Dix présidentielles en Afrique en 2025 : deux alternances, deux juntes consacrées, six continuités du pouvoir

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Sur dix élections présidentielles organisées en Afrique en 2025, seules deux ont débouché sur une alternance démocratique, au Malawi et aux Seychelles. La Guinée et le Gabon, sortis de transitions militaires, ont vu les chefs des juntes accéder au pouvoir par les urnes. Ailleurs, notamment au Cameroun et en Côte d’Ivoire, les présidents sortants ont été reconduits dans des scrutins souvent contestés, révélant un paysage électoral marqué par la continuité du pouvoir et la fragilité des processus démocratiques.

Guinée : la transition militaire validée par les urnes

Après quatre années de transition sous le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), les Guinéens ont voté le 28 décembre 2025. Avec un taux de participation élevé de 82,95 %, le chef de la junte, Mamadi Doumbouya, a été largement élu avec 86,72 % des suffrages. Il s’engage ainsi dans un mandat de sept ans, renouvelable une fois.

Mais le scrutin s’est tenu sans véritable compétition, en l’absence des principaux leaders politiques, dont Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, écartés du processus. Une victoire écrasante, mais dans un climat d’atonie politique.

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara s’offre un 4e mandat

Le 25 octobre 2025, Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur avec 89,77 % des voix, pour un taux de participation de 50,10 %. L’exclusion de figures majeures comme Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam a fortement pesé sur la crédibilité du scrutin, malgré la validation du Conseil constitutionnel.

Guinée-Bissau : l’élection interrompue par un coup d’État

Alors que les Bissau-Guinéens votaient le 23 novembre dans l’espoir de stabilité, le processus électoral a été brutalement interrompu par un coup d’État militaire renversant le président Umaru Sissoco Embaló, plongeant une fois de plus le pays dans l’incertitude.

Togo : une présidentielle sans le peuple

Pour la première fois, le président togolais n’a pas été élu au suffrage universel direct. À la suite de la réforme constitutionnelle de 2024, Jean-Lucien Savi de Tové a été élu par le Congrès, tandis que Faure Gnassingbé conserve l’essentiel du pouvoir comme président du Conseil. Une évolution qui prolonge une dynastie au pouvoir depuis 58 ans, au prix de sérieuses interrogations démocratiques.

Centrafrique : Touadéra reconduit après une Constitution taillée sur mesure

Au pouvoir depuis 2016, Faustin-Archange Touadéra a été réélu dès le premier tour avec 76,15 % des voix, à l’issue d’un scrutin contesté. La révision constitutionnelle de 2023 a prolongé la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, renforçant l’emprise du chef de l’État.

Cameroun : Biya, l’éternel!

À 92 ans, Paul Biya a été reconduit pour un huitième mandat, avec 53,66 % des suffrages. L’opposition dénonce une mascarade électorale, dans un contexte marqué par la répression et la mort en détention de figures dissidentes, dont Anicet Ekane.

Gabon : la transition militaire plébiscitée

Dix-neuf mois après avoir renversé la dynastie Bongo, le général Brice Oligui Nguema a été élu président avec 94,85 % des voix le 12 avril 2025. Un score inédit dans l’histoire politique du pays, qui consacre la transformation d’un coup d’État en pouvoir civil.

Tanzanie : continuité sous haute tension

Réélue avec 98 % des voix, la présidente Samia Suluhu Hassan fait face à de graves accusations de répression post-électorale. L’opposition évoque plus de 1 000 morts, des chiffres impossibles à vérifier, tandis que les observateurs internationaux dénoncent un manque de transparence.

Malawi : l’une des rares alternances

Le 16 septembre 2025, l’ancien président Peter Mutharika a battu le sortant Lazarus Chakwera avec 57 % des voix. Chakwera a reconnu sa défaite, consacrant une alternance pacifique, fait rare dans la région.

Seychelles : l’opposition l’emporte

Autre exception notable, les Seychelles, où Patrick Herminie, candidat de l’opposition, a remporté la présidentielle du 27 septembre avec 52,7 %, mettant fin au mandat du président sortant Wavel Ramkalawan.

Au terme de cette séquence électorale, le contraste est frappant : d’un côté, des transitions militaires légitimées par les urnes et des présidents sortants solidement reconduits, souvent au prix d’exclusions et de réformes controversées ; de l’autre, de rares alternances démocratiques, qui apparaissent comme l’exception plutôt que la règle. L’année 2025 confirme ainsi une tendance lourde : en Afrique, l’élection reste un passage obligé, mais la compétition démocratique, elle, demeure profondément inégale.

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