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http://Actuguinee.org / ce jeudi 12 février à la maison commune de la presse de la minière, les membres du Collectif des Personnes Handicapées Diplômées Sans Emploi en Guinée ont lancé un cri d’alarme. Face à ce qu’ils qualifient d’exclusion persistante du marché du travail, ils interpellent les autorités sur l’urgence de traduire en actes les textes nationaux et internationaux garantissant leur droit à l’emploi.
« Handicapés diplômés, oubliés, nous voulons servir notre nation ». Ce slogan résume l’amertume et l’espoir portés par le Collectif des Personnes Handicapées Diplômées Sans Emploi en Guinée. Devant la presse, son président, Géant Vévé Koïvogui, a dénoncé la marginalisation dont sont victimes de nombreux diplômés vivant avec un handicap, malgré les engagements juridiques pris par l’État guinéen.
Selon le collectif, la question de l’insertion professionnelle des personnes handicapées diplômées dépasse le simple cadre social. Elle touche à la justice, à l’équité et au respect des conventions ratifiées par la Guinée, notamment la Convention 159 de l’Organisation internationale du Travail et la Convention relative aux droits des personnes handicapées, qui reconnaissent clairement le droit au travail sans discrimination. À cela s’ajoutent les dispositions de la Constitution de 2025 et la nouvelle loi portant promotion et protection des droits des personnes en situation de handicap, promulguée en septembre 2025.
Pour les membres du collectif, le contraste est frappant : si la priorité est accordée aux personnes handicapées dans les hôpitaux, la circulation ou les files d’attente, cette considération disparaît dès qu’il s’agit d’accès à l’emploi, aussi bien dans le secteur public que privé. « En dehors de l’emploi, quelle est la différence entre une personne handicapée et un mendiant ? », s’interrogent-ils, visiblement indignés.
Revenant sur le recrutement général à la fonction publique annoncé en 2024, le collectif affirme avoir nourri l’espoir d’une intégration, d’autant plus que de nombreux dossiers étaient déjà déposés à la FEGUIPAH. Mais, à la veille des concours, un communiqué invitant les candidats handicapés à se faire identifier pour un simple accompagnement a semé le doute, d’autant que le recrutement par dérogation, historiquement pratiqué, n’a pas été appliqué cette fois-ci.
Le président du collectif rappelle que seules quatre vagues de recrutement par dérogation ont été organisées en plus de vingt ans, laissant sur le carreau des centaines de diplômés. Il déplore également le non-respect d’une promesse faite lors de la célébration différée de la Journée internationale des personnes handicapées en décembre 2024, au cours de laquelle l’engagement de jeunes diplômés vivant avec un handicap avait été annoncé pour le premier trimestre 2025.
Face à l’absence de réponses concrètes, malgré plusieurs démarches auprès de la FEGUIPAH et des demandes d’audience restées sans suite, le collectif a décidé de saisir l’opinion publique. Par la voix des médias, il interpelle directement le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, ainsi que le Premier ministre Amadou Oury Bah, afin que la question de l’emploi des handicapés diplômés devienne une priorité gouvernementale.

Tout en saluant la nomination de la nouvelle ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, Patricia Adeline Lamah, les membres du collectif expriment l’espoir que son mandat marque un tournant décisif. Leur revendication reste claire : un accès effectif à la fonction publique par dérogation, afin de leur permettre de contribuer pleinement au développement de la nation.
Pour ces diplômés sans emploi, le combat n’est pas une faveur demandée, mais l’application d’un droit reconnu par les lois de la République.
Par Mohamed Oularé
L’article Diplômés mais sans avenir : les personnes handicapées réclament leur place dans la fonction publique est apparu en premier sur Actuguinee.org.
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