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Véritable expression raffinée et emblématique de l’identité guinéenne, la Mamaya, s’est imposée comme un pilier du patrimoine national. Elle se distingue par une gestuelle lente, gracieuse et synchronisée, témoignant de retenue, de dignité et de distinction. Forte de sa richesse culturelle, la Guinée s’engage désormais à inscrire cette tradition au patrimoine immatériel mondial.

Dans la soirée du 1er mai, la salle de spectacle du Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) a résonné au rythme de la Mamaya lors de l’avant-première du documentaire »Mamaya, danse éternelle de Kankan ». Natifs de Kankan, artistes, promoteurs, autorités culturelles et passionnés se sont réunis autour d’un objectif commun : porter cette danse mythique jusqu’à l’UNESCO.
A l’actif de la société CBC Worldwide Communication and Production Company de Diaka Camara, ce film se veut à la fois un travail de mémoire, un outil de transmission et une pièce maîtresse du dossier de candidature internationale.

Devant ses invités, Diaka Camara a exposé ses motivations : « La Mamaya a 86 ans. Il était crucial de valoriser ce patrimoine qui raconte une part essentielle de notre histoire. On ne peut s’approprier ce que l’on ne connaît pas », a-t-elle déclaré. Pour la productrice, ce film dépasse le cadre cinématographique, il permet aux nouvelles générations de s’approprier une tradition devenue un puissant symbole d’unité nationale.
Ce projet a été chaleureusement accueilli par les acteurs du secteur. Malick Kébé, Directeur Général du Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC), a salué l’engagement de la réalisatrice : « Mme Diaka Camara ne se fatigue jamais de mettre en lumière notre cher pays », a-t-il témoigné. Un sentiment partagé par Sansy Kaba, qui a rappelé que la Mamaya est une tradition vivante incarnant l’âme de Kankan.
L’engagement ferme de l’État
Cette soirée a été marquée par la prise de parole du ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla. Salué pour le travail qu’il abat en faveur du rayonnement du patrimoine national, il a souligné le rôle de catalyseur de cette initiative privée dans la dynamique étatique.
À travers cette projection, le ministre a assuré que l’État a l’obligation de tout mettre en œuvre pour que ce patrimoine culturel immatériel soit reconnu mondialement. Pour lui, le meilleur levier reste l’inscription de la Mamaya à l’UNESCO.

Le ministre a ainsi annoncé des avancées concrètes, notamment la réactualisation récente de la liste nationale indicative des biens culturels du pays, une première en vingt ans, où la Mamaya figure désormais en bonne place. « Le processus est engagé, il est en cours », a-t-il assuré, évoquant la tenue prochaine d’ateliers d’experts pour codifier et sauvegarder l’authenticité de la danse.
La culture comme vecteur de paix et d’unité
Au-delà de l’aspect patrimonial, le ministre a présenté la Mamaya comme un outil de paix et de cohésion sociale : « Dans la Mamaya, les gens ne voient pas de politique, ils ne voient pas de communauté, ils ne voient pas d’ethnie. Ils voient la Guinée qui se célèbre, la Guinée qui se retrouve. C’est pourquoi la culture est le meilleur moyen de cultiver la paix et de prévenir les conflits », a-t-il signalé.
Dans sa communication, Moussa Moïse Sylla a également détaillé la stratégie gouvernementale visant à structurer des pôles culturels régionaux : « Aujourd’hui, vous avez la destination Haute-Guinée qui rassemble toute la nation avec la Mamaya. Vous avez le Kanya Soly à Kindia pour la Basse-Côte, et le Donkin Fouta en Moyenne-Guinée, que nous accompagnons et structurons. Enfin, il y aura en fin d’année un projet en Guinée Forestière appelé le Festival des Masques, pour sauvegarder ces éléments en voie de disparition. Chaque région possède une identité propre, et c’est la mise en commun de ces identités qui nous permettra de bâtir une nation dans une véritable communion », a-t-il annoncé.
Le ministre a enfin salué l’internationalisation de la Mamaya. Cette année, la ville d’Odienné, en Côte d’Ivoire, a été choisie comme invitée d’honneur de la 86ème édition.
« Je salue ces initiatives d’ouverture. Après avoir fait le tour des régions naturelles, il faut s’ouvrir au monde. La Mamaya est devenue un sujet de discussion global ; cela permettra d’exporter ce patrimoine très loin », s’est-il réjoui.

Véritable bibliothèque orale, la Mamaya transmet des valeurs de courage et de respect. Devenue un outil de diplomatie culturelle, elle attire touristes et membres de la diaspora, positionnant la Guinée comme un carrefour culturel majeur en Afrique de l’Ouest.
A noter que ce documentaire marque une étape décisive vers la reconnaissance mondiale de cet héritage culturel vivant.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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