Affaire Bienvenu Lamah : la défense dénonce un acharnement et insiste sur la comparution du Général Sékouba Konaté

il y a 3 heures 26
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Écroué à la Maison centrale de Conakry depuis novembre 2022, le colonel Bienvenu Lamah comparaît devant le tribunal criminel pour son implication présumée dans le massacre du 28 septembre 2009.

Alors que le deuxième volet de ce procès historique s’est ouvert le 18 décembre 2025, ses conseils multiplient les victoires procédurales et clament l’innocence d’un homme qu’ils présentent comme un formateur d’élite injustement ciblé.

Me Zézé Kalivogui et son équipe peuvent déjà se targuer de trois succès majeurs depuis le début des audiences. Forts de leurs arguments juridiques, ils ont obtenu :

La suspension de la jonction de procédure avec ses codétenus (Georges Olemou, Thomas Touaro et Jean-Louis Kpoghomou), permettant ainsi un examen individualisé de son cas ; Le sursis à la confrontation avec un citoyen s’étant constitué à la fois comme témoin et partie civile, une double casquette jugée contraire aux principes du droit ; Enfin, le rejet de la requalification des faits en crimes contre l’humanité, initialement sollicitée par le ministère public et la partie civile. Le colonel reste donc poursuivi pour les chefs initiaux de complicité d’assassinat, meurtre, torture, viol entre autres.

Interrogé à l’issue des débats, Me Zézé Kalivogui a fustigé une volonté manifeste d’ enfoncer son client. Selon lui, le colonel Lamah n’était qu’un instructeur à l’école nationale de la gendarmerie au moment des faits.

« Il vaut mieux dire qu’on veut l’impliquer plutôt que de parler d’implication réelle. Le colonel Bienvenu est un formateur. Au moment des faits, il était à Kaléah. Les recrues sont arrivées à partir du 31 juillet 2009 dans un centre de la gendarmerie, et non un site de fantassins. Vouloir l’impliquer en supposant que les auteurs venaient de Kaléah est une pure diversion, le fruit de la haine », soutient l’avocat.

La défense conteste également la crédibilité des témoins à charge, notamment le Commandant Toumba Diakité et l’adjudant-chef Mamadi Soumaoro, qualifiant ce dernier de témoin fabriqué dont les déclarations portent sur des faits ultérieurs au massacre du 28 septembre 2009.

Tout au long de sa déposition, le colonel Bienvenu Lamah a clamé son innocence, exigeant une confrontation avec le général Sékouba Konaté, ministre de la Défense à l’époque. Cette démarche est jugée objective par ses conseils.

« Le recrutement est du domaine exclusif du ministre de la Défense. Si l’on estime que des recrues se sont rendues au stade, c’est au général Sékouba de venir expliquer comment cela a été géré. Certaines recrues seraient même venues de Sana, son propre village. On ne peut pas faire porter le chapeau à un simple instructeur alors que les chefs de l’époque sont absents », a martelé Me Zézé Kalivogui.

Au-delà des enjeux juridiques, la défense s’insurge contre le traitement social réservé au colonel Bienvenu Lamah, médaillé de la gendarmerie guinéenne et de la coopération française. Me Zézé Kalivogui appelle la population à ne pas céder aux raccourcis identitaires.

« Ce n’est pas parce que le capitaine Moussa Dadis Camara est originaire de la même région que le colonel Lamah qu’il faut de facto le mêler à cette situation. Les Guinéens doivent dépasser ces considérations ethniques ou religieuses pour analyser les faits froidement », a-t-il lancé.

Déterminée, la défense assure qu’elle usera de tous les recours légaux pour obtenir l’acquittement pur et simple du colonel Bienvenu Lamah, convaincue que l’honneur de l’officier sera lavé et blanchi au terme de la procédure.

Alhassane Fofana

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