonctions d’enseignant-chercheur dans des facultés de droit, tout en étant consultant. En sa qualité de doyen de faculté de droit, il percevait 6 millions de francs guinéens comme salaire, et cela pendant six (6) ans.

Ensuite, explique-t-il, quand il est arrivé à la Cour constitutionnelle en qualité de membre en 2015, il percevait 21 millions.

Lorsqu’il est devenu vice-président en 2017, son salaire est monté à 22 millions de francs guinéens. Une fois élu président en 2018, il a commencé à percevoir 75 millions comme salaire.
Interrogé sur sa déclaration de biens avant son entrée en fonction, Mohamed Lamine Bangoura a reconnu n’avoir pas été soumis à cet exercice. “Non par mauvaise foi, mais parce que la Cour constitutionnelle n’était pas encore mise en place à cette époque”, avant d’admettre qu’il s’agissait d’une imprudence de sa part.

Pour revenir sur la subvention de 20 milliards de francs guinéens allouée à la Cour constitutionnelle, le prévenu a précisé qu’elle n’était assortie d’aucune ligne de répartition, contrairement à un budget. Toutefois, explique-t-il, cette subvention servait notamment à payer les primes de session tenues les lundis et jeudis, les frais de logement à domicile, la prise en charge des cas de maladie, le carburant, ainsi que les avantages accordés au personnel administratif.

Parlant de l’acquisition de ses biens, Mohamed Lamine Bangoura a fait état de trois maisons qu’il possède au quartier Nongo. Les deux premières ont été acquises en 2009, pendant qu’il était doyen de faculté. La troisième aurait été obtenue par un système de troc, quand il est arrivé à la Cour constitutionnelle.
Son immeuble acheté à 4 milliards de francs guinéens à Dakar n’a pas été occulté lors des débats.

Sur la question, l’ex-président de la Cour constitutionnelle affirme avoir réalisé cet achat grâce à un prêt de deux milliards de francs guinéens auprès d’Afriland First Bank, à ses revenus personnels, ainsi qu’aux fonds issus de la vente de l’immeuble de son père en France.
Il était aussi question de ses comptes bancaires. Là également, le prévenu a fait cas de trois comptes bancaires. Selon lui, son compte à Vista Bank avoisinait entre 600 et 700 millions, soit son salaire à la Cour constitutionnelle ; à la Société Générale, il affirme que cela ne dépasse pas les 100 millions, qui comprenaient son salaire d’enseignant ; et à Afriland Bank, où il n’a pas déterminé de montant.

Pendant que le juge tentait de donner la parole à l’avocat de l’Agent judiciaire de l’État après le procureur, il a été constaté que celui-ci était absent. Pour cette raison, le juge Alpha Camara a jugé utile de renvoyer l’affaire au 4 mai pour la suite des débats.

Lébêré Baldé

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