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À l’approche du mois saint de Ramadan et du Carême chrétien, le ministère de l’Industrie et du Commerce renforce son dispositif pour assurer l’approvisionnement correct du marché national en produits de première nécessité. Dans cette dynamique, la ministre Fatima Camara, accompagnée du directeur du Commerce intérieur, Mohamed Traoré, a entrepris ce mardi 17 février 2026 une série de visites dans plusieurs entrepôts de stockage de la capitale.

La mission a débuté dans un entrepôt de sucre situé au quartier Concasseur. Pour s’assurer de la conformité des produits, la ministre a personnellement demandé l’ouverture d’un sac afin d’en apprécier la qualité. La délégation a ensuite inspecté les installations de la marque CIAO ainsi que celles du Grand Moulin de Guinée, implantées à Kaloum. Sur chaque site, les responsables ont présenté les capacités de stockage et les volumes disponibles.
La visite s’est poursuivie dans une autre base logistique de CIAO, où d’importantes quantités de marchandises sont prêtes à être expédiées vers les différentes régions de l’intérieur du pays.

À l’issue de cette tournée, la ministre a rappelé l’existence d’un mécanisme de coordination entre les acteurs concernés : « Nous avons signé un protocole d’entente entre la douane, la chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat et le ministère de l’Industrie et du Commerce. Le but de notre visite aujourd’hui est de faire un tour au niveau des grands importateurs pour nous rassurer que les denrées de très grande consommation sont effectivement disponibles et que le stock va être acheminé au niveau de l’intérieur du pays. Donc voilà un peu l’objet de notre visite aujourd’hui. »
Elle a également précisé le début de l’acheminement chez certains opérateurs : « Cet importateur que nous avons rencontré ce matin est en train d’acheminer du sucre vers l’intérieur du pays. »
La ministre a profité de l’occasion pour rappeler les principes du marché guinéen, tout en insistant sur la nécessité d’un encadrement étatique : « Je voudrais rappeler ici à la population guinéenne qu’au niveau de la Guinée, l’économie de marché est basée sur la libre concurrence. Donc ce protocole d’entente nous permet d’encadrer afin que cela ne se ressente pas trop sur les ménages. Ces prix plafonds permettent de limiter, mais pour que vraiment les importateurs n’excèdent pas les prix qui ont été fixés, je profite aussi de cette occasion, d’entrée de jeu, pour remercier tous ces importateurs qui fournissent assez d’efforts pour ravitailler et approvisionner les différents marchés au niveau de Conakry et à l’intérieur du pays. »
Satisfaite des constats effectués, elle a assuré la poursuite de ces activités à l’intérieur du pays : « Lorsqu’on revoit le tour qu’on a eu à faire et qu’il va se faire aussi au niveau de l’intérieur du pays à travers nos deux directions, la direction du Commerce intérieur et de la Concurrence, ainsi que la direction de l’Industrie et nos inspecteurs aussi qui vont se mettre à la tâche. »
Le directeur du Commerce intérieur et de la Concurrence a, quant à lui, défendu les prix plafonds récemment annoncés : « Hier, vous avez dû entendre parler des prix plafonds. Il faut rassurer la population que le prix plafond est un mécanisme de régulation pour protéger le pouvoir d’achat du consommateur. Cela ne veut pas dire que le prix indiqué est le prix fléché à être observé en tant que prix de vente. Vous comprendrez que, dans la plupart des marchés d’ailleurs, les prix pratiqués sont un peu en dessous de ce prix. Mais l’objectif pour le département, c’est de s’assurer que, quelles que soient les augmentations fantaisistes, ces prix-là ne soient pas excédés. Une fois dépassé, cela constitue une infraction parce que nous avons calculé l’ensemble des charges des opérateurs. Nous avons regardé le revenu des ménages et nous nous sommes mis d’accord, dans une concertation, que ce sont des prix maximums qui peuvent être appliqués sur le marché. »
Illustrant ses propos par un cas concret, Mohamed Traoré a indiqué : «Aujourd’hui, par rapport au sucre, le sac de 50 kg ne doit pas excéder 350 000 à Conakry. Vous verrez des prix pour l’intérieur du pays en fonction de la distance et des manutentions. Chaque préfecture aura un prix plafond et, heureusement qu’il y a de la concurrence, vous allez voir que les différents opérateurs vont fixer des prix différents, mais tous ces prix doivent être au-dessous du prix plafond. Pour toutes les denrées, on a décidé de plafonner les prix parce qu’avant, ce qu’on remarquait, c’est que chaque commerçant pouvait fixer le prix qu’il voulait. D’une boutique à une autre, on peut voir des variations de 10 000, 15 000, 20 000, 30 000. Cela n’est plus possible. »
Il a enfin tiré la sonnette d’alarme contre tout manquement aux nouvelles dispositions : « Dès que c’est fait, c’est une mauvaise volonté et, en ce moment, on doit réprimer. C’est pourquoi le numéro vert 142 existe pour que les gens soient vigilants. Aujourd’hui, il y a une baisse sur quelques denrées. Il y a aussi une augmentation légère sur quelques denrées. Il faut comprendre que notre mécanisme est de réguler pour ne pas que le commerçant fixe ses prix quand il le veut, mais pour que le citoyen soit protégé dans son exercice d’achat. »
Revenant sur les démarches entreprises en amont, le directeur a insisté sur la disponibilité réelle des produits :
« C’est ce que veut dire prix plafond. Donc on compte sur vous pour relayer cette bonne information et, ensemble, on va passer un bon Ramadan parce que les denrées sont disponibles en quantité et en qualité. Vous avez vu tout à l’heure, Madame la Ministre a exigé qu’on ouvre un sac de sucre pour qu’on puisse apprécier la qualité. C’est pour dire que la population peut compter sur le département dans sa protection, mais aussi dans son soulagement. Depuis plusieurs semaines déjà, des inventaires ont eu lieu pour identifier les stocks disponibles. Madame la Ministre, soucieuse de la véracité de toutes ces informations, a décidé elle-même de faire le tour de quelques entrepôts pour voir de visu que les directives qui sont données pour approvisionner les marchés intérieurs sont en cours. Et c’est ce que nous constatons ce matin ici, avec tous ces camions à destination de l’intérieur du pays. »

À travers cette tournée de terrain, le département de l’Industrie et du Commerce entend ainsi anticiper toute spéculation et garantir un accès équitable aux denrées de grande consommation, dans un contexte de forte demande liée aux périodes de jeûne et de prière.
Mayi CISSÉ
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