Adieu Sankara l’artiste, à Dieu Maco le guerrier (Par Top Sylla)

il y a 2 heures 9
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Il nous alertait dans un post récent sur sa page Facebook, non sans un brin d’humour. Après quelques problèmes respiratoires, il avait cru entrevoir l’ombre de la grande faucheuse. Jusqu’à la nuit du mardi, elle n’était pas là puisque lui était encore présent parmi les siens, parmi nous. Maintenant que l’ange de la mort est arrivé, notre frère et confrère est parti. Arraché à notre affection et à celle de la famille biologique et professionnelle à la suite d’une maladie coriace, et au terme de ce combat contre la mort que nous perdrons tous un jour ou l’autre sans exception. Un post qui apparaît aujourd’hui comme prémonitoire.

L’on ne pense pas que le regretté Abdoulaye Sankara, Abou Maco pour les amis, était forcément quelqu’un qui partageait l’idée d’Epicure sur la fin de vie : « Quand nous existons, la mort n’est pas là ; et quand la mort est là, c’est nous qui n’existons pas. » Mais son rappel à Dieu reste pour la corporation, ses parents et amis une grosse perte, tant son absence physique va manquer à plus d’un à cause de qualités humaines et professionnelles indéniables.

Des qualités forgées au fil des années à travers plusieurs vies, faites d’épreuves, d’expériences douloureuses ou heureuses. De l’époque bouillonnante de la révolution au Pays des hommes intègres, en passant par l’assassinat de l’iconique Thomas Sankara, la purge menée contre les « jeunes sankaristes » et le chemin de l’exil jusqu’à la Guinée de Sékou Touré où la révolution n’était plus déjà qu’un lointain souvenir.

De la rédaction de L’Indépendant Plus où il fit ses premières armes en Guinée, jusqu’au bureau de presse de la présidence de la République, après avoir fait ses preuves dans des médias comme L’Indépendant, La Nouvelle Tribune, Le Diplomate, L’Observateur et La Vérité entre autres, il a laissé une empreinte indélébile sous le sceau de l’excellence.

Tous ceux qui l’ont connu vous le diront : lorsqu’on est en face de lui, « sérieux » est la première impression qui saute aux yeux, spontanément. Mais il faut dire que l’homme était difficile à catégoriser. Faut-il évoquer son exigence professionnelle, son énorme capacité de travail, son esprit d’équipe, ou le respect absolu qu’il portait à chacun et cette humilité qui frisait la timidité et dont il se départait dès que l’on essayait de lui marcher sur les pieds ? Doit-on parler de ce qu’il a accompli, de sa générosité, de son audace insouciante ? Ou encore de ses rares coups de gueule, de ses sourcils fronceurs, et de cette farouche détermination dans ses combats ?

Récemment encore sur sa page Facebook, il passait son temps à décortiquer l’actualité notamment nationale, à en extraire ce que personne ne voyait, à ressortir des angles inexplorés, à proposer des voies où nul n’avait songé à s’engager.
Du temps où tous deux exercions le métier de journaliste au groupe de presse L’Indépendant, nous avions un même dada, les films fantastiques et flippants et échangions souvent les œuvres d’auteurs tels Stephen King (Carrie), John Carpenter (Halloween) et autres Tobe Hooper (Poltergeist).

C’est le clap de fin, il a tiré sa révérence sous nos applaudissements et quitté cette immense scène de théâtre qu’est la vie. Mais dans la mémoire et le cœur de ceux qui l’ont connu, les projecteurs resteront allumés.
Il est allé rejoindre nos illustres devanciers sur cette liste où figurent tous les vivants en attente, une perspective qui lui aurait sans doute fait penser au chef-d’œuvre du réalisateur James Wong : Destination finale.
À tous les proches et amis de Maco, comme dirait l’Ivoirien, nous adressons un « Yako » du fond du cœur !
Top Sylla

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