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Ainsi donc mon cher Abdoulaye Sankara communément appelé Abou Maco s’en est allé sans crier gare ! Notre première rencontre eut lieu à la pâtisserie centrale de Conakry, le mardi 30 mars 2002, suite à mon invitation dans le cadre du projet du lancement du journal Le Diplomate. Nous avons discuté pendant deux heures au tour d’un café sur mon projet de journal dans lequel je souhaitais qu’il assume les fonctions de conseiller. Il me fit part de certaines observations sur les risques à prendre car derrière les efforts budgétaires que nécessite cette entreprise, l’exercice porte sur la liberté d’expression, une denrée peu partagée à l’époque.

J’ai pris mon envol du groupe de presse Le Lynx-La Lance après avoir annoncé mon départ le 1er avril 2002 et je suis resté au poste jusqu’au 30 avril 2002. Le 7 mai 2002, Le Diplomate a vu le jour dans la cour de Rhodas à Almamya. Ismael Camara et Madame Rana Kandé ont été les premières recrues, alors que d’autres confrères hésitaient encore à prendre entièrement part à l’aventure. Je me souviens que dame Rana, une parfaite secrétaire au talent de journaliste me fut recommandée par mon grand frère Ben Youssouf BARRY, Oscar, le talentueux caricaturiste du Lynx. Faya Millimouno de l’Indépendant qui signait Jean Lazar, Marie Louise Diallo, actuelle Directrice adjointe du journal Horoya, Thierno Aliou Diallo alias Mariam Diop ont constitué la première cohorte avec Oumou Barry communément surnommée OB.
Je me rappelle aussi comme si c’était encore hier, Abdoulaye Sankara Maco a fait sa remarquable entrée le 3 mai 2002 et depuis, nos relations socio-professionnelles ont revêtu une dimension toujours renouvelée. Le conseiller que je sollicitais vivement choisit plutôt les premiers galons dans notre dispositif en optant pour la Direction de la Rédaction qu’il assuma de mains de maitre. A la parution du cinq centièmes numéros, il dédia sa pensée aux compagnons de première heure prématurément disparus en particulier Mamady Sékou Condé dit MASECO (requiescat in pace !). Pour Abdoulaye Sankara Maco, il était tout à la fois juste et équitable de leur rendre un hommage mérité au moment où il est justement question d’observer une halte dans l’histoire de la maison commune. Une histoire pleine de rebondissements qui vit le bimensuel du départ se muer en hebdomadaire avec une nouvelle ligne éditoriale. Laquelle privilégie dorénavant les informations générales à celles exclusives du monde diplomatique. L’hebdomadaire se définit comme non partisan mais actif et ouvert à toutes les sensibilités philosophiques, politico religieuses entre autres. Pour éviter le vedettariat fatal à toute rédaction, Maco instaure les pseudonymes dans la signature des éditoriaux et il insuffle les principes du bon journaliste à toute son équipe.
Allusion à Ibrahima Sory Traoré, Talibé Barry, N’nah Fatoumata Camara, Aissata Sy, Amadou Makissa Diallo, Babacar Touré photoreporter ; Paquillé Abraham Malick Marcel Bagoura, Mamadou Ciré Savané, Safiatou Koumbassa, Jean Marie Morgan, Andrée Mansaré, Mohamed Kanta Soumah, Monique B Curtis, Fatoumata Camara et j’en oublie certainement.
Il impose à chacun et à tous de ne dire que ce que l’on sait ou ce que l’on estime être vrai. Ensuite, d’éviter en tout temps de biaiser la réalité, aussi de taire certaines vérités pour un choix éthique ou en raison de la responsabilité sociale. En somme, Maco n’a eu de cesse de souligner qu’en aucun cas le journaliste ne doit accepter de l’argent pour farder la vérité ou la taire. Chantre de la responsabilité du journaliste, il a toujours enseigné qu’en raison de sa mission sociale, le journaliste peut taire certaines vérités quand elles sont de nature à générer de graves crises sociales ou autres.
Comme une incidence perceptible des enseignements du maitre qu’il fut, les différentes équipes rédactionnelles assimilent de bon gré et mettent en application ces principes. Le Diplomate doit visiblement une bonne part de sa notoriété et sa longévité à ces valeurs cardinales.
De Maseco à Maco ! tel pourrait être titrée une chronique sur les adieux de Abdoulaye Sankara alias Abou Maco, cet orfèvre de la plume qui a apporté une part indéniable dans la contribution de la presse guinéenne dans le processus d’ancrage politique.
Comme un cadeau de la providence, ce grand talent originaire du Burkina est arrivé dans son pays d’adoption dans les années 90. Et il aura été de toutes les luttes et combats et mérita même le poste de Directeur Général Adjoint du Bureau de presse de la Présidence de la République.
Alors figurons nous simplement que MACO signifie bel et bien Maison d’Arrêt et de Correction de Ouaga.
Un brin d’imagination sur ce qu’il a dû traverser dans son pays natal et à la limite, motiver son expatriation pour choisir la Guinée et une Guinéenne comme douce moitié. Et pourtant, il s’est toujours gardé d’ouvrir cette page ou d’exprimer le moindre ressentiment envers son pays. Il y a manifestement des silences qui valent plus que des encyclopédies….
Paix à ta généreuse âme notre cher Abou MACO.
Sanou Kerfalla CISSÉ
L’article TÉMOIGNAGE – Paix à ta généreuse âme cher Sankara (Par Sanou Kerfalla Cissé) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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