PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

La tension reste vive entre la Guinée et le Libéria dans la zone frontalière de Kiéssènèye, située dans la préfecture de Guéckédou. Après les incidents survenus le 10 mars 2026 sur les rives du fleuve Makona, le drapeau libérien, retiré quelques heures après avoir été hissé par des manifestants, a de nouveau été installé mercredi après-midi, ravivant les crispations entre les populations des deux pays.
Un drapeau au cœur de la crise
Tout est parti lundi lorsque des citoyens libériens se sont attaqués à des militaires guinéens positionnés dans cette zone contestée. Dans la foulée, ils ont arraché le drapeau guinéen pour hisser le leur.
Face à la situation, les militaires guinéens ont reçu l’ordre de se replier afin d’éviter toute escalade. Les autorités des deux côtés de la frontière avaient alors demandé que le drapeau libérien soit retiré.
Mais dans l’après-midi du mardi 10 mars 2026, à la suite d’un nouvel épisode de tensions entre jeunes guinéens et libériens, ces derniers sont revenus installer leur drapeau à quelques pas du fleuve, relançant la crispation.
Des discussions amorcées sur le terrain
Peu après cet acte, une délégation libérienne composée de responsables locaux et d’hommes en uniforme s’est rendue sur les lieux. Se disant porteuse d’un message des autorités du Libéria, elle a proposé l’ouverture de discussions entre les deux parties.
Les émissaires ont notamment suggéré que seuls les militaires restent sur place, tandis que les civils et les jeunes des deux camps se retirent. L’un des représentants libériens a également évoqué la possibilité d’une fermeture temporaire de la frontière ainsi que le retrait des pirogues du fleuve, en attendant les décisions officielles des deux États.
Prenant la parole au nom des autorités locales guinéennes, le président du district de Bèmakissi, Gabriel Kambadouno, a salué cette initiative de dialogue, tout en posant une condition préalable : le retrait du drapeau libérien du site contesté.
« Pour toute discussion, vous devez d’abord faire descendre votre drapeau à cet endroit », a-t-il insisté, rappelant que la décision de fermer la frontière relève exclusivement des autorités nationales.
À la tombée de la nuit, les militaires des deux pays restaient en position de surveillance de part et d’autre de la frontière.
Tirs de sommation et rumeur de panique à Guéckédou
Dans la matinée du mercredi 11 mars, la tension est montée d’un cran lorsque des tirs de sommation ont été entendus du côté libérien. Selon le préfet de Guéckédou, le général Kandia Mara, ces tirs visaient à disperser des jeunes libériens qui tentaient de traverser vers la rive guinéenne.
« Les coups de feu n’étaient pas destinés à attaquer la Guinée, mais à disperser les jeunes libériens », a-t-il expliqué, précisant que cette information lui avait été transmise par le ministre libérien des Affaires intérieures, Niuma Ley.
Ces détonations ont toutefois provoqué un vent de panique dans la ville de Guéckédou. En plein jour de marché, une rumeur évoquant une attaque imminente s’est rapidement propagée, poussant plusieurs habitants à quitter précipitamment la ville.
Intervenant dans les médias locaux, le préfet de Guéckédou a appelé la population au calme, assurant que la situation restait sous contrôle et qu’aucune attaque n’était en cours.
Une crise née de l’exploitation du sable
Selon plusieurs sources locales, l’origine de la tension actuelle remonte à une opération d’extraction de sable menée dans le fleuve Makona entre fin février et début mars. Les autorités guinéennes dénoncent ce qu’elles considèrent comme une occupation illégale d’un site situé sur leur territoire.
Cette situation intervient pourtant quelques jours seulement après une rencontre diplomatique organisée le 8 mars 2026 à Guéckédou entre le ministre guinéen de l’Administration du territoire, le général Ibrahima Kalil Condé, et une délégation gouvernementale libérienne conduite par le ministre des Affaires intérieures.
Les deux parties avaient alors convenu de privilégier la voie diplomatique pour résoudre ce différend frontalier.
Des échanges économiques menacés
La localité de Kiéssènèye constitue par ailleurs un point stratégique pour les échanges commerciaux entre les populations des deux pays. Chaque semaine, de nombreux commerçants libériens y effectuent la navette pour s’approvisionner en marchandises à Guéckédou.
La montée des tensions risque donc d’affecter directement ces activités économiques transfrontalières, vitales pour des centaines de familles.
Les autorités misent sur la diplomatie
Dans un communiqué récemment publié, le gouvernement libérien a assuré suivre la situation de près et privilégier les canaux diplomatiques afin d’éviter toute escalade.
De leur côté, les autorités guinéennes affirment que les forces de défense et de sécurité ont réussi à contenir les jeunes et à prévenir tout affrontement direct.
Rencontré ce jeudi 12 mars 2026, le gouverneur de la région de N’Zérékoré a indiqué ne pas disposer, pour l’heure, d’informations précises sur l’évolution de la situation au cours des 72 dernières heures.
Cependant, dans la capitale libérienne, des échauffourées ont été signalées par endroits. Selon plusieurs sources, des boutiques appartenant à des ressortissants guinéens auraient été saccagées et incendiées.
Malgré les efforts des autorités des deux pays voisins, la situation demeure fragile à Kiéssènèye, où les populations restent sur le qui-vive dans l’attente d’une solution diplomatique durable.
.png)
il y a 2 heures
13



















English (US) ·