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Courant août 2019, M.S., vendeuse ambulante, rentre chez elle, épuisée après une journée de petit commerce. Elle se couche dans l’espoir de se réveiller tôt, mais le sommeil l’emporte. Ce n’est qu’à 1 heure du matin, réveillée par la faim et sous une pluie battante, qu’elle décide de sortir pour chercher de quoi manger.
Sur le chemin du retour, elle croise I. D. Selon son récit, ce dernier la menace avec une arme, lui arrache son téléphone, puis l’oblige à se déshabiller avant d’abuser d’elle.
Plus de six ans après les faits, I.D. a comparu ce mardi 31 mars 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn pour répondre des accusations portées contre lui.
À l’entame de sa déposition, l’accusé a nié les faits de viol : « Je reconnais l’avoir volée, mais jamais couché avec elle. »
Interrogé par le juge Mohamed Sangaré sur les appels passés à la famille de la victime après les faits, il a tenté de se justifier : « Ce n’est pas moi qui ai appelé. Au contraire, c’est sa famille qui m’a contacté. J’ai répondu que le propriétaire du téléphone n’était pas là. Après insistance, j’ai dit qu’il était malade dans le but d’extorquer de l’argent. Son frère m’a alors demandé d’aller faire le retrait chez un boutiquier. Entre-temps, il lui a demandé de me retenir jusqu’à leur arrivée. C’est ainsi que j’ai été arrêté. »
Concernant les accusations de viol, l’accusé est resté catégorique dans un premier temps : « Je reconnais l’avoir volée, mais pas l’avoir abusée sexuellement. »
Relancé par le magistrat sur les raisons de l’accusation portée contre lui, I.D. a évoqué un différend antérieur : « Il y avait un problème entre ses frères et moi. Ce sont eux qui lui ont demandé de dire cela. Mais je vous assure qu’il n’y a pas eu de contact entre elle et moi. »
Le juge Mohamed Sangaré est alors revenu à la charge en s’appuyant sur le rapport médico-légal, qui fait état d’un viol récent au moment des faits. Mis face à ces éléments, l’accusé a fini par reconnaître partiellement :
« Ce qui s’est passé est vrai. On a couché ensemble, mais on n’a pas fait 30 minutes. »
À la question de savoir s’il était armé, il a d’abord nié avant de revenir sur ses déclarations lors de la confrontation avec la victime : « Ce que je reconnais ici, c’est que j’avais un couteau. C’est avec ce couteau que je l’ai effrayée avant d’abuser d’elle. Mais dire que je l’ai fait marcher de Hamdallaye CBG à Taouyah sans rencontrer des gens, cela n’est pas vrai. »
Appelée à la barre, la victime, âgée de 27 ans au moment des faits, a livré un témoignage accablant : « Je suis vendeuse ambulante. Après le commerce, je suis rentrée à la maison. Je suis sortie à 1 heure du matin pour chercher à manger. J’ai croisé Ismaël. Il m’a dépassée, puis est revenu derrière moi pour me pointer une arme. Il m’a dit : “Si tu cries, je te tue.” Ensuite, il m’a conduite dans un couloir, m’a demandé de me déshabiller et a abusé de moi. Cela a duré de 1 heure à 4 heures du matin. »
À l’issue des débats et après les aveux de l’accusé, le président du tribunal a ordonné l’ouverture des plaidoiries et des réquisitions.
Constituée pour la circonstance, l’avocate de la victime a sollicité 5 millions de francs guinéens au titre de dommages et intérêts, ainsi que le remboursement du téléphone de sa cliente, estimé à 2 millions de francs guinéens.
De son côté, le procureur a requis 20 ans de réclusion criminelle contre l’accusé.
La défense, quant à elle, a dénoncé la détention de son client pendant sept ans sans jugement, plaidant pour l’octroi de circonstances atténuantes.
L’affaire a été mise en délibéré. Le verdict est attendu le 2 avril prochain.
Lébêré Baldé
L’article Un accusé se défend d’un viol et dit : « on a couché ensemble, mais on n’a pas fait 30 minutes » est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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