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La culture guinéenne a vibré vendredi soir au rythme de la Mamaya. À l’occasion de l’avant-première du documentaire Mamaya, danse éternelle de Kankan, artistes, autorités culturelles, acteurs du patrimoine et passionnés de traditions se sont réunis autour d’un même objectif : faire de cette danse mythique un patrimoine immatériel reconnu à l’échelle mondiale.
Porté par la société CBC Worldwide Communication et Production Company de Diaka Camara, le film se veut à la fois un travail de mémoire, un outil de transmission culturelle et une pièce maîtresse dans le processus d’inscription de la Mamaya au patrimoine immatériel de l’UNESCO.
Prenant la parole devant un public conquis, la productrice a expliqué les motivations profondes derrière cette œuvre documentaire.
« La Mamaya date de 86 ans. Il était important de valoriser et de vulgariser ce patrimoine historique et culturel qui raconte une très belle histoire de notre pays. On ne peut pas s’approprier quelque chose que l’on ne connaît pas », a déclaré Diaka Camara.
Pour elle, ce documentaire dépasse largement le cadre cinématographique. Il s’agit de permettre à la nouvelle génération de s’approprier une tradition ancestrale devenue, au fil des décennies, un puissant symbole d’unité nationale.
La productrice a également révélé l’ambition majeure du projet : utiliser le documentaire comme support dans la constitution du dossier de candidature de la Mamaya auprès de l’UNESCO.
« C’est une tradition magnifique, riche, qui valorise la culture guinéenne et rassemble toute la Guinée », a-t-elle insisté.
Dans la salle, les témoignages de soutien se sont multipliés. Le Directeur Général du Fonds de Développement des Arts et de la Culture, Malick Kebe, a salué l’engagement de la réalisatrice.
« Madame Diaka Camara ne se fatigue jamais à mettre de la lumière sur notre cher pays qu’est la Guinée », a-t-il affirmé devant les doyens de Nabaya, partenaires culturels et représentants d’institutions nationales et internationales.
Même tonalité chez Sansy Kaba, qui a rappelé l’importance de préserver la mémoire collective à travers la création artistique.
« La Mamaya, bien plus qu’une danse, est une tradition vivante qui incarne l’histoire et l’âme de Kankan, et plus largement celle de la Guinée. Il était essentiel de la documenter et de la transmettre aux générations futures », a-t-il souligné.
Mais le moment fort de la soirée restera l’intervention du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, arrivé après une réunion politique liée au lancement de la campagne électorale.
Très applaudi, le ministre a reconnu le rôle déclencheur joué par l’initiative de Diaka Camara dans la dynamique engagée par l’État guinéen.
« Quand elle m’a parlé de son ambition de faire un film sur la Mamaya, je me suis dit que la Mamaya va au-delà de Kankan, au-delà des Sèdès qui l’organisent et même au-delà de la Guinée », a-t-il déclaré.
Le ministre a surtout annoncé des avancées concrètes dans le processus d’inscription du patrimoine à l’UNESCO. Selon lui, la Guinée a récemment procédé à une réactualisation de sa liste nationale indicative des biens culturels, une première depuis près de vingt ans. Et dans cette liste, la Mamaya figure désormais « en bonne place ».
« Le processus est engagé », a assuré Moussa Moïse Sylla, évoquant la tenue prochaine d’ateliers avec des experts pour codifier et sauvegarder les éléments authentiques de la danse.
Moussa Moïse Sylla a lancé un appel appuyé aux organisateurs afin de préserver l’essence originelle de la Mamaya face à sa popularité grandissante.
« Ouvrez-vous au monde mais gardez l’authenticité de la Mamaya. Sa valeur réside dans ce savoir-faire ancestral transmis de génération en génération », a-t-il insisté.
Au-delà de l’aspect patrimonial, le ministre Sylla a présenté la Mamaya comme un puissant outil de cohésion nationale.
« Dans la Mamaya, les gens ne voient ni politique, ni communauté, ni ethnie. Ils voient la Guinée qui se célèbre et qui se retrouve », a-t-il affirmé, estimant que « la culture est le meilleur moyen de cultiver la paix et de prévenir les conflits ».
Le ministre a également détaillé la stratégie culturelle du gouvernement visant à structurer de grandes destinations patrimoniales dans chacune des régions naturelles du pays : la Mamaya en Haute-Guinée, le Kania Soly en Basse-Guinée, le Donkin Fouta en Moyenne-Guinée et un futur Festival des masques en Guinée forestière.
À travers cette politique, les autorités entendent faire de la diversité culturelle guinéenne un levier d’unité nationale et de rayonnement international.
La soirée s’est achevée dans une ambiance marquée par l’émotion et la fierté, avec la conviction largement partagée que la Mamaya n’est plus seulement une tradition locale, mais un héritage culturel appelé à franchir les frontières.
Et pour beaucoup, le documentaire Mamaya, danse éternelle de Kankan marque déjà une étape décisive dans cette marche vers la reconnaissance mondiale.
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il y a 2 heures
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