CRIEF/ouverture du procès du DG de Jean Paul II: Soriba Soumah balaie les faits mis à sa charge

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Soriba Soumah, directeur général du Centre national de formation sociale appliquée de Jean Paul II, est poursuivi pour détournement présumé de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, enrichissement illicite et complicité.

Son procès s’est ouvert ce lundi 4 mai devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Au fond du dossier, il lui est reproché d’avoir détourné, entre 2022 et 2026, divers fonds dont le montant exact n’a pas été précisé.

Interrogé par le juge, le prévenu a nié les faits. Il a expliqué avoir été nommé à la tête du Centre national de formation sociale appliquée de Jean Paul II le 21 janvier 2022, affirmant avoir trouvé le centre dans un état d’abandon total. Il indique avoir alors mis en place un contrat de rénovation qui a abouti à l’équipement de deux blocs opératoires, la climatisation de toutes les salles et la dotation des travailleurs de matériels entre autres.

Il a également déclaré avoir trouvé un contrat d’équipement établi en 2020, antérieur à sa nomination. Selon lui, il a relancé ce contrat avec l’ancienne ministre Nanette Conté après avoir rencontré le fournisseur. Le 4 novembre 2025, il a été suspendu par la ministre Charlotte Daffé pour manque de transparence dans l’exécution de l’un des deux marchés.

Il a ensuite été convoqué par l’ORDEF. Il a expliqué aux officiers de police judiciaire (OPJ) n’avoir retiré que 30 % des 12 milliards 400 millions de francs guinéens versés dans le compte du centre au trésor public afin de financer l’avance de démarrage au fournisseur d’équipements, soit un montant d’un peu plus 3 milliards de francs guinéens.

Il a rappelé que son service a reçu une subvention de six milliards de francs guinéens en 2025. Au titre de la première tranche, le centre n’a pu décaisser que 997 millions, et 1 milliard 500 millions au titre de la deuxième. Selon lui, ces fonds ont servi à payer les primes et les salaires du personnel pour le mois d’octobre, ainsi qu’à avancer ceux de novembre et décembre avant sa suspension.

Plus loin, le prévenu a affirmé que son comptable, du nom de Mohamed Sangaré, a falsifié sa signature en septembre 2025 avant de quitter le pays le 19 septembre pour le Canada, pour une formation, selon ses dires. À cette période, Soriba Soumah affirme être en campagne référendaire à Fria.

Il a également déclaré qu’entre les 11 et 15 septembre, ce comptable, actuellement en fuite, a effectué plusieurs retraits sur la base de contrats signés avec des fournisseurs d’équipements. Ayant constaté cette falsification, il affirme avoir saisi le Trésor public puis informé son département de tutelle, sans toutefois porter plainte contre Mohamed Sangaré.

Selon lui, le comptable a effectué huit importants décaissements pour un montant global de 1 milliard 213 millions de francs guinéens, en plus de plusieurs autres retraits de moindre importance entre les 11 et 15 septembre 2025. Il ajoute qu’en son absence, la personne assurant l’intérim ainsi que le service administratif et financier (SAF) ont également procédé à un décaissement de 76 millions 900 mille francs guinéens.

Revenant sur ses conditions de travail, il a indiqué percevoir une prime de 15 millions 500 mille francs guinéens et un salaire mensuel de 3 millions 500 mille. Il reconnaît être l’ordonnateur des dépenses et le coordinateur de toutes les activités du centre.

Répondant à d’autres questions, il a affirmé que le secteur médical du centre ainsi que la crèche généraient des recettes. Selon lui, le premier rapporterait en moyenne 500 millions de francs guinéens par an. Il dit ne pas se souvenir des recettes du second secteur. Ces fonds étaient utilisés à l’interne, notamment pour la prise en charge des personnes du troisième âge.

Interrogé sur ses biens, Soriba Soumah a déclaré posséder une voiture Mazda acquise à 33 millions de francs guinéens, ainsi qu’un terrain à Kenèndé, dans la préfecture de Dubréka, enregistré au nom de son épouse et acheté en 2023 pour un coût de 150 millions de francs guinéens.

Il dispose également de deux comptes bancaires : l’un à VistaGui, qui reçoit ses primes et dont le solde actuel est estimé à 7 millions de francs guinéens, et l’autre à la Société Générale, sur lequel sont versés ses deux derniers mois de salaire.

Concernant les différents contrats, Soriba Soumah a affirmé ne pas avoir participé aux passations de marchés, précisant qu’un certain Bérété en était chargé. En conclusion, le prévenu a déclaré qu’en dehors de ses fonctions à la tête du centre, il n’exerce aucune autre activité génératrice de revenus. Les débats se poursuivent.

Sékou Diatéya

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