Crise de liquidité en Guinée : « Si rien n’est fait, le système bancaire pourrait devenir incapable d’effectuer les paiements »(Mohamed Cissé)

il y a 2 heures 14
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http://Actuguinee.org/ Depuis plus d’un mois, de nombreux Guinéens font face à une pénurie de liquidités. Dans plusieurs banques et kiosques de transfert d’argent, notamment ceux de l’application Orange Money, les usagers peinent à retirer leurs fonds. Salaires virés sur les comptes, mais difficiles à récupérer : pour beaucoup, le cash est devenu une denrée rare.
Joint ce vendredi 13 mars, l’analyste économique Mohamed Cissé a livré son analyse de la situation et évoqué quelques pistes de solution pour sortir de cette crise.
Dans un premier temps, il explique que cette situation résulte d’une perte progressive de confiance entre les acteurs du système financier.
« La crise de liquidité est le résultat d’un ensemble de faits qui ont abouti à dégrader la confiance entre le système bancaire, le système monétaire de manière générale et les agents économiques. Aujourd’hui, ce qui est important, c’est d’aller faire des propositions qui puissent permettre d’éradiquer cette tendance qui ne fait que causer du tort aux agents économiques et aux familles qui peinent à avoir leurs salaires. »
Poursuivant son analyse, l’économiste estime que la situation actuelle ne peut plus être considérée comme un simple épisode passager.
« Le problème n’est pas passager, c’est critique, parce que cela fait des mois que nous sommes dedans. Les communications gouvernementales semblaient minimiser, mais on se rend compte que c’est loin d’être un phénomène passager ou le résultat d’une réforme qui pourrait apporter du réconfort plus tard. »
Il alerte également sur le déséquilibre entre les retraits et les dépôts dans le système bancaire.
« Le taux de décaissement est maintenant très élevé. La demande est encore plus vive sur le système bancaire et le peu de liquidité qui sort ne revient pas au-delà de 50 %. Quand on prend 100 000 francs, ce qui revient dans le système, c’est à peine 40 000. »
Selon lui, si des mesures concrètes ne sont pas rapidement prises, les conséquences pourraient être graves pour l’économie.
« Si des dispositions concrètes ne sont pas prises dans quelques semaines, on se retrouvera dans une situation où le système bancaire se dira incapable de faire certains paiements. L’argent sera dans la circulation, mais dans les mains des agents économiques, ce qui risque de compliquer toute la dynamique économique. »
Concernant les propositions de solutions souvent évoquées, notamment l’introduction de petites coupures, Mohamed Cissé estime que cette option ne constitue pas la réponse principale au problème.
« Les petites coupures répondent à un besoin particulier. Cela n’a rien à voir avec la préférence pour la liquidité des ménages et des autres agents économiques. Il faut aller vers la disponibilisation du cash. »
Il insiste également sur la nécessité de développer davantage les paiements électroniques afin de réduire la pression sur l’argent liquide.
« Si on ne peut pas le faire comme avant, il faut au moins fournir des efforts pour que l’utilisation des instruments de monnaie électronique soit parallèle, de telle sorte que la pression sur le cash diminue. Les gens pourraient s’habituer à ces systèmes de paiement. »
Par ailleurs, l’analyste appelle à une concertation nationale impliquant l’ensemble des acteurs économiques.
« Au-delà des questions de réforme, il faut urgemment discuter avec les parties prenantes : les institutions bancaires, les banques primaires et secondaires, les institutions de microfinance, le patronat et les différentes corporations. »
Il cite notamment certains secteurs où l’utilisation du cash reste essentielle.
« Les stations-service, les pharmacies ou encore les secteurs liés aux hydrocarbures utilisent énormément de liquidités. Ce sont des secteurs où la dépense ne peut pas attendre. »
Enfin, il estime que les autorités législatives pourraient également jouer un rôle dans la recherche de solutions.
« Si le Parlement ou le CNT engage ce processus, cela pourrait rassurer davantage. Ce sont les représentants du pays qui sont là, et cela peut faciliter la recherche de solutions. »
Dans la même logique, Mohamed Cissé recommande d’accélérer la mise en place de dispositifs de paiement électronique dans plusieurs secteurs de l’économie.
« Il faut accompagner les initiatives de paiement électronique, notamment dans les stations-service, les pharmacies, les marchés ou les boutiques. On peut avoir des numéros marchands partout où la liquidité est utilisée de façon dense. Tout cela va contribuer à diminuer la pression sur le cash. »
La crise de liquidité continue ainsi d’alimenter les inquiétudes au sein de la population et des acteurs économiques, alors que les appels à des solutions urgentes se multiplient.
Sirani Diabaté pour actuguinee.org
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