Coups et blessures volontaires et abandon de famille : un officier des douanes poursuivi par son épouse, qui réclame 500 millions GNF

il y a 2 heures 19
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L’épilogue d’une brouille conjugale de près de trois ans est attendu le 28 janvier 2026. Le tribunal correctionnel de Dixinn rendra sa décision à cette date dans l’affaire opposant Abdoulaye Camara à son épouse, M’Mah Hawa Soumah. Cette dernière poursuit son mari pour coups et blessures volontaires et abandon de famille.

À ce titre, elle réclame la somme de 500 millions de francs guinéens en réparation du préjudice subi. Cette demande a été formulée par son avocat lors des plaidoiries.

Dans son intervention, l’avocat de la partie civile a rappelé que le prévenu est l’époux légal de la victime.

« Le prévenu ici présent est le mari de la victime. Étant époux légalement mariés, il y a eu une dispute entre les deux. Lors des débats, Monsieur Camara a expliqué les faits à sa façon. Il a fallu que la partie civile vienne pour qu’il soit recadré. On lui a fait lecture d’un passage de son audition : je pense que si je dis que je n’ai pas porté main sur M’Mah Hawa Soumah, j’aurais menti, mais les photos que je vois là, non. Monsieur le président, le Colonel ici présent a même voulu l’étrangler. Elle est restée assise et les coups venaient de tous les côtés. Aujourd’hui, Madame M’Mah Hawa Soumah a un problème à la tête qu’elle traite malheureusement à ses propres frais », a-t-il fait remarquer.

Abordant la seconde infraction reprochée au colonel des douanes Abdoulaye Camara, l’avocat a soutenu que sa cliente est également victime d’un abandon de famille.

« M. Abdoulaye Camara a cadenassé l’appartement où madame M’Mah Hawa Soumah vivait. Elle est mariée, elle n’est pas chez elle. C’est pour vous dire que la partie civile a subi et est en train de subir », a-t-il regretté avant de solliciter réparation. « Nous vous demandons de recevoir madame M’Mah Hawa Soumah dans sa constitution de partie civile et de lui accorder 500 millions de francs guinéens à titre de dommages et intérêts à titre de réparation du préjudice subi », a plaidé Me Mohamed Damantang Camara.

Ces plaidoiries ont été suivies des réquisitions du ministère public. À l’entame, le procureur Mamadou Yaya Fatoumata Boiro a rappelé que les conflits peuvent exister au sein d’un couple.

« Mais on n’est pas là pour parler de leurs disputes, mais pour gérer les conséquences des agissements de Abdoulaye Camara », a-t-il déclaré.

S’appuyant sur le rapport médico-légal versé au dossier, le magistrat a estimé qu’il y a bel et bien eu des coups et blessures volontaires commis par le colonel Abdoulaye Camara sur son épouse M’Mah Hawa Soumah. En conséquence, il a requis que le prévenu soit retenu dans les liens de la prévention pour cette infraction.

En revanche, concernant l’abandon de famille, le procureur a indiqué ne pas être convaincu des éléments constitutifs de cette infraction et a demandé la relaxe du prévenu sur ce point.

S’agissant de la demande de réparation du préjudice subi formulée par la partie civile, à hauteur de 500 millions de francs guinéens, le ministère public a requis que le tribunal fasse droit à cette demande.

La parole est ensuite revenue à la défense. L’avocat du prévenu a rejeté catégoriquement les faits de coups et blessures volontaires et d’abandon de famille mis à la charge de son client. Il a d’abord contesté la validité du rapport médico-légal, estimant que le document ne comporte ni cachet ni numéro d’identification.

« Mieux monsieur le président, ce rapport ne fait pas mention que c’est Abdoulaye Camara qui est l’auteur de ses coups et blessures », a-t-il soutenu avant de plaider la relaxe de son client pour cette infraction.

Concernant l’abandon de famille, l’avocat a fait valoir qu’il existe une séparation de corps entre Abdoulaye Camara et M’Mah Hawa Soumah, consécutive à une décision de justice. « Y a une ordonnance de non-conciliation rendue par la justice et qui a même ordonné à la dame d’aller récupérer ses effets », a-t-il affirmé, demandant ainsi la relaxe pure et simple de son client.

À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, le prévenu a été invité à s’exprimer pour son dernier mot. « De 2023 à 2025, on porte plainte. Trop c’est trop. Je me suis résigné à ne pas porter main sur cette femme. Je n’abandonne jamais ma famille. Je veux tout simplement vous dire tout ça c’est faux et archi faux », a déclaré Abdoulaye Camara.

Après avoir entendu l’ensemble des parties, le tribunal correctionnel de Dixinn, présidé par Mohamed Sangaré, a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 28 janvier 2026.

Affaire à suivre…
Lébêré Baldé

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