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Quelques heures après la signature du protocole additionnel du 3 janvier, intervenue à l’issue de longues négociations entamées depuis la journée du 2 janvier, l’intersyndicale de l’éducation — composée de la Fédération syndicale des professionnels de l’éducation (FSPE) et du Syndicat national de l’éducation (SNE) — a tenu une assemblée générale de restitution, ce samedi 3 décembre 2026, à Nongo.
Face aux enseignants, Pépé Balamou est longuement revenu sur ce qu’il considère comme des « victoires » majeures obtenues à l’issue du bras de fer avec les autorités. Selon lui, la première d’entre elles est d’ordre moral : la réhabilitation de l’image des deux syndicats, longtemps accusés de compromission.
« Nous avons eu une première victoire. La première victoire, c’est le fait de nous laver de tout soupçon de corruption. Parce que de 2018 jusqu’à nos jours, on était toujours qualifiés de syndicats corrompus, de syndicalistes fabriqués pour lutter contre les intérêts matériels et moraux des enseignants. Mais comme le prophète de l’Islam, Mohammed, paix et salut sur lui, le Seigneur Jésus Christ, tous ont été humiliés, chassés, crucifiés, tués, pour leur noble mission. Mais Dieu a fait que c’est les deux, aujourd’hui, les hommes les plus suivis en termes religieux dans le monde, à travers l’Islam et le christianisme. »
Le responsable syndical a également fustigé les rumeurs persistantes le visant personnellement, qu’il qualifie de mensonges grossiers et infondés. « On ne peut jamais cacher la vérité par la paume de sa main. On ne peut jamais cacher le soleil par la paume de sa main. Le mensonge va circuler longtemps. Ils vont dire : on lui a acheté une villa, on lui a donné 300 millions. On a envoyé sa tante au Maroc etc… Au moins, le mensonge en le fabriquant, il faut l’approcher un peu de la vérité. Il faut l’embellir, il faut l’enjoliver. Au moins, ça peut pousser les gens à y croire. Quand il y a quelqu’un qui est milliardaire, on voit qu’il porte des chaussures éculées. Il est en location. Même le plus fou de la société va lui dire, tu veux te moquer de notre intelligence ou quoi ? »
La deuxième victoire mise en avant par Pépé Balamou concerne la capacité de mobilisation des syndicats signataires sur l’ensemble du territoire national, mettant fin, selon lui, à l’idée d’un monopole de la lutte syndicale dans le secteur éducatif. « Donc cette lutte-là, la première victoire a été ça. La deuxième victoire, on a montré que nul n’a le monopole de la lutte syndicale en Guinée. Parce qu’il y a eu un scepticisme de leadership au niveau du monde de l’éducation. On dit que si c’est pas Paul, aucun d’autre ne peut envoyer les enseignants de Guinée en grève. »
Il estime que cette démonstration de force a permis d’illustrer l’existence d’un véritable pluralisme syndical. « Cette démonstration de force que vous avez faite a montré à l’opinion nationale et internationale, qu’il y a aussi d’autres syndicats comme la FSPE, le SNE, qui sont capables de paralyser les cours sur toute l’étendue du territoire national. L’AFSP a démontré cela. Le SNE l’a aussi démontré. »
Abordant les conséquences potentielles d’une poursuite de la grève, le syndicaliste a évoqué des risques sérieux de tensions sociales, y compris dans le secteur privé. « Tout le monde sait, le lundi 8 et le mardi 9 décembre, si on ne parvenait pas à arrêter la grève, ce qui allait advenir. Parce que les élèves du public allaient s’attaquer aux élèves du privé. Vous avez entendu le communiqué des fondateurs d’écoles privées hier. »
Il a rappelé que plusieurs associations d’écoles privées avaient même envisagé la fermeture de leurs établissements. « Trois associations d’écoles privées ont dit que si l’État ne prend pas ses responsabilités, il risque de fermer les écoles. Vous savez que si la grève de demain, le lundi 5 janvier était maintenue, au-delà des écoles publiques, il y aurait aussi des écoles privées qui allaient être fermées. Parce qu’il y a une menace. On la ferme parce que la grève fait écho. Je pense qu’on doit être fiers de cette deuxième victoire. »
Pépé Balamou a souligné le caractère inédit de la signature rapide d’un protocole additionnel, dans un contexte politique qu’il qualifie de particulièrement sensible. « La troisième victoire, c’est la première fois qu’en l’espace d’un mois, un protocole est signé. Et on est revenus sur ce protocole sous un régime militaire, et d’exception, où tout le monde a peur d’une disparition, de séquestration ou de kidnapping. Et si vous mesurez ce que vous entendez prendre comme risque, vous risquez de laisser vos enfants orphelins, qui sont encore petits. Je vous dis qu’on a pris un grand risque. On a pris un risque pour nous-mêmes. »
Selon lui, cette démarche était avant tout une question de survie pour les deux organisations syndicales. « Parce que si on ne le faisait pas, le SNE et la FSE étaient morts, après la signature du premier protocole. On a pris le risque de dire aussi que, oui, nous enseignants, même si on nous prenait comme il a dit, il y aurait des milliers d’éducateurs, des milliers d’enfants qui allaient sortir pour conduire la lutte. Tant que les souffrances des enseignants perdurent, la grève va toujours perdurer. »
L’article Protocole d’accord : Pépé Balamou revendique les « victoires » de l’intersyndicale SNE-FSPE est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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