CRIEF: l’ex-président de la Cour constitutionnelle justifie l’acquisition de ses maisons à Nongo, Dakar et wonkifong

il y a 2 heures 16
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L’ex-président de la Cour constitutionnelle de Guinée a de nouveau comparu, ce lundi 23 février 2026, devant la chambre de jugement de la CRIEF. Mohamed Lamine Bangoura a une fois encore rejeté les faits qui lui sont reprochés. Il a affirmé n’avoir géré aucun fonds.

Au cœur du dossier figure une affaire portant sur 20 milliards de francs guinéens. Interrogé par le juge sur ce montant, l’ancien président de la Cour constitutionnelle a expliqué que cette enveloppe avait été adoptée par l’Assemblée nationale pour le fonctionnement de l’institution.

Il a précisé que, sur ce montant, une somme de 11 milliards de francs guinéens était prélevée à la source pour payer le loyer annuel du bâtiment abritant l’institution. L’enseignant-chercheur a rappelé que la Cour constitutionnelle ne recevait qu’une subvention d’un milliard 200 millions de francs guinéens par trimestre, soit quatre versements par an.

Selon lui, ces fonds étaient exclusivement gérés par un comité de trésorerie institué par décret et chargé de les répartir selon les priorités de la Cour constitutionnelle. Ce comité était composé de quatre membres : le vice-président de la Cour, qui en assurait la présidence, deux conseillers et le directeur administratif et financier (DAF).

Toujours d’après Dr Mohamed Lamine Bangoura, en sa qualité de président, il s’était volontairement abstenu de siéger au sein de ce comité afin d’éviter de se retrouver aux côtés de deux de ses anciens étudiants qui en étaient membres.

Cette subvention servait notamment à payer les primes de session, les frais de transport, le logement, la santé et les consommables. Il a assuré que l’intégralité des fonds était répartie et qu’aucun reliquat ne restait en caisse.

Les débats ont également porté sur le loyer du siège de la Cour constitutionnelle. Dr Mohamed Lamine Bangoura a indiqué que celui-ci était passé de 8 à 11 milliards de francs guinéens à la suite de travaux de rénovation et d’ameublement du bâtiment, de la toiture au sous-sol.

S’il a reconnu avoir signé le contrat de bail, il a précisé que celui-ci avait été géré par le secrétaire général de la Cour, qu’il considère comme le technicien compétent en la matière.
Concernant les sources de revenus de la Cour, il a expliqué qu’en plus du budget de 20 milliards et de la subvention trimestrielle d’un milliard 200 millions de francs guinéens, le président de la République d’alors prenait en charge les frais de mission des conseillers et leur versait mensuellement un montant forfaitaire à titre personnel.

Au sujet des faits présumés d’enrichissement illicite, la question de deux bâtiments situés à Nongo a été soulevée. Il a affirmé les avoir acquis en 2009, avant sa nomination à la Cour, à son retour de France où il poursuivait un doctorat. Plus tard, alors qu’il était président de la Cour constitutionnelle, il aurait échangé l’un des deux bâtiments afin d’acquérir un domaine plus vaste et y construire un autre immeuble, toujours à Nongo.

Interrogé sur ses sources de revenus lui ayant permis de réaliser ces acquisitions, il a déclaré percevoir un salaire mensuel de 75 millions de francs guinéens à la Cour constitutionnelle, en plus de fonds d’accompagnement versés par le président de la République d’alors, ainsi que son salaire universitaire en tant que doyen de faculté, estimé à environ 9 millions de francs guinéens. Il a également indiqué avoir vendu un immeuble appartenant à son défunt père à Paris.

Il a reconnu être propriétaire d’un immeuble à Dakar, acquis pour un coût de 4 milliards de francs guinéens entre 2018 et 2019, alors qu’il était président de la Cour constitutionnelle. Deux milliards auraient été crédités chez Afriland First Bank, et le reste payé sur ses revenus personnels.

Il a par ailleurs précisé que sa villa de Wonkifong est construite sur une propriété familiale, affirmant être issu d’une famille de propriétaires terriens. Quant à l’immeuble de Dubréka, il appartiendrait à son épouse et à sa belle-mère.

Dans cette affaire, aux côtés de l’État guinéen, un jeune greffier s’est constitué partie civile pour détournement présumé de son salaire. Le prévenu a contesté ces accusations, soutenant que le plaignant ne disposait d’aucun acte de nomination en tant que greffier en chef et qu’il assurait simplement l’intérim après le décès d’André Camara.

À l’issue des questions du parquet, le juge a renvoyé l’affaire au 2 mars pour la suite des débats et la comparution des autres prévenus qui seraient en fuite.

Sékou Diatéya

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