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Décédé le 16 avril dernier, l’homme d’affaires et figure politique guinéenne a reçu les derniers hommages de la nation. Avant son inhumation prévue ce lundi dans sa ville natale de Boké, un symposium s’est tenu au Palais du Peuple de Conakry ce dimanche. Dans une salle comble, proches, collaborateurs et officiels, vêtus de blanc, se sont réunis dans la douleur pour saluer la mémoire du défunt.
Parmi les nombreuses interventions, celle de Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a particulièrement marqué l’auditoire. Celui qu’Elhadj Mamadou Sylla appelait affectueusement son »Sanakou » a livré un témoignage poignant sur la générosité et le patriotisme de l’illustre disparu.
Du haut de la tribune, en présence des membres du gouvernement et de hautes personnalités, le président de la HAC a d’abord confié son hésitation à prendre la parole, avant de se laisser porter par ses souvenirs.
« J’ai longtemps hésité à prendre la parole, parce que Mamadou Sylla, » Sanakou » c’est ainsi qu’il m’appelait, je le connais au plus profond de lui-même, au plus profond de son parcours. J’ai hésité jusqu’au moment où j’ai entendu l’honorable Sorel parler d’intimité. Parce que mes relations avec Mamadou Sylla, Sanakou, ont été des relations d’amitié. Souffrez donc que j’en dise quelques mots: Lorsqu’en 2000, j’ai démissionné de mes fonctions de directeur général de l’Office de la radio-télévision guinéenne, j’étais un peu comme un pestiféré. Personne n’osait s’approcher de moi que mon frère Kiridi Bangoura. Il a osé s’approcher de moi et je lui ai dit qu’il prenait beaucoup de risques », a-t-il révélé.
Il a ensuite raconté sa rencontre décisive avec l’homme d’affaires : « Un jour, le jeune Bailo Diallo, qui gérait la fondation Lansana Conté, s’est rendu chez moi, Il m’a dit, grand frère, Mamadou Sylla veut te voir. Je lui ai dit non, mais je ne connais pas Mamadou Sylla, Il m’a dit non, il veut te voir. Il me prie de te conduire chez lui à Dixinn bora. J’ai dit non. J’ai systématiquement refusé. Il a insisté et un jour, il m’a pris, nous avons été à Dixinn bora. Je me souviens comme aujourd’hui. Mamadou Sylla était assis dans son fauteuil avec un chapelet d’un demi-kilomètre, tout noir. Et j’ai eu l’impression qu’il m’amenait chez un marabout. Et puis, il m’a dit, Sanakou vient, assis-toi à côté de moi. Et je me suis assis. Il dit, tu sais pourquoi je t’ai appelé ? Je lui ai dit non. Il a dit, j’ai compris dans l’entourage du président que tout le monde a peur de te fréquenter. J’ai appris que tu as créé une petite société de communication et que tu as un petit journal de publicité Kora. Il a appelé son neveu ou son oncle Dembo, qui était le directeur, il lui a dit, Dembo, tous nos marchés de publicité, tu les remettras à Yacine pour son agence de communication », a-t-il raconté, ajoutant que ce geste qui va le relever littéralement a provoqué un effet d’entraînement chez les autres opérateurs.
Le Doyen Boubacar Yacine Diallo a également révélé une facette méconnue de l’engagement civique de Mamadou Sylla lors des attaques rebelles de l’an 2000 : « En 2000, lorsqu’il y a eu la rébellion à nos frontières, un jour que j’étais venu pour qu’il me paie ma facture de 5 millions, il m’a dit, Sanakou, tu attendras deux jours. Et il m’a révélé qu’il avait amené des véhicules militaires et qu’il avait fait distribuer le long de la frontière à ses frais Et je lui ai dit, mais Sanakou, et si l’État ne te remboursait pas ? Il dit, ce serait ma contribution à la nation, dont chacun de nous a le devoir de préserver », a-t-il révélé.
Enfin, l’orateur a évoqué avec humour et tendresse la transition de Mamadou Sylla vers l’écriture, soulignant qu’il l’avait encouragé dans cette voie aux côtés de l’éditeur Sansy Kaba Diakité.
Enfin le président de la HAC a lancé un ultime adieu à son Sanakou qui le quitte à jamais, en ces termes : « Tu t’en vas. Je demande simplement à Dieu de t’accueillir auprès du Prophète. Je n’ai aucun doute, c’est le meilleur endroit au monde », a-t-il imploré.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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