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La course au poste de secrétaire général des Nations Unies est entrée dans une phase décisive, avec l’officialisation de plusieurs candidatures appelées à façonner l’avenir de l’organisation à partir du 1er janvier 2027. Derrière les déclarations diplomatiques et les équilibres géopolitiques se dessine une compétition où s’entremêlent ambitions personnelles, stratégies continentales et aspirations historiques, notamment celle de voir, pour la première fois, une femme diriger l’institution multilatérale.
La dernière candidature en date est celle de Macky Sall. L’ancien président du Sénégal, qui a dirigé son pays de 2012 à 2024, a été officiellement désigné par le Burundi. L’annonce a été rendue publique par la porte-parole de l’Assemblée générale, confirmant que son nom s’ajoutait à la liste des prétendants engagés dans le processus de sélection.
Le choix du Burundi s’inscrit dans une logique continentale affirmée. Le pays assure actuellement la présidence de l’Union africaine, et Macky Sall lui-même a occupé cette fonction entre février 2022 et février 2023. Durant cette période, il s’était attaché à défendre une représentation accrue de l’Afrique dans les grandes instances internationales, plaidant pour une gouvernance mondiale plus inclusive et plus attentive aux priorités du continent.
La candidature de l’ancien président sénégalais repose ainsi sur une double légitimité : celle d’un chef d’État ayant exercé pendant douze ans, et celle d’un acteur continental engagé dans les débats globaux. Son expérience au sommet de l’État et sa familiarité avec les grandes négociations internationales constituent les principaux atouts mis en avant par ses soutiens.
Face à Macky Sall, d’autres profils se distinguent, chacun incarnant une vision différente du leadership onusien. L’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet figure parmi les candidates officiellement désignées. Forte d’une longue expérience politique et internationale, elle s’est imposée au fil des années comme une personnalité respectée sur la scène multilatérale. Son parcours à la tête du Chili et ses fonctions internationales lui confèrent une stature qui dépasse le cadre régional.
Sa candidature prend une dimension particulière dans le contexte actuel. De nombreux États membres plaident ouvertement pour que l’ONU soit dirigée, pour la première fois depuis sa création, par une femme. L’argument s’inscrit dans une réflexion plus large sur la représentativité, l’égalité et la modernisation de la gouvernance internationale. Michelle Bachelet apparaît ainsi, aux yeux de certains diplomates, comme la figure capable de conjuguer expérience exécutive et portée historique.
Autre prétendant officiel, le diplomate argentin Rafael Grossi apporte un profil sensiblement différent. Actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, il s’est illustré dans la gestion de dossiers sensibles liés à la prolifération nucléaire et à la sécurité internationale. Son expérience technique et diplomatique dans un environnement marqué par des tensions géopolitiques aiguës pourrait séduire les membres du Conseil de sécurité à la recherche d’un profil pragmatique, rompu aux négociations complexes.
Rafael Grossi incarne une approche centrée sur la maîtrise des crises et la diplomatie de terrain. Dans un monde traversé par des conflits persistants, des rivalités stratégiques et des défis énergétiques majeurs, ce type de profil peut apparaître rassurant pour certaines puissances influentes.
Une quatrième personnalité est également évoquée : l’ancienne vice-présidente du Costa Rica, Rebeca Grynspan. Le Costa Rica a proposé son nom, mais sa lettre de candidature n’a pas encore été officiellement soumise aux Nations Unies. Tant que cette formalité ne sera pas accomplie, elle ne figurera pas parmi les candidats enregistrés dans le processus en cours. Néanmoins, son profil pourrait enrichir davantage encore une compétition déjà marquée par une forte diversité géographique et politique.
Le mécanisme de sélection obéit à une procédure bien établie. Chaque candidat doit être formellement désigné par un État membre ou un groupe d’États, sans qu’il soit nécessaire que cette désignation provienne de son pays d’origine. Le processus, lancé en novembre dernier, entre progressivement dans sa phase active. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit entamer les discussions d’ici la fin du mois de juillet. C’est sur recommandation de cet organe que l’Assemblée générale procédera ensuite à l’élection du secrétaire général pour un mandat de cinq ans, renouvelable une fois.
Derrière les candidatures individuelles, les équilibres diplomatiques seront déterminants. Le Conseil de sécurité, composé de cinq membres permanents dotés d’un droit de veto et de dix membres élus, jouera un rôle central dans l’orientation du choix final. Chaque candidature devra donc non seulement convaincre par son programme et son expérience, mais aussi naviguer dans les rapports de force entre grandes puissances.
À ce stade, aucun favori ne se dégage clairement. Macky Sall mise sur une dynamique africaine et sur son expérience de chef d’État. Michelle Bachelet bénéficie d’un capital politique important et du soutien de ceux qui souhaitent voir l’ONU franchir un cap historique en matière de représentation. Rafael Grossi apporte une expertise diplomatique pointue dans un domaine stratégique. Rebeca Grynspan, si sa candidature est formalisée, pourrait elle aussi incarner une alternative crédible.
La compétition qui s’ouvre ne se résume donc pas à un affrontement de personnalités. Elle reflète les grandes interrogations qui traversent la communauté internationale : quelle vision pour le multilatéralisme à l’horizon 2027 ? Quelle place pour les continents émergents dans la gouvernance mondiale ? Faut-il privilégier un profil politique, diplomatique ou technocratique ? Et l’ONU est-elle prête à confier pour la première fois sa direction à une femme ?
Au fil des mois, les auditions informelles, les consultations discrètes et les négociations bilatérales préciseront les lignes de force. Dans les couloirs feutrés du siège new-yorkais, une nouvelle page de l’histoire des Nations Unies est en train de s’écrire, au croisement des aspirations nationales et des enjeux planétaires.
Aboubacar SAKHO
Expert en communication
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