TPI de Dixinn/Une victime de viol raconte : « Ismaël Diallo m’a violée de 1h à 4h du matin »

il y a 2 heures 10
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Âgée de 17 ans au moment des faits en août 2019, M.S. a vécu un véritable calvaire. Vendeuse ambulante, la jeune fille s’était réveillée vers une heure du matin, crevant de faim, pour chercher de la nourriture sous une pluie fine. C’est ainsi qu’elle a croisé son agresseur, Ismaël Diallo, alors élève.

Armé d’un couteau et d’un pistolet, celui-ci l’a menacée avant de lui dérober son téléphone et de l’entraîner dans un couloir sombre pour la violer. Selon le récit de la victime, il l’aurait ensuite forcée à errer avec lui une partie de la nuit avant de la laisser regagner son domicile.

Près de six ans après les événements, Ismaël Diallo a comparu ce mardi 31 mars 2026 devant le tribunal criminel de Dixinn. Inculpé et placé sous mandat de dépôt depuis le 27 août 2019, il répond de faits de viol, conformément aux dispositions de l’article 268 du Code pénal.

Interrogé à la barre, l’accusé a d’abord nié les faits de manière confuse. Confronté par le juge Mohamed Sangaré sur les appels passés à la famille de la victime avec le téléphone volé, il a tenté de se justifier.

« Ce n’est pas moi qui ai appelé. C’est sa famille qui m’a contacté. J’ai répondu que le propriétaire n’était pas là, puis j’ai prétendu qu’il était malade dans le but d’extorquer de l’argent. C’est en allant récupérer l’argent chez un boutiquier que j’ai été arrêté », a-t-il déclaré.

Pour expliquer les accusations portées contre lui, Ismaël Diallo a d’abord invoqué un différend antérieur avec les frères de la victime, niant tout contact physique avec elle.

Cependant, face au rapport médico-légal attestant d’un viol au moment des faits, le prévenu a fini par reconnaître partiellement sa forfaiture.

« Ce qui s’est passé est vrai. Nous avons eu un rapport, mais cela n’a pas duré 30 minutes », a-t-il avoué.

La victime, aujourd’hui âgée de 23 ans, mariée et mère d’un enfant, a livré un témoignage poignant malgré le traumatisme persistant. Elle a réitéré avoir été menacée de mort avant d’être abusée durant plusieurs heures.

« Je suis vendeuse ambulante. Après le commerce, je suis rentrée à la maison. Je suis sortie à 1 heure du matin pour chercher à manger. J’ai croisé Ismaël. Il m’a dépassée, puis est revenu derrière moi pour me pointer une arme. Il m’a dit : “Si tu cries, je te tue.” Ensuite, il m’a conduite dans un couloir, m’a demandé de me déshabiller et a abusé de moi. Cela a duré de 1 heure à 4 heures du matin », a-t-elle raconté. Elle a également exprimé sa crainte pour sa sécurité en cas de libération de l’accusé.

Au terme des débats, Ismaël Diallo est passé aux aveux complets, présentant ses excuses et affirmant que ses années de détention lui avaient servi de leçon.

À l’entame des plaidoiries et réquisitions, l’avocate de la victime a réclamé 5 millions GNF de dommages et intérêts, ainsi que le remboursement du téléphone estimé à 2 millions GNF.

Dans ses réquisitions, le ministère public soulignant la gravité de l’acte et le profil de récidiviste de l’accusé, a requis la peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle.

De leur côté, les avocats de la défense ont plaidé les circonstances atténuantes, dénonçant une détention provisoire de près de sept ans sans jugement.

Le tribunal a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le 2 avril prochain.

Alhassane Fofana

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