Accord migratoire : l’ambassadrice Irène Biontino lève les doutes sur les expulsions

il y a 2 heures 10
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La prorogation de l’accord migratoire entre la Guinée et l’Allemagne continue d’alimenter les discussions, tant dans l’opinion que dans certains cercles politiques. À Conakry, les interrogations portent notamment sur la portée juridique du texte et sur ses conséquences concrètes en matière de rapatriement. Face à ces préoccupations, l’ambassadrice de la République fédérale d’Allemagne en Guinée, Irène Biontino, a apporté des précisions dans un entretien accordé à Mediaguinee.

Au centre des échanges figure le mécanisme de reconduction automatique de l’accord, intervenu en l’absence de dénonciation formelle par l’une des parties. La diplomate rappelle le cadre prévu par le texte : « C’est vrai que tous les cinq ans, il y a un moment donné où l’accord se prolonge si aucune partie ne choisit de le suspendre. Donc, à un moment donné, la Guinée n’a pas choisi de suspendre. Maintenant, nous sommes dans la prochaine phase. Mais il y a toujours la question légale et la question politique. Si la partie guinéenne souhaite éclaircir un point ou discuter de certaines situations, notamment des cas de rapatriement qui poseraient problème, nous attendons les dossiers concrets. S’il existe effectivement des cas problématiques, il faut s’en occuper. »

À l’en croire, la reconduction ne fermerait donc pas la porte à d’éventuelles discussions. Elle distinguerait, en filigrane, le cadre juridique — qui s’applique tant qu’il n’est pas dénoncé — et la dimension politique, susceptible d’évoluer au gré des échanges bilatéraux.

Abordant la question sensible des retours forcés ou volontaires, Mme Biontino insiste sur la complexité des situations individuelles. « Je comprends que certaines personnes affirment être bien intégrées sur le marché du travail, mais parfois il s’agit d’activités non légales. D’autres évoquent la présence de leur famille alors qu’elles en sont séparées depuis longtemps. Il y a donc souvent deux versions de l’histoire. Il est important de ne pas laisser de questions en suspens entre la Guinée et nous. Notre coopération repose sur le droit international et sur un document partagé entre les États membres de l’Union européenne et la Guinée. À ce stade, je ne vois pas de véritable problème », a-t-elle affirmé.

Ces propos suggèrent que Berlin entend examiner les cas signalés, à condition qu’ils soient documentés par la partie guinéenne. L’ambassadrice dit d’ailleurs souhaiter un contact direct avec le chef de la diplomatie guinéenne afin d’apaiser les incompréhensions. « Je vais chercher à prendre contact avec le ministre des Affaires étrangères [Dr Morissanda Kouyaté] afin de voir comment trouver la meilleure solution pour tout le monde. Il ne faut pas s’inquiéter. Vous savez, quand vous avez une maison et que quelqu’un vient vous rendre visite, vous lui ouvrez la porte. La personne est la bienvenue. Mais si des enfants d’une autre mère jouent chez vous le soir, normalement ils rentrent chez leur mère. Si un enfant ne se comporte pas bien, il faut qu’il retourne chez sa mère. C’est difficile, mais les mères doivent leur parler afin de trouver une solution », a-t-elle rassuré.

À travers cette métaphore, la diplomate semble vouloir rappeler que la coopération migratoire repose, selon elle, sur des règles partagées et sur une responsabilité mutuelle des États. Reste à voir si les échanges annoncés avec le ministère guinéen des Affaires étrangères permettront de lever les zones d’ombre soulevées ces derniers jours.
En arrière-plan, Berlin réaffirme ainsi sa disponibilité au dialogue avec Conakry, tout en soulignant que le cadre juridique actuel demeure en vigueur tant qu’aucune démarche formelle ne vient le remettre en cause.

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