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Le processus de désignation du prochain secrétaire général de Organisation des Nations unies connaît une étape décisive et mouvementée. Le 24 mars 2026, le gouvernement du Chili a annoncé qu’il retirait son soutien à la candidature de Michelle Bachelet, une figure politique internationale de premier plan. Cette décision, prise par le nouveau président José Antonio Kast, représente un tournant significatif dans cette campagne, car elle reflète un repositionnement diplomatique important. Pourtant, loin de mettre fin à la candidature de Mme Bachelet, ce retrait ouvre la voie à une compétition encore plus ouverte entre plusieurs personnalités de stature mondiale.
Michelle Bachelet, ancienne Présidente du Chili et ancienne dirigeante de programmes des Nations unies, poursuit sa candidature malgré l’absence du soutien officiel de son pays d’origine. Cela illustre à quel point les équilibres politiques au niveau international peuvent être plus déterminants que l’appui national seul. Des pays comme le Brésil et le Mexique continuent de soutenir son profil, non seulement en raison de son expérience, mais aussi pour l’équilibre régional qu’elle représente dans un contexte où l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie et l’Europe aspirent à être davantage représentées au sommet de l’ONU.
Parallèlement à la candidature de Michelle Bachelet, d’autres noms ont été rendus publics et officiellement enregistrés auprès des Nations unies, marquant l’ouverture d’une course pluraliste et géographiquement diversifiée. Parmi les candidats les plus en vue figure Macky Sall, dont la candidature a été déposée par la République du Burundi. Cette initiative a surpris certains observateurs, car elle illustre la dynamique des soutiens politiques entre États africains. Si Macky Sall est élu, il sera le deuxième Africain à diriger l’ONU après le Ghanéen Kofi Annan.
Un autre candidat de poids est Rafael Grossi, qui bénéficie d’une solide expérience en matière de diplomatie multilatérale, en particulier sur les questions de sécurité internationale et de non-prolifération nucléaire. Son parcours professionnel et sa visibilité au sein des institutions spécialisées de l’ONU lui ont valu un soutien considérable de la part de plusieurs États membres, surtout en Europe et en Amérique latine. Ce soutien repose sur l’idée qu’un dirigeant connaissant parfaitement les rouages techniques et diplomatiques de l’organisation peut renforcer son efficacité à affronter les défis mondiaux.
Parmi les autres candidatures enregistrées figure également Rebeca Grynspan, ancienne vice-présidente du Costa Rica et actuelle secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Mme Grynspan est appréciée pour son engagement envers les questions de développement économique, d’équité sociale et de réduction des inégalités. Son profil attire particulièrement l’attention des pays en développement, qui souhaitent un leadership à l’ONU plus tourné vers les défis économiques mondiaux et la justice sociale.
La diversité de ces candidatures reflète une volonté des États de voir émerger un leadership inclusif et représentatif des différentes régions du monde. Cela dit, cette diversité implique aussi une compétition plus intense et des négociations diplomatiques complexes, car chaque région, chaque pays, cherche à promouvoir un candidat qui répond le mieux à ses intérêts et à ses priorités.
Comprendre la procédure de sélection est essentiel pour appréhender les enjeux de cette course. Contrairement à une élection présidentielle nationale, le choix du secrétaire général de l’ONU repose sur un processus multipartite qui engage deux principaux organes de l’organisation : le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale. Le Conseil de sécurité, composé de 15 membres dont 5 permanents dotés du droit de veto (les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni ), examine les candidatures et organise une série de consultations et de votes dits « informels ». Ces tours de vote servent à dégager des préférences parmi les candidats.
À l’issue de ces consultations, le Conseil de sécurité formule une recommandation unique à l’attention de l’Assemblée générale. Cette étape est cruciale : pour qu’un candidat soit présenté, il doit obtenir l’accord des membres permanents du Conseil. Un seul veto suffit à bloquer une candidature, ce qui confère à ces cinq pays un rôle déterminant dans le choix final. Une fois qu’un candidat a été recommandé, l’Assemblée générale, qui réunit les représentants des 193 États membres, procède à un vote formel pour confirmer cette recommandation. Dans la pratique, ce vote final est généralement consensuel et vise à valider le choix du Conseil de sécurité plutôt qu’à remettre en question les équilibres diplomatiques établis.
Le futur secrétaire général prendra ses fonctions le 1ᵉʳ janvier 2027 pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Cela signifie qu’une même personne peut occuper ce poste pour un maximum de dix ans, si elle est reconduite à l’issue de son premier mandat. Si l’un des candidats en lice est élu, il ou elle deviendra le dixième secrétaire général de l’ONU, succédant à António Guterres, qui a servi deux mandats marqués par des crises globales majeures telles que la pandémie de COVID‑19, les tensions géopolitiques et les défis climatiques.
Alors que les discussions et les votes informels avancent au sein du Conseil de sécurité, la campagne des candidats se poursuit sur tous les fronts diplomatiques. Chaque délégation nationale mène des consultations intensives pour rassembler des soutiens, non seulement au sein du Conseil mais aussi parmi les États membres de l’Assemblée générale. L’équilibre entre expérience technique, représentativité régionale, capacité de leadership et soutien politique devient alors le principal critère de décision pour les acteurs internationaux.
En fin de compte, même si le retrait du soutien du Chili constitue un coup dur pour Michelle Bachelet, il n’est pas éliminatoire. L’issue de cette course dépendra d’un jeu complexe d’alliances diplomatiques et de négociations de haute volée. L’ONU, organisation qui incarne la coopération internationale, s’apprête à élire à sa tête un leader capable de répondre aux défis du XXIᵉ siècle, dans un monde en pleine mutation.
Aboubacar SAKHO
Expert en Communication
L’article ONU : Michelle Bachelet perd le soutien du Chili, la course s’intensifie [Par Aboubacar Sakho] est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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