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La société minière canadienne Falcon Energy Materials (ex-SRG Mining), cotée à la Bourse de Toronto, a annoncé avoir déposé une requête d’arbitrage contre l’État guinéen. La compagnie réclame une compensation de 100 millions de dollars (environ 877,5 milliards de francs guinéens) pour ce qu’elle qualifie d’« expropriation illégale » de son projet de graphite situé à Lola.
Le CIRDI saisi du dossier
C’est devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), l’organe d’arbitrage de la Banque mondiale, que la bataille juridique va se jouer. Falcon Energy fonde son action sur le Traité bilatéral d’investissement (TBI) entre les Émirats arabes unis et la Guinée.
Cette procédure, reconnue pour sa longueur et son coût élevé, vise à obtenir réparation après l’échec des tentatives de règlement à l’amiable. Pour sa défense, la société a mobilisé les services du prestigieux cabinet d’avocats suisse LALIVE.
Le ministère des mines et de la Géologie, ne dit mot, malgré notre insistance autour de cette situation, ainsi que plusieurs autres plaintes dans le cadre des contentieux miniers.
Retour sur un divorce consommé
Le point de rupture remonte au 14 mai 2025. À cette date, un décret présidentiel a révoqué unilatéralement la licence d’exploitation du projet de graphite de Lola. Malgré les démarches entreprises par Falcon Energy auprès du ministère des Mines pour trouver un terrain d’entente, le dialogue est resté stérile.
« Il est apparu clairement que la Guinée ne verserait aucune indemnisation pour ses pertes », a déploré la compagnie dans son communiqué officiel, justifiant ainsi le recours à l’arbitrage international, après l’expiration des délais légaux de négociation.
Lola : Un projet stratégique au cœur du conflit
Situé à environ 1 000 km de Conakry, près des frontières ivoirienne et libérienne, le gisement de Lola représentait pour Falcon Energy le pilier de sa stratégie mondiale. L’entreprise y avait investi massivement, publiant en 2022 une étude de faisabilité estimant les dépenses d’investissement à 185 millions de dollars.
Le plan de la société était intégré : le concentré de graphite de haute qualité extrait à Lola devait alimenter une usine de transformation à grande échelle au Maroc (un investissement de 73 millions de dollars) pour produire du graphite sphéronisé, un composant essentiel aux batteries des véhicules électriques.
Le graphite, l’autre « or noir » de la transition
Le graphite n’est pas un minerai ordinaire. Classé « minéral critique » par l’Union européenne, il est indispensable à la fabrication des anodes des batteries lithium-ion. Alors que la Chine domine actuellement plus de 80 % de la production mondiale, le projet de Lola positionnait la Guinée comme un acteur potentiel de cette chaîne de valeur stratégique, pour la transition énergétique mondiale.
Une réputation à l’épreuve
Cette nouvelle plainte vient alourdir le passif judiciaire de la Guinée à l’international. Malgré une notation financière encourageante de Standard & Poor’s, c’est la troisième procédure engagée contre le pays devant le CIRDI, depuis l’avènement du CNRD en septembre 2021.
Entre l’affaire Axios devant les tribunaux de New York et les dossiers hérités des administrations précédentes, Conakry doit désormais manœuvrer avec prudence, pour rassurer les partenaires économiques et préserver l’attractivité de son secteur minier.
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