Société cotonnière de Kankan : préparatifs de la campagne, réformes et défis au cœur de la relance

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Après plusieurs années de ralentissement, la Société cotonnière de Kankan (SCK) tente de tourner la page des difficultés pour amorcer une nouvelle phase de relance de la filière coton en Haute-Guinée.

Entre préparatifs de la prochaine campagne agricole, réformes internes et attentes sociales du personnel, la direction affiche sa volonté de redonner un nouveau souffle à cette activité stratégique pour l’économie locale.

À l’occasion d’une journée portes ouvertes organisée à l’intention de la presse, ce samedi 7 mars 2026, dans l’enceinte de la société, au quartier Kankancoura, les responsables de la SCK ont présenté plusieurs installations et équipements destinés à accompagner cette relance. Des stocks d’engrais, des motoculteurs destinés aux producteurs, ainsi qu’une unité industrielle annoncée prête à reprendre ses activités ont notamment été exposés.

Responsable de la production agricole au sein de la société, Moussa Keïta explique que toutes les dispositions sont en train d’être prises pour réussir la prochaine campagne.

Selon lui, la priorité est de renforcer la collaboration avec les producteurs dans les zones rurales et de relancer les activités de sensibilisation et de vulgarisation agricole.

« Nous sommes presque au début de la campagne agricole. Il est important de rencontrer les producteurs, de discuter avec eux et de les informer de tout ce qui se passe au sein de la société cotonnière. Le message est simple : nous sommes prêts à relancer cette activité », affirme-t-il.

Il reconnaît toutefois que les campagnes précédentes ont été marquées par de nombreuses difficultés pour les cultivateurs, notamment le manque d’intrants agricoles, l’insuffisance de produits phytosanitaires et les retards dans le paiement des revenus.

« Il y a eu des années où les producteurs ont été traumatisés. Mais cette fois-ci, tout est en place pour démarrer la campagne dans de bonnes conditions et restaurer la confiance », assure-t-il.

Des équipements pour soutenir les producteurs

Dans le cadre de cette relance, 50 motoculteurs ont été mis à la disposition de la société afin de faciliter les travaux agricoles et d’augmenter les superficies cultivées.

Pour Moussa Keïta, ces équipements représentent un atout important pour améliorer la productivité des exploitations.

« Avec ces motoculteurs, un paysan peut cultiver trois, quatre voire cinq hectares, ce qui permet de gagner du temps par rapport à la traction animale, surtout pendant la période des semis », explique-t-il.

Ces machines seront mises à la disposition des producteurs moyennant une contribution jugée symbolique.

Les producteurs appelés à reprendre la culture du coton

Le directeur général de la SCK, Moussa Doumbouya, estime que la relance de la filière dépend avant tout de la confiance des producteurs.

« Nous voulons que cette relance soit bénéfique pour eux. La dynamique actuelle bénéficie de l’engagement des autorités guinéennes, notamment du président de la République et du ministère de l’Agriculture », souligne-t-il.

De son côté, Mamady Kaba, président de la Fédération des cotonculteurs de Guinée, se montre optimiste quant à la reprise de la production.

« Les cotonculteurs sont toujours prêts. Quand on nous dira que l’engrais est arrivé, tout le monde prendra la daba pour aller travailler », affirme-t-il.

Il rappelle cependant que l’arrêt de l’usine avait poussé plusieurs producteurs à abandonner la culture du coton au profit de l’orpaillage dans certaines localités.

Parmi les mesures annoncées figure également le règlement des dettes accumulées envers les producteurs. Selon le directeur général, certains cultivateurs attendaient leurs paiements depuis plusieurs années.

« À notre arrivée, certains producteurs attendaient leur argent depuis trois ans. Aujourd’hui, toutes les dettes ont été réglées à 100 % », assure Moussa Doumbouya.

Les stocks de coton encore détenus par certains producteurs devraient également être collectés et payés avant la fin du mois.

Une usine prête à redémarrer

Sur le plan industriel, la direction affirme que l’usine de transformation est désormais prête à reprendre ses activités.

Responsable de l’unité industrielle, Kaba Kamara indique que les installations ont été entièrement vérifiées.

« L’usine peut aujourd’hui égrener le coton. Les machines ont été contrôlées et remises en état. Nous disposons d’une capacité de transformation de 40 000 tonnes par an », précise-t-il.

Autrefois, l’usine fonctionnait avec quatre équipes de 85 travailleurs chacune, assurant une production continue 24 heures sur 24. Aujourd’hui, l’activité est réduite à une seule équipe en raison de la baisse de la production.

Des travaux de rénovation sont également annoncés pour rendre l’usine pleinement opérationnelle et accompagner progressivement la relance de la filière dans la région.

Karifa Kansan Doumbouya, correspondant à Kankan
622 47 09 60

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