Ninguélandé (Pita) : quand l’absence de poste de santé met en péril des vies à Foyé Bourouwal

il y a 4 heures 17
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Disposer d’infrastructures sociales de base demeure un défi majeur dans plusieurs localités de l’intérieur du pays. Routes impraticables, écoles insuffisantes, manque d’eau potable et d’électricité sont des réalités qui pèsent lourdement sur le quotidien des populations rurales. À cela s’ajoute un autre déficit tout aussi crucial, celui des infrastructures sanitaires. Dans de nombreuses zones reculées, l’accès aux soins reste un véritable parcours du combattant. Le district de Foyé Bourouwal, relevant de la sous-préfecture de Ninguélandé, dans la préfecture de Pita, en est une illustration frappante. Cette localité ne dispose toujours pas d’un poste de santé fonctionnel, exposant ses habitants à d’énormes risques sanitaires, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Depuis plusieurs décennies, les populations de Foyé Bourouwal sont contraintes de parcourir de longues distances pour se faire soigner. Autrefois, les malades étaient transportés à dos d’homme, dans des hamacs, vers les centres de santé ou les hôpitaux préfectoraux et régionaux. Avec l’apparition des engins roulants, un espoir est né. Mais cet espoir s’est vite heurté à la réalité : le coût élevé du transport et l’état déplorable des routes rendent l’accès aux soins toujours aussi difficile. Une situation qui aggrave la vulnérabilité des habitants, déjà confrontés à l’enclavement et à l’absence d’infrastructures sanitaires.

Face à cette réalité alarmante, la communauté a décidé de prendre son destin en main en initiant la construction d’un poste de santé avec les moyens de bord. Un projet salutaire, mais aujourd’hui à l’arrêt, faute de moyens financiers.

Boubacar Diallo, chef du poste de santé de Foyé Bourouwal en phase de construction, explique la genèse du projet et les difficultés rencontrées par la communauté pour mener à terme les travaux.

Boubacar Diallo, chef de poste de santé de Foye Bourouwal

« Le bâtiment que vous voyez derrière moi, c’est le poste de santé de Bourouwal qui est en construction, financé par la communauté. Mais ils sont venus jusqu’à un certain point : les moyens leur manquent vraiment, ils n’ont pas pu terminer jusqu’à présent, vu le manque de moyens. La volonté est là, mais les moyens ne le permettent pas. Ils ont commencé la construction il y a à peu près un an et quelques mois. Jusqu’à présent, ils sont arrivés à un certain niveau, mais tout est bloqué par manque de moyens », a-t-il déclaré.

Le chef de poste détaille la composition du bâtiment en construction et les motivations profondes qui ont poussé la communauté à s’engager dans ce projet sanitaire vital. « Ce bâtiment est composé de sept (7) pièces, dont la CPC, la salle de consultation, la salle d’observation, la salle d’accouchement, la pharmacie et le point de vente. En fait, pour le point de vente, il y a la salle de soins. En plus, il y a la salle d’accueil et le petit magasin. Ce sont les sept pièces qui composent le bâtiment. Ce qui a motivé la communauté à construire ce centre, c’est que la population est là, la demande est là, mais il n’y avait pas de poste de santé. Vu la demande, ils ont décidé de construire eux-mêmes leur propre poste de santé. Mais par manque de moyens, ils se sont retrouvés bloqués », a fait savoir l’agent de santé.

Par ailleurs, Boubacar Diallo est revenu sur les conditions extrêmement difficiles d’évacuation des malades, notamment avant et même après le lancement du chantier du poste de santé. « Avant mon arrivée ici, quand quelqu’un tombait malade, on le prenait sur des hamacs et on le transportait au centre de santé. On appelait des jeunes, parce que, vu le calvaire de la route, l’accessibilité n’est pas facile. Les véhicules ne viennent pas comme on le souhaite, sauf si vous avez les moyens. Ce sont généralement des 4×4, et encore, ce n’est pas accessible à tout le monde. Vu ce problème, quand quelqu’un tombait malade, on le prenait sur des hamacs. C’est pourquoi la population a décidé de chercher à construire elle-même un poste de santé. C’est ce qui les a motivés à construire ce poste de santé. »

En outre, l’agent de santé met en lumière les risques liés aux urgences médicales, notamment pour les femmes enceintes, dans une zone où l’accès aux véhicules reste très limité. « Je suis là de façon permanente, mais c’est obligatoire de référer certains cas, parce que le poste de santé ne peut pas gérer toutes les pathologies. Il y a des cas qu’il faut référer. Par exemple, si une femme vient en travail et qu’on constate qu’elle ne peut pas accoucher normalement, il faut la référer au centre de santé. Mais pour qu’elle soit admise au centre de santé, il faut la transporter dans les hamacs, parce que c’est un cas d’urgence. On ne peut pas appeler des véhicules pour des cas d’urgence et espérer les avoir rapidement. Parfois, cela fait deux semaines, trois semaines qu’on voit des 4×4 passer. S’il n’y a pas de véhicule, il faut transporter la personne dans des hamacs », réitère-t-il.

Conscient des limites de l’action communautaire, Boubacar Diallo lance un plaidoyer solennel à l’endroit des plus hautes autorités du pays, en particulier le président de la République. « À mon avis, nous n’avons pas d’autres personnes à qui nous adresser que le président de la République, M. Mamadi Doumbouya. C’est à lui que nous allons demander, parce que la Guinée est une famille, la Guinée est indivisible. Vu aussi ses préoccupations pour le désenclavement des villages, nous lui demandons vraiment de nous aider à finir ce poste de santé dans les meilleures conditions. On ne peut pas parler de poste de santé sans bâtiment, et on ne peut pas parler non plus de personnel de santé sans poste de santé », a plaidé notre interlocuteur.

Enfin, le chef de poste attire l’attention sur un autre problème majeur : le manque de personnel de santé qualifié dans les zones rurales, où le système repose largement sur des bénévoles. « Nous demandons encore au président de la République, le général Mamadi Doumbouya, de recruter du personnel de santé, surtout pour ceux qui viennent travailler à l’intérieur du pays. Par exemple, chez nous à l’intérieur, il est rare de voir des personnels titulaires. Il n’y a presque que des bénévoles dans les localités. Par exemple, vous pouvez voir quelqu’un qui est là : il n’est ni contractuel communautaire ni contractuel de l’État. C’est un problème. Or, ces personnels font des vaccinations. Il y en a même qui traversent des rivières pour venir vacciner ou pour aller vacciner des enfants. Il y a beaucoup de problèmes derrière tout cela. Nous demandons donc au président de la République d’engager les personnels de santé, comme il l’a fait dans le secteur de l’éducation », a lancé Boubacar Diallo.

Depuis Ninguélandé, Mamadou Laafa Sow envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (+224) 622 919 225

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