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Entre 2021 et 2023, j’ai eu l’honneur de travailler comme Consultant pour le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), dans le cadre du projet de Renforcement de la Gestion des Frontières, de la Cohésion sociale et de la Sécurité Frontalière dans la région du BEC de Perroquet réalisé conjointement avec l’OIM, ITC, OMS et PNUD. Ma mission s’est déroulée dans la région stratégique du Bec de Perroquet, un espace frontalier où les réalités sociales, sécuritaires et économiques se croisent quotidiennement.
Durant cette période, j’ai contribué à la mise en œuvre de deux initiatives importantes : un projet de lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) et les dynamiques migratoires, et un projet de renforcement de la gestion des frontières, de la cohésion sociale et de la sécurité frontalière. À travers ces missions, j’ai pu mesurer à quel point les frontières peuvent être à la fois des lieux de vulnérabilité et des espaces d’opportunités pour la coopération.
Entre les discours politiques et la réalité du terrain, il existe souvent un décalage. Pour ma part, ma conviction en faveur du dialogue entre la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia ne repose pas uniquement sur une réflexion théorique. Elle est le fruit direct de mon expérience professionnelle sur les zones frontalières.
Concrètement, mon travail m’a conduit à renforcer les capacités de plus de 150 acteurs vivant dans les zones frontalières. J’ai ainsi travaillé directement avec des maires, des sous-préfets, des responsables des gardes-frontières, des chefs de police, des responsables d’unités militaires déployées à la frontière, mais aussi avec des représentants de la société civile, des organisations de jeunes et des associations de femmes.
À travers les sessions de formation que j’ai animées, j’ai cherché à transmettre des outils concrets pour mieux comprendre les enjeux de sécurité frontalière, de cohésion sociale et de culture de la paix. Mon objectif était d’améliorer les connaissances des membres des Unités Conjointes de Sécurité et de Restauration de la Confiance pour la cohésion sociale et la sécurité (UCSRC) dans le BEC de Perroquet ainsi que des personnes ressources impliquées dans la gestion des frontières.
Dans mes formations, j’ai particulièrement insisté sur plusieurs thèmes essentiels : la cohésion sociale, la prévention et la gestion des conflits, la culture de la paix, ainsi que la place du genre dans la gouvernance des espaces frontaliers. Mon expérience m’a montré que la gestion des frontières ne peut être efficace sans l’implication des communautés locales et sans une véritable culture du dialogue.
Les UCSRC, avec lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler étroitement, jouent un rôle essentiel dans cette dynamique. J’ai pu constater sur le terrain qu’elles constituent des mécanismes locaux précieux pour prévenir les tensions et résoudre les incidents mineurs liés à la sécurité frontalière. Leur mission est notamment d’organiser des contrôles conjoints de frontière, de favoriser les relations cordiales entre les populations des zones frontalières à travers des activités sociales, culturelles et sportives, mais aussi de faciliter les échanges d’informations concernant les questions de sécurité.
Ce qui m’a particulièrement marqué dans mon travail avec ces structures, c’est leur caractère profondément inclusif. Les UCSRC rassemblent en effet des représentants de l’administration locale, des autorités coutumières, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des représentants des jeunes et des femmes. Elles sont apolitiques, élisent leur président sur une base rotative et se réunissent régulièrement pour discuter des défis sécuritaires et communautaires dans leurs communes.
À travers mes missions dans cette région frontalière, j’ai surtout appris une leçon fondamentale : les populations vivant aux frontières comprennent souvent mieux que quiconque l’importance du dialogue et de la coopération. Dans leur vie quotidienne, les liens familiaux, les échanges commerciaux et les solidarités communautaires dépassent largement les frontières administratives.
C’est pourquoi, à la lumière de mon expérience professionnelle sur le terrain, je reste convaincu que le dialogue doit toujours primer dans la gestion des différends frontaliers entre la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia. Nos trois pays partagent non seulement des frontières, mais aussi une histoire, des cultures et des communautés profondément entremêlées.
Mon expérience avec les programmes mis en œuvre par le Programme des Nations Unies pour le développement, en collaboration avec l’OIM, ITC et OMS, m’a confirmé que la paix durable dans les zones frontalières repose avant tout sur la coopération, le dialogue et la confiance entre les communautés et les institutions.
Aujourd’hui plus que jamais, je reste persuadé que les frontières entre la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia doivent être perçues non comme des lignes de division, mais comme des espaces de coopération et de fraternité.
Car mon expérience sur le terrain me l’a appris clairement : là où le dialogue existe, la paix devient possible.
Adama Cherif CAMARA
Doctorant en Sciences Humaines et Sociales (SHS)
Consultant, Expert et Spécialiste en Genre et Développement
Consultant en EDI (Egalité – Diversité et Inclusion)
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