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Le triomphe de l’orthodoxie républicaine
Il est essentiel de noter un point de droit fondamental pour la clarté du débat : la Constitution guinéenne ne contient aucune disposition explicite obligeant techniquement un gouvernement à démissionner après une élection si le président sortant est reconduit. Pourtant, ce geste s’est imposé comme une nécessité absolue. Pourquoi ? Parce qu’il relève de ce que l’on appelle l’orthodoxie républicaine.
En démocratie, l’élection présidentielle est le moment où le contrat social est renouvelé. Si un autre candidat avait remporté le scrutin, la question de la démission ne ferait même pas l’objet d’un débat ; elle aurait été automatique et immédiate pour permettre l’alternance. En choisissant donc de remettre son mandat en jeu malgré la victoire du Président Doumbouya, le gouvernement Bah Oury respecte une tradition de courtoisie institutionnelle : il libère le Chef de l’État de ses engagements passés pour lui offrir la pleine latitude de composer une équipe en phase avec les nouvelles priorités de son septennat.
L’analyse du communiqué : Une sortie stratégique
Dans la foulée, la Présidence de la République a publié un communiqué qui ne se limite pas à un simple constat de rupture. Il révèle également une stratégie de repositionnement global.
Le traitement des sortants : Le Président a autorisé les ministres démissionnaires à conserver, temporairement, leurs domiciles et véhicules de fonction. C’est un signal de stabilité visant à éviter tout sentiment de disgrâce et à assurer une passation de pouvoir sereine.
La nouvelle mission de Bah Oury : L’élément le plus captivant est sans doute la nouvelle feuille de route confiée à l’ancien Premier ministre. Le Chef de l’État l’a chargé de structurer et de faire grandir la mouvance politique « La Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) ». Cela signifie que Bah Oury ne quitte pas le navire, il change de poste de combat. Il passe de la gestion technique de l’État à la construction d’une machine politique capable de conquérir l’Assemblée nationale lors des prochaines législatives.
Le retour à l’ordre constitutionnel : Le communiqué insiste sur l’accélération du travail du Conseil National de la Transition (CNT) pour l’adoption des lois organiques restantes. Le Président a d’ailleurs annoncé qu’il fixerait la date des élections législatives dès le mois prochain, conformément à l’article 74 du Code électoral.
Un nouveau départ
En acceptant cette démission, le Général Mamadi Doumbouya acte la fin de la période d’exception. Le pays entre désormais dans une phase où la légitimité électorale doit se traduire par une efficacité gouvernementale accrue. Le défi pour le futur Premier ministre, qu’il soit politique ou technocrate, sera de transformer cette « Génération pour la Modernité » en réalités palpables pour le peuple guinéen.
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il y a 3 heures
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