Voyage mémoriel au cœur de Farenghia : les cicatrices et les secrets de Niara Bely

il y a 1 heur 10
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​Dans la continuité des activités du Festival Rio Pongo, les organisateurs ont entrepris une immersion profonde à Farenghia, un lieu où l’histoire, la mémoire et le mystère se rencontrent. Plus qu’une étape touristique ; c’est une confrontation solennelle avec le rôle qu’a joué cette localité, point névralgique du fleuve Rio Pongo, dans la traite négrière transatlantique.
Selon les enseignements reçus sur place, ​Farenghia fut le fief de la puissante courtière Niara Bely, dont la figure, mélange de légende et de réalité historique, plane encore sur les lieux. La visite a permis d’explorer les sites qui témoignent à la fois de son pouvoir et de la souffrance qu’il a engendrée.
​Les traces de l’horreur et du pouvoir
​L’un des lieux les plus poignants est la pierre à trois pattes. Impressionnante et symbolique, elle est présentée comme ayant servi de « navire » pour transporter les esclaves vers l’embouchure du fleuve, marquant la dernière étape avant l’océan pour un aller sans retour. Plus tard, après l’abolition, il nous a été rapporté qu’elle continua d’être utilisée pour le transport des populations environnantes, scellant ainsi son rôle de lien entre les époques jusqu’à son immobilisation totale suite à un interdit.
​L’exploration s’est poursuivie avec le recueillement devant les tombes des descendants de Louis Lightburn et de Niara Bely. Lightburn, l’un des premiers négriers de la région, partenaire commercial et époux de l’esclavagiste Niara Bely, ancre l’histoire de Farenghia dans le commerce global de l’époque. Des sépultures qui se dressent comme des marqueurs physiques de familles qui ont prospéré au milieu de l’exploitation humaine.
Les mystères et les savoirs de l’arrière-pays à Farenghia 
Au-delà de la cruauté du commerce des esclaves, la visite a révélé d’autres aspects de la vie et de la puissance de Niara Bely. Nous nous sommes rendus au bosquet où, selon la tradition, elle faisait fabriquer le fameux savon noir. Ce lieu souligne son rôle non seulement dans la traite, mais aussi dans les savoir-faire locaux et l’économie du quotidien.
​Le moment le plus mystérieux fut la découverte du rocher présenté comme la tablette de Niara Bely. Ce rocher est réputé être l’instrument sur lequel elle pouvait prédire l’avenir, ajoutant une dimension de sorcellerie et de pouvoir divinatoire à sa figure historique déjà complexe. Ces éléments montrent comment l’histoire de la traite est inextricablement mêlée aux mythes et aux croyances locales.
Un espace de transmission et de résilience
​Cette visite se veut un hommage à la mémoire des victimes de la traite et un puissant rappel que la promotion du riche patrimoine de Boffa doit inclure, sans concession, la reconnaissance et l’enseignement des blessures profondes qui ont façonné cette région. Farenghia n’est pas un lieu que l’on oublie, c’est un lieu qui instruit.
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