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Devant les acteurs culturels réunis ce vendredi 10 avril 2026 en conférence de presse, le ministre de la Culture, Moussa Moïse Sylla, a dressé un constat sévère sur la gestion des œuvres musicales guinéennes, notamment celles issues du catalogue Silophone. Dans sa communication, il a surtout insisté sur la nécessité de corriger les injustices liées à leur exploitation et à leur reprise à l’international.
Ce patrimoine musical, qui comprend des titres majeurs interprétés par des orchestres emblématiques comme le Bembeya Jazz National, continue de circuler et d’être repris au-delà des frontières. Une reconnaissance artistique mondiale, mais qui, selon le ministre, n’a pas toujours été accompagnée d’une juste rémunération des créateurs.
Dans sa prise de parole, Moussa Moïse Sylla a dénoncé une situation qu’il juge profondément injuste pour les créateurs. « Vous ne pouvez pas utiliser l’œuvre qui est une création de l’esprit de quelqu’un qui est vivant. Vous l’exploitez, vous générez de l’argent avec ça et vous vous asseyez, vous consommez cela tout seul, vous et votre famille, au détriment de l’auteur. C’est une injustice grave », a-t-il dénoncé.
Le ministre a également insisté sur le fait que de nombreux artistes n’ont jamais perçu les revenus issus de l’exploitation de leurs œuvres, malgré leur diffusion internationale. « Les artistes qui ont créé ces chefs-d’œuvre n’ont jamais perçu le moindre franc des droits générés par cette exploitation internationale […] alors qu’ils étaient vivants pour certains, et pour d’autres, ils ont laissé des familles qui n’en ont jamais bénéficié », a-t-il souligné.
Face à cette situation, Moussa Moïse Sylla a annoncé une première mesure concrète concernant les montants récupérés. « Pour ce premier paiement, le montant global est de 108 000 euros. Au moins ces 108 000 euros vont pouvoir profiter à Keletigui et aux Bembeya, à ceux qui sont dans le catalogue, pour la plupart décédés, mais ils ont des enfants, ils ont de la famille.»
Le ministre a également précisé que le processus de réforme se poursuivra avec des actions à l’international. « Ce travail va continuer. J’ai demandé au BGDA de très prochainement effectuer une mission de travail en France, spécifiquement consacrée au dossier du catalogue Siliphone. »
Au-delà de ce geste, le ministre a appelé à une réforme du système de gestion des droits d’auteur afin de garantir une meilleure transparence et une rémunération équitable des créateurs. Il a rappelé l’importance du respect des droits dans la chaîne de diffusion des œuvres. « Une œuvre consommée, c’est un droit pour l’auteur d’être rémunéré. Payer, c’est leur permettre de créer encore. Et cesser de payer, ce n’est pas manifester une solidarité ponctuelle, c’est à terme les condamner à la précarité ou à la dépendance. »
L’article « C’est une injustice grave » : Moussa Moïse recadre les reprises musicales en Guinée est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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