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La fixation de la date du référendum constitutionnel provoque de vives réactions en Guinée.
Alors que le fichier électoral peine à être disponible et que le matériel électoral vient à peine d’être acheminé, le président de la transition a annoncé, mardi 1er avril 2025, que le référendum aura lieu le 21 septembre 2025.
L’ANAD dénonce une « manœuvre dilatoire »
Une annonce qualifiée de « manœuvre pour perpétuer la dictature » par le Président de la Commission Communication de l’Alliance Nationale Pour l’Alternance Démocratique (ANAD).
« Depuis des mois, nous assistons avec une inquiétude croissante à la dérive autoritaire du Conseil National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) et à sa volonté manifeste de confisquer le pouvoir, au mépris des principes démocratiques les plus élémentaires. L’annonce d’un référendum constitutionnel, loin d’être un pas vers la normalisation, s’apparente à une manœuvre de diversion destinée à masquer l’absence de toute intention réelle d’organiser des élections libres, transparentes et inclusives. », a-t-il fustigé d’entrée.
Souleymane Souza Konaté pense que la démarche du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) est complètement biaisée.
« La stratégie du CNRD repose sur un enchaînement de contradictions, de revirements et de tactiques dilatoires visant à gagner du temps pour imposer un processus électoral biaisé, garant de son maintien au pouvoir. Comment accorder le moindre crédit à la tenue d’un référendum le 21 septembre 2025, alors que le texte constitutionnel est toujours en cours d’examen par un collège d’experts et que les conditions fondamentales d’une élection crédible sont inexistantes ? Ni nouvelle Constitution, ni fichier électoral fiable, ni organe de gestion indépendant, ni consensus minimal sur la conduite du processus électoral : autant de lacunes qui rendent ce projet non seulement illégitime, mais dangereux pour la stabilité du pays », estime-t-il.
Une annonce précipitée sans effet
Selon lui, la gestion unilatérale des élections a toujours engendré, de manière inévitable, des crises majeures marquées par la contestation des résultats et des violences aux conséquences désastreuses en Guinée.
Il trouve que la déclaration du Général Mamadi Doumbouya à cet effet n’est qu’une annonce précipitée visant à redorer l’image du chef de la junte.
« L’histoire nous enseigne qu’une élection sans contrôle indépendant se transforme toujours en mascarade électorale. Le cas du fichier électoral illustre parfaitement cette volonté de manipulation. Le fichier utilisé lors de la présidentielle du 18 octobre 2020, validé par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aurait pu être mis à jour simplement en radiant les électeurs décédés et en intégrant les nouveaux inscrits », soulève le Président de la Commission Communication de l’ANAD.
Qu’en est-il du RAVEC ?
L’abandon du Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (RAVEC) constitue, aux yeux de Souleymane Souza Konaté, une manœuvre dilatoire destinée à retarder également la transition.
« Après des mois d’échecs, marqués par l’amateurisme et l’incapacité à rémunérer les agents recenseurs, la junte a fini par abandonner le RAVEC pour imposer un recensement biométrique dans un délai irréaliste une décision qui ne peut mener qu’au chaos et à la fraude », insiste-t-il.
Le Ministère de l’Administration du Territoire vivement décrié
Le Conseiller chargé de communication de Cellou Dalein Diallo, ne digère pas l’exclusion des partis politiques des commissions de recensement. Pour lui, cela révèle l’opacité du processus.
Il impute la responsabilité au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), qu’il considère comme un instrument au service du pouvoir.
« Gouverneurs, préfets, sous-préfets, présidents de délégations spéciales, chefs de quartiers et de districts : tous ont été nommés par la junte, en violation flagrante des lois nationales et des engagements internationaux de la Guinée. Ce même ministère a déjà été impliqué par le passé dans des fraudes électorales massives : bourrages d’urnes, falsifications de procès-verbaux, intimidations et violences. Comment espérer une élection crédible sous son contrôle ? », s’interroge-t-il.
Le général d’armée appelé à une prise de conscience
Souleymane Souza Konaté invite le général Mamadi Doumbouya à mettre un terme à ces manœuvres et à concentrer sa gouvernance sur le retour à l’ordre constitutionnel.
« Il est impératif d’abandonner ces manœuvres dilatoires et de revenir aux fondamentaux d’une transition responsable : assurer la gestion courante de l’État et organiser des élections crédibles. La Guinée ne peut plus être prise en otage. Le peuple doit pouvoir choisir librement ses dirigeants et tourner enfin la page de l’incertitude et de l’injustice. », exhorte-t-il.
Hadja Kadé Barry