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Lors d’une conférence tenue ce jeudi, le Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Dr Morissanda Kouyaté, est revenu sur les fractures historiques entre les Guinéens de l’intérieur et de l’extérieur. Entre vérité historique et engagement présent, il a tracé la feuille de route d’une réconciliation nationale sous l’égide du CNRD.
Un fossé historique né de la méfiance
Le Ministre a débuté son allocution par un rappel historique nécessaire, celui de « l’amalgame » né sous la première République. À l’époque, rappelle-t-il, le terme « anti-guinéen » frappait de plein fouet ceux qui vivaient hors des frontières, créant une rupture profonde entre les citoyens.
« Le fossé s’est creusé parce que certains ont pris les armes, et on a fini par accuser tous les autres », a-t-il déploré. Malgré les tentatives de l’ère du Général Lansana Conté, qui avait ouvert son gouvernement à 60% de cadres de la diaspora — surnommés avec un certain dédain les « ministres importés » — l’osmose n’a jamais réellement pris, selon le conférencier. À l’en croire, l’incompréhension est restée telle que, face aux malheurs des expatriés, la réponse intérieure était souvent : « C’est bien fait pour vous, pourquoi avez-vous fui »
La mission de « redonner une identité »
Nommé par le Général Mamadi Doumbouya, le Dr Morissanda Kouyaté dit avoir trouvé dans le regard du Chef de l’État une « volonté féroce » de changer cette dynamique. Pour lui, la loyauté, le courage et la vérité forment le trépied sur lequel repose son action ministérielle.
Le constat de départ était pourtant alarmant : une diaspora déchue de ses droits fondamentaux, faute de documents de voyage.
« Le constat était amer. Des Guinéens n’avaient plus d’identité. Leurs enfants ne pouvaient plus aller à l’école, leurs contrats ne pouvaient plus être renouvelés. Pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient plus de passeports », a-t-il rappelé.
Poursuivant, le chef de la diplomatie guinéenne a fustigé le calvaire passé où l’obtention d’un passeport revenait à un investissement de près de 3 000 dollars, incluant le billet d’avion et des délais d’attente interminables pouvant aller jusqu’à deux ans.
Relever le prestige diplomatique
Dr Morissanda Kouyaté n’a pas mâché ses mots sur l’état de la diplomatie guinéenne à sa prise de fonction. Il a souligné le paradoxe d’un pays pionnier des indépendances dont les ambassades étaient « moins vues » et moins respectées que celles des pays qu’il avait aidés à se libérer du colonialisme.
Aujourd’hui, l’objectif est clair : restaurer la dignité de chaque Guinéen, où qu’il se trouve, et faire en sorte que l’administration soit au service de ses fils, et non un obstacle.
Pour le chef de la diplomatie guinéenne, la réconciliation ne passera pas par des discours, mais par des actes concrets, à commencer par la facilitation de l’accès aux documents d’identité pour tous.
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