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L’année 2025 s’achève sur une consolidation des équilibres macroéconomiques en Guinée, marquée par une croissance révisée à la hausse, une inflation globalement maîtrisée et un recours accru de l’État aux instruments de financement intérieur. Si les indicateurs agrégés traduisent une certaine résilience de l’économie nationale, ils mettent également en lumière une dépendance persistante aux dépenses publiques et au secteur minier, ainsi que des défis structurels toujours présents au niveau microéconomique.
Une croissance économique révisée à la hausse en fin d’année
Initialement projetée autour de 6 % en début d’exercice, la croissance du produit intérieur brut (PIB) a été révisée à 7,2 % dans la Loi de finances rectificative (LFR) 2025, traduisant une performance économique supérieure aux anticipations initiales.
Cette dynamique est principalement portée par la poursuite des investissements publics, notamment dans les infrastructures ; le secteur minier, avec la bauxite et l’or comme principaux contributeurs ; la montée en puissance progressive des projets structurants, en particulier Simandou, dont les retombées économiques sont attendues surtout à partir de 2026.
Selon le pool économique, la demande intérieure et l’investissement public ont joué un rôle déterminant dans cette performance, dans un contexte international pourtant marqué par le ralentissement de plusieurs économies émergentes.
Inflation contenue malgré les pressions
Sur le front des prix, l’inflation moyenne annuelle a été révisée à 5 % dans la LFR 2025, contre une prévision initiale plus élevée. La Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) a, pour sa part, observé une trajectoire globalement contenue de l’inflation au cours de l’année, avec des niveaux inférieurs au seuil communautaire de la CEDEAO.
Cette évolution est attribuée à une politique monétaire prudente ; une gestion encadrée de la liquidité bancaire ; une relative stabilité des prix des produits importés.
Toutefois, sur le terrain, la perception du coût de la vie reste un sujet sensible pour les ménages, notamment en milieu urbain, où les dépenses alimentaires et de transport continuent de peser sur le pouvoir d’achat.
Finances publiques : hausse des recettes et pression fiscale renforcée
L’année 2025 a également été marquée par une augmentation significative des recettes budgétaires, révisées à plus de 43 000 milliards de francs guinéens, soit une progression de plus de 22 % par rapport aux prévisions initiales.
Dans ce contexte, la pression fiscale a été portée à 15,6 % du PIB, contre environ 12 % initialement projetés. Une évolution que les autorités expliquent par l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures et le renforcement des mécanismes de collecte.
Emprunt obligataire de 1 500 milliards GNF : un tournant dans le financement intérieur
L’un des faits économiques majeurs de 2025 reste le lancement par l’État guinéen d’un emprunt obligataire de 1 500 milliards de francs guinéens, sur une maturité de cinq ans, avec un taux d’intérêt annuel de 11 %.
Cette émission, ouverte aux institutions financières, aux entreprises et aux particuliers, visait plusieurs objectifs : diversifier les sources de financement de l’État ; réduire la dépendance aux financements extérieurs ; développer le marché domestique des titres publics ; mobiliser l’épargne nationale au service de l’investissement public.
Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de recours aux bons et obligations du Trésor, devenus des instruments centraux du financement budgétaire en 2025.
Dette publique : niveau maîtrisé, mais vigilance requise
Selon les données disponibles, la dette publique guinéenne s’est située autour de 48 à 49 % du PIB en 2024, avant une projection d’environ 42 % du PIB en 2025, sous l’effet combiné de la croissance économique et d’une gestion prudente de l’endettement.
La structure de la dette révèle toutefois une montée en puissance de la dette intérieure, conséquence directe du recours accru aux titres publics. Si ce choix permet de limiter l’exposition au risque de change, il entraîne une hausse des charges d’intérêts et pose la question de la soutenabilité à moyen terme.
Les autorités assurent néanmoins que le niveau actuel de la dette reste soutenable, au regard des normes régionales et internationales.
Microéconomie : entre dynamisme sectoriel et fragilités persistantes
Au niveau microéconomique, l’année 2025 a été contrastée.
Certains secteurs ont affiché une activité soutenue, notamment la finance, portée par la digitalisation et le mobile money ; le commerce et les services ; les activités industrielles liées au secteur extractif.
En revanche, les petites et moyennes entreprises continuent de faire face à un accès limité au crédit bancaire ; des coûts de financement élevés ; des contraintes liées à l’énergie, à la fiscalité et au poids du secteur informel.
Croissance et inclusion : un écart toujours perceptible
Malgré les performances macroéconomiques, la croissance peine encore à se traduire par une amélioration significative des conditions de vie pour une large partie de la population. Le chômage des jeunes, la précarité de l’emploi et la pauvreté restent des enjeux majeurs. Cette situation alimente le débat sur la qualité et l’inclusivité de la croissance.
À l’orée de 2026, les perspectives économiques demeurent favorables, notamment avec la montée en régime attendue du projet Simandou ; la poursuite des réformes de mobilisation des recettes et la consolidation du marché des titres publics.
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