Sécurité routière : lancement officiel du processus d’obtention du permis moto A et A1

il y a 1 heur 7
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a officiellement lancé ce samedi 29 novembre 2025, au CEPERTAM de Hamdallaye, le processus d’obtention du permis de conduire pour les catégories A et A1. La cérémonie, qui a réuni syndicats, responsables d’auto-écoles, conducteurs de taxi-motos et partenaires du secteur s’inscrit dans le cadre de la réforme de la sécurité routière en Guinée.

Dès l’entame, le ministre a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une opération de contrôle, mais d’une invitation à se former afin d’obtenir le permis moto. Une nécessité, au regard de l’explosion des accidents impliquant des deux-roues dans tout le pays.

Une situation routière devenue critique

En 2024, les hôpitaux guinéens ont recensé 3 200 accidents liés aux motos. Le bilan est particulièrement lourd : plus de 1 100 décès, près de 2 000 blessés graves et plus de 700 cas d’invalidité permanente. Les services de traumatologie d’Ignace Deen, Donka et de l’hôpital Sino-Guinéen confirment que 65 % des patients admis pour traumatismes sont victimes d’accidents de la circulation, principalement en moto.

Les jeunes de 18 à 35 ans constituent la majorité des victimes, alors même qu’ils représentent la force active et principale source de revenus de nombreuses familles. À cela s’ajoute l’impact financier : une hospitalisation consécutive à un accident grave coûte en moyenne 12 millions GNF, un montant souvent impossible à supporter pour les ménages.

Cette réalité est aggravée par l’absence généralisée de permis valides, qui empêche les conducteurs de souscrire à l’assurance responsabilité civile obligatoire. Les familles supportent donc seules les frais et les victimes n’obtiennent, dans la plupart des cas, aucune réparation.

Un dispositif structuré autour de la formation, des examens et du permis biométrique

Pour Idrissa Diallo, Directeur national des Transports terrestres, le lancement de ce processus constitue « une étape historique ». Il explique que la réforme repose sur trois éléments : la formation, les examens théoriques et pratiques, puis l’enrôlement biométrique pour l’obtention du permis.

Selon Idrissa Diallo, la formation standard reste inchangée pour les nouveaux candidats, mais un programme condensé de neuf heures a été conçu pour les conducteurs en activité afin de leur permettre d’obtenir le document en une semaine. Cette mesure est le fruit d’une commission inclusive mise en place en mars 2025, rassemblant services techniques, syndicats, auto-écoles, centres de visite médicale et opérateurs impliqués.

Dans un souci d’accessibilité, les auto-écoles ont accepté de réduire leurs tarifs, passant de 260 000 à 150 000 GNF, tandis que les centres de visite médicale ont abaissé les leurs à 120 000 GNF. Une campagne spéciale de régularisation, d’une durée de six mois, a également été actée pour permettre aux conducteurs déjà actifs de se mettre en conformité sans interrompre leurs activités.

Un système de délivrance modernisé et sécurisé

Le Directeur général de Thomas Greg en Guinée, Sékou Oumar Keita, a rappelé que la société est chargée de sécuriser l’ensemble du processus. Il s’agit non seulement de produire des permis biométriques mais aussi de mettre en place une base de données unique, sécurisée et fiable, ainsi qu’un système intégré de formation et d’évaluation conforme aux standards internationaux.

Selon lui, chaque candidat devra obligatoirement passer par une auto-école agréée, réussir les examens et être validé par la DNTT avant de se rendre dans l’un des centres du système informatisé. « Ce projet ne consiste pas simplement à délivrer une carte, mais à instaurer un processus complet et sécurisé pour former des conducteurs responsables », a-t-il insisté.

Intervenant à son tour, le syndicaliste Ibrahima Sory Savané a souligné l’importance sociale du taxi-moto, devenu indispensable pour les déplacements quotidiens. Il rappelle que les familles confient leurs enfants à ces conducteurs chaque matin pour les envoyer à l’école et les faire revenir à la maison. La formation, poursuit-il, représente une opportunité de professionnaliser un métier essentiel et d’améliorer la confiance entre usagers et transporteurs.

« La vie humaine n’est pas négociable »

Dans un discours ferme, le ministre des Transports a replacé cette réforme dans le cadre des priorités du gouvernement, notamment la protection de la jeunesse et la modernisation des services publics.

Il a rappelé que près de 70 % des accidents de circulation impliquent des motos et qu’un gouvernement « ne peut pas rester immobile devant une telle hécatombe ». Il a annoncé une révision à la baisse du coût du permis moto, estimant les montants actuels trop élevés pour des conducteurs qui vivent au jour le jour. Il a également affirmé que les premiers permis seront délivrés gratuitement à un contingent de candidats, afin d’encourager l’adhésion massive au programme.

Ousmane Gaoual Diallo a aussi tenu à clarifier la question des contrôles : ceux-ci ne concernent que les véhicules soumis à l’obligation de permis, et non encore les motos, puisque le dispositif vient d’être lancé. Il a toutefois indiqué qu’à terme, le permis deviendra obligatoire pour tous les conducteurs de moto, probablement en 2027 ou 2028. « Moi-même, je possède une moto et je conduis, mais je n’ai pas encore de permis. Je ferai donc ma formation comme tout le monde afin de l’obtenir. Probablement qu’en 2027 ou en 2028, l’obligation de posséder un permis pour conduire un taxi-moto entrera en vigueur. Mais ce ne sera pas le cas cette année », a-t-il précisé.

Le ministre a ensuite insisté sur la nécessité de distinguer les conducteurs de taxi-motos des particuliers, par l’introduction de cartes professionnelles qui permettront de reconnaître leur activité et de leur ouvrir des droits sociaux : « Deuxième point, nous souhaitons distinguer ceux qui exercent le taxi-moto comme un métier de ceux qui utilisent la moto pour leur loisir personnel. C’est pourquoi les professionnels disposeront de cartes spécifiques, à l’image des transporteurs de marchandises ou des taximètres. Cette carte permettra de reconnaître officiellement leur activité comme un métier noble et leur ouvrira des droits sociaux, notamment en matière de cotisations et de protectionCes dispositions entreront en vigueur dans les prochaines années. Pour l’instant, la priorité est la formation pour tous. »

Ousmane Gaoual Diallo a conclu son intervention en affirmant que la réforme fait partie intégrante de la transformation engagée par le président Mamadi Doumbouya et portée par le Premier ministre Amadou Oury Bah. L’objectif, selon lui, est de moderniser le secteur des transports, restaurer l’autorité de l’État, protéger les citoyens et offrir à la jeunesse des perspectives plus sûres et mieux encadrées.

« La Guinée avance vers une société qui protège la vie », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Le permis moto n’est pas une simple formalité administrative : c’est un engagement collectif pour sauver des vies. »

Lire l'article en entier