Guinée : Cap sur 152 milliards de dollars de PIB, le pari audacieux de Bah Oury

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​Devant le Conseil National de la Transition (CNT), le Premier ministre Bah Oury a présenté ce 25 mars 2026 une Déclaration de Politique Générale résolument offensive. Porté par le mégaprojet Simandou 2040, le gouvernement promet une mutation structurelle de l’économie guinéenne, avec une croissance annuelle à deux chiffres et la création de millions d’emplois.

​C’est un véritable « plan Marshall » à la guinéenne que le chef du gouvernement a exposé à la tribune du CNT. Avec une assurance nourrie par les indicateurs récents, Bah Oury a dressé le portrait d’une nation qui ne se contente plus de gérer ses ressources, mais qui entend désormais les capitaliser pour bâtir une puissance économique régionale.

​Le cœur de la stratégie gouvernementale repose sur le programme Simandou 2040. Ce projet intégré, dont la Loi Plan a été adoptée début mars, vise des objectifs vertigineux : porter le Produit Intérieur Brut (PIB) de la Guinée de 35 milliards à 152 milliards de dollars d’ici 15 ans.

​Pour y parvenir, le Premier ministre table sur une croissance moyenne de 10,3 % par an et la création de plus de cinq millions d’emplois. « L’architecture globale comprend 122 mégaprojets et 39 réformes structurantes », a-t-il précisé, annonçant un volume d’investissement global estimé à 330 milliards de dollars.

​Conscient des enjeux de dépendance, Bah Oury a insisté sur une architecture de financement équilibrée. Si le secteur privé doit porter 38 % de cet effort, l’État guinéen compte s’appuyer sur son budget national (32 %) et son fonds souverain (19 %) pour garder la main sur son destin.

​Cette ambition s’accompagne d’une refonte administrative majeure. Le Premier ministre a justifié la fusion des ministères de l’Économie, des Finances et du Budget par une nécessité de « cohérence, de discipline et de rigueur ». Les chiffres plaident en sa faveur : les recettes publiques ont bondi de 139 % entre 2020 et 2025, atteignant 45 000 milliards de GNF.

​L’agro-industrie, l’autre poumon de la croissance

​Si les mines restent la locomotive, l’agriculture et le commerce ne sont pas en reste. Avec 65 milliards de dollars d’investissements prévus pour 32 mégaprojets, le gouvernement veut faire émerger une agro-industrie capable de nourrir le pays et d’exporter sur les marchés régionaux. L’objectif est de transformer localement pour que la valeur ajoutée reste en Guinée.

​Infrastructures et contenu local

​Le désenclavement du pays est l’autre condition sine qua non de cette réussite. Selon la Politique générale présentée par Amadou Oury Bah, le gouvernement prévoit 100 milliards de dollars pour les infrastructures, incluant la réalisation de 2 900 km d’autoroutes et 2 500 km de lignes ferroviaires.

​Bah Oury a conclu son volet économique par un avertissement et une promesse : le « contenu local » sera un levier non négociable. Les entreprises guinéennes et la main-d’œuvre nationale doivent être les premières bénéficiaires de cette manne, sous peine de voir cette croissance rester hors de portée du citoyen moyen.

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