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Le procès de Brigitte Kolkol Lamah s’est ouvert ce vendredi 16 janvier 2026 devant le tribunal criminel de Kaloum, au cœur de la capitale Conakry.
Âgée d’une trentaine d’années, elle est poursuivie pour des faits de coups, blessures et violences volontaires exercés sans intention de donner la mort, mais ayant cependant occasionné le décès de la victime. Elle est accusée par la famille de son mari, Joseph Dioubaté, d’avoir donné un coup de pied à ses parties génitales lors d’une altercation, provoquant des saignements qui ont précédé son décès de quelques jours. Les faits se sont déroulés en 2024 à Kamsar.
La version de l’accusée
Lors de son interrogatoire, Brigitte Kolkol Lamah a déclaré : « Je ne l’ai pas tué. Tout est parti d’une dispute qui a commencé le matin et a duré jusqu’à la nuit. Pour éviter l’altercation, je suis sortie à 2 heures du matin et je suis revenue à 4 heures. À mon arrivée à la maison, il a commencé à me battre, et mon nouveau-né pleurait à côté. Pour me défendre, comme il était arrêté sur moi, je lui ai donné un coup de pied sur ses parties génitales. Il a commencé à saigner. On l’a envoyé à l’hôpital pour les premiers soins avant de l’évacuer à Conakry pour une opération. Sa maman et moi étions à son chevet. L’opération n’a pas réussi et il est décédé. Mon mari était hémophile. »
Conflit avec la belle-famille
L’accusée a également évoqué des tensions avec sa belle-famille : « Après le décès de mon père, ils m’ont dit que je ne pouvais pas gérer seule les biens de mon mari et que je devais les laisser faire. Ma belle-sœur avait été désignée comme gérante des biens de mon mari. Ils ont même dit que tous mes enfants n’étaient pas de leur frère. J’ai eu cinq enfants : quatre sont de mon mari, et mon premier enfant a été adopté par lui, il lui a même donné son nom de famille. Il disait partout que j’avais fait cinq enfants pour lui. Comme ma belle-famille a abandonné mes enfants, j’ai porté plainte, et ils ont porté plainte contre moi, prétendant que j’avais tué mon mari. J’ai rencontré mon mari en 2014 et nous nous sommes mariés en 2020. Ils m’ont empêchée d’assister aux funérailles de mon mari. »
Témoignages et accusations
Certains témoignages, selon le substitut du procureur Biwon Millimono, affirment que l’accusée portait des talons au moment où elle a frappé son mari aux parties génitales. Brigitte Kolkol Lamah a rejeté cette accusation :
« Moi, je ne porte jamais de talons. »
Concernant la gestion des biens de la victime, interrogée sur une éventuelle guerre de succession, elle a répondu : « La pharmacie était un bien familial. Il n’avait pas de voitures ni de parcelles. Oui, il avait des comptes. »
À la barre, la mère de la victime, Tossany Loua, a expliqué : « J’ai porté plainte contre Brigitte parce qu’elle avait porté plainte contre moi. Malgré tout, j’avais pardonné. Quand elle a porté plainte contre moi, je me suis dit qu’elle n’avait pas compris le sens de mon pardon, donc j’ai porté plainte à mon tour. Nous nous occupons bien des enfants, ce sont mes enfants. On ne l’a pas empêchée d’assister aux funérailles de son mari ; c’était pour la protéger car les gens étaient en colère contre elle. Moi, je pardonne. »
Sa sœur aînée, Marie Rose Bangoura, a ajouté : « Mon frère était un homme battu. Une fois, Brigitte l’a frappé dans la chambre de ma mère ; il a fallu l’intervention des jeunes de la maison. Mon frère était handicapé. Il aimait sa femme, c’est pourquoi la famille n’a pas refusé le mariage. Il gérait les biens familiaux, l’héritage de notre père, car il est le seul enfant vivant à Conakry. Je ne pardonne pas sa mort. »
La défense
Pour la défense, Me Murielle a insisté sur le fait que l’accusée était en position de faiblesse, qu’elle voulait uniquement se défendre et qu’elle n’avait pas l’intention de tuer, rappelant que la victime était hémophile :
« Notre cliente n’a jamais eu l’intention de donner la mort à son mari. »
Suite du procès
Après les différentes interventions, le tribunal a décidé de joindre au fond la demande de réqualification des faits en homicide volontaire, sollicitée par le parquet. L’affaire a été renvoyée au 6 février 2026 pour la suite des débats.
À noter que Brigitte Kolkol Lamah est nourrice et qu’elle est placée sous mandat de dépôt à la maison centrale de Conakry depuis octobre 2024.
L’article Conakry- Jugée pour la mort de son mari, Brigitte Lamah déclare : “pour me défendre, je lui ai donné un coup de pied sur ses parties génitales” est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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