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Le dossier du conflit domanial sanglant survenu en juin 2022 à Madina-Oula, dans la préfecture de Kindia, continue de livrer ses rebondissements judiciaires.
En première instance, le TPI de Kindia, statuant en matière criminelle, avait condamné le président du district de Dar-es-Salam, Fodé M’oh Ciré Dramé, ainsi que plusieurs de ses coaccusés, à dix (10) ans de réclusion criminelle. Ils étaient poursuivis pour assassinat, séquestration et coups et blessures volontaires, à la suite des affrontements ayant opposé les districts de Sékhousorya et Dar-es-Salam autour du bas-fond de Fossikhouré, dans le secteur de Nègueya le 28 juin 2022. Un conflit qui a coûté la vie à un père de 12 enfants et un autre de 10 enfants.
Estimant cette décision infondée, les condamnés ont interjeté appel, ouvrant ainsi un nouveau chapitre judiciaire, devant la Cour d’appel de Conakry.
Ce jeudi 19 février 2026, la Cour a entendu plusieurs victimes des violences.
À la barre, Fodé Modou Camara, agriculteur de 42 ans résidant à Sékhousorya, a relaté les circonstances dans lesquelles il a été blessé par balle. Selon lui, les tirs ont éclaté, tôt le matin, aux environs de 7 ou 8 heures, après l’annonce que deux jeunes de sa communauté avaient été touchés.
« En allant vers le pont, j’ai reçu une balle. Je suis tombé pendant que mes compagnons fuyaient. J’ai reconnu parmi les assaillants Fodé Morssiré et Moussa Dramé », a-t-il affirmé, précisant avoir été évacué à l’hôpital régional de Kindia, où il a perdu connaissance plusieurs heures.
Un autre témoin a décrit une embuscade tendue, alors qu’il transportait des femmes au marché hebdomadaire. Il affirme avoir été capturé, ligoté et séquestré au domicile du président du district de Dar-es-Salam. Selon ses déclarations, ce dernier aurait distribué des fusils calibre12 à ses hommes, avant les affrontements.
« Il a dit allez les affronter, je prends la responsabilité de ce qui adviendra « .
Des accusations fermement contestées par les principaux mis en cause, qui continuent de nier toute implication dans les faits.
Dans une communication rendue publique après les événements du 28 juin 2022, le parquet avait confirmé la mort par balle de deux citoyens : Yaya Modou Camara, cultivateur âgé de 37 ans et père de 12 enfants, et Abass Camara, forgeron père de 10 enfants. Huit autres personnes avaient été blessées, dont six, par arme à feu.
Selon les précisions fournies, le conflit opposait les localités de Nègueya et Dar-es-Salam, chacune revendiquant la propriété du domaine cultivable, situé à Fossikhouré, dans la commune rurale de Madina-Oula.
Le litige foncier avait déjà été porté devant les juridictions civiles, notamment le Tribunal de Première Instance de Kindia et la Cour suprême de Guinée, où une procédure restait pendante, au moment des affrontements.
Face à la gravité des faits, une commission d’enquête composée de seize officiers de police judiciaire avait été mise en place. Vingt-six personnes avaient été interpellées, un fusil de chasse saisi et les corps des victimes déposés à la morgue pour autopsie.
Le parquet rappelant les dispositions de l’article 208 du Code pénal, a souligné que le meurtre commis avec préméditation ou guet-apens constitue un assassinat passible de la réclusion criminelle à perpétuité.
Alors que les débats se poursuivent devant la Cour d’appel de Conakry, les communautés et victimes de Madina-Oula fortement mobilisées à Conakry, restent suspendues à l’issue définitive de cette affaire qui a profondément marqué la région.
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