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La procédure judiciaire engagée contre le colonel Bienvenu Lamah, poursuivi pour son implication présumée dans les massacres du 28 septembre 2009, a repris, ce lundi devant le tribunal criminel délocalisé de Dixinn. Ce second volet du feuilleton judiciaire, qui traite des responsabilités spécifiques de l’officier, est entré dans une phase décisive.
L’audience de ce lundi, initialement consacrée à l’audition des témoins cités par le parquet, a été marquée par l’absence de ceux-là. Mamadi Soumaoro, le commandant Toumba Diakité et Oumar Youssouf Touré, dit « Joli », ont tous brillé par leur absence. Pourtant, selon le ministère public, tous avaient été régulièrement cités à comparaître par voie d’huissier.
Le témoin clé, Mamadi Soumaoro, était particulièrement attendu. Ses déclarations antérieures devant la première composition du tribunal, alors présidée par le magistrat Ibrahima Sory 2 Tounkara, avaient directement conduit à l’inculpation du colonel Lamah le 21 novembre 2022. Par la voix de son conseil, Me Mohamed Lamine Doumbouya, M. Soumaoro a sollicité un renvoi de deux semaines pour cause de deuil, suite au décès de sa mère.
Au-delà de sa demande de renvoi, Mamadi Soumaoro a surpris le tribunal en tentant de changer de statut. Auparavant simple témoin, il a sollicité, par l’intermédiaire de son avocat, sa constitution de partie civile. Me Doumbouya a argué que son client aurait subi de graves sévices et tortures pour s’être opposé au déploiement des recrues de Kaliah vers le stade de Conakry, faits qui auraient été attestés par le médecin légiste, le professeur Hassan Bah.
Cette requête a suscité une levée de boucliers générale. La défense a dénoncé une diversion et a estimé que, face à l’absence des témoins, le procès n’avait plus lieu d’être.
Par l’intermédiaire de Me Pépé Antoine Lamah elle a donc réclamé la mise en liberté immédiate du colonel Bienvenu Lamah.
De son côté, le Ministère Public s’est opposé à cette double constitution du témoin Mamadi Soumaoro, la jugeant inadmissible et contraire au Code de procédure pénale. Il a également qualifié la demande de mise en liberté du colonel Bienvenu Lamah de prématurée.
Les avocats de la partie civile ont rejoint l’avis du parquet, s’opposant à la fois au changement de statut du témoin et à la libération du prévenu.
La décision du tribunal
Après avoir entendu les différentes parties, le président du tribunal, Aboubacar Thiam, a tranché : Sur la liberté : La demande de mise en liberté d’office du colonel Bienvenu Lamah est rejetée.
Sur le statut de Mamadi Soumaoro : S’appuyant sur les articles 4, 430, 486, 487, 491 et 424 du Code de procédure pénale, le tribunal a déclaré irrecevable la constitution de partie civile de M. Soumaoro. Le juge a rappelé qu’il ne peut y avoir de confusion entre la qualité de témoin et celle de partie civile dans une même procédure.
En conséquence, le tribunal a ordonné la comparution de Mamadi Soumaoro en qualité de simple témoin. L’audience a été renvoyée au 7 avril 2026 pour la suite des débats et l’audition des témoins du ministère public.
Alhassane Fofana
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il y a 1 heur
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