Marché de Cosa : « le manque de recettes a conduit à ce bail de 60 ans… Nous pourrions percevoir 85 millions GNF par mois » (PDS Lambanyi)

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Les commerçants du marché de Bantounka 1, dans la zone de Cosa ont manifesté lundi pour protester contre le bail de leur lieu de négoce. Ils sont sommés de libérer les lieux avant la deuxième quinzaine du mois d’avril.

Ils soupçonnent le président de la délégation spéciale de Lambanyi d’avoir orchestré ce bail, en complicité avec un opérateur économique, pour une période d’environ 60 ans.

Face à ces accusations, le concerné Fafa M’Bira Mané, est sorti de sa réserve pour éclairer l’opinion sur cette actualité qui l’accable. C’était à l’occasion d’un point de presse qu’il a animé ce mardi 25 mars 2025.

D’entrée, il a rappelé qu’il s’agit d’un bail dont ils ont hérité. Selon lui, il a été conclu au moment où Lambanyi relevait de la commune de Ratoma, soit une année après son installation en qualité de président de la délégation spéciale.

Toutefois, deux facteurs justifient cette démarche : le déficit de recettes et le souci d’éviter que le marché ne soit transformé en un lieu de prostitution, à l’image du marché Kiroty.

« Ce qui a conduit à ce bail, c’est le manque de recettes. L’État met la terre à disposition, mais lorsque les occupants refusent de payer la commune, il faut chercher une autre solution. La décentralisation est flexible, et la loi autorise une collectivité à céder l’exploitation d’un marché à un investisseur si la gestion municipale ne fonctionne pas. Si ça ne va pas, on prend le marché et on le donne à un seul individu qui va vous payer selon ce que vous avez convenu. Cela permettra à la commune de payer certains fonctionnaires contractuels qu’elle a recrutés », a-t-il entamé.

La commune tirerait d’énormes profits de ce bail. À l’issue d’un avenant discuté entre les conseillers communaux, les techniciens, le preneur et ses avocats, le président de la délégation spéciale a révélé que la mairie espère générer mensuellement entre 70 et 85 millions GNF. D’où les motivations de cette option.

« Je confirme que c’est par manque de rentabilité que le marché a été mis en bail. Si ce bail est réalisé, nous avons fait un avenant qu’on a discuté entre techniciens, conseillers, le preneur et ses avocats. Nous pourrions alors percevoir 85 millions GNF par mois. En plus, le marché sera modernisé, et le bailleur mettra 65 milliards de francs guinéens à la disposition de la collectivité. Nous avons voulu moderniser ce marché afin d’éviter ce qui s’est passé au marché de Kiroty, où nous avons trouvé 3 ou 4 mineures de 15 ans par boutique transformées en chambres. Si le marché de Cosa est modernisé, il n’y a aucune raison pour qu’il y ait des chambres de passage à la place des supermarchés que le bailleur nous propose », a-t-il indiqué.

Parlant de la durée du contrat, qui suscite des grincements de dents, le conférencier a souligné que c’est un contrat qui s’étend sur 60 ans, une durée qu’il juge excessive. En s’appuyant sur des données mathématiques, il a souligné qu’un bail se calcule en fonction de l’étendue du marché, de la superficie et du coût des infrastructures à réaliser.

« Malheureusement, nous avons hérité d’un contrat de 60 ans, ce qui est excessif. Si j’avais été à la place de l’équipe sortante, je n’aurais jamais signé un tel engagement. Normalement, un maire élu pour 5 ans peut signer un bail allant jusqu’à 10 ou 15 ans maximum, mais pas au-delà », a-t-il martelé.

S’agissant des jeunes manifestants contre ce bail, Fafa M’Bira Mané a déclaré qu’ils ne défendent que leurs intérêts personnels au détriment du collectif. Il révèle qu’ils ont demandé au bailleur s’il pouvait leur payer 35 millions de francs guinéens par boutique afin qu’ils amènent les autres commerçants à renoncer à leurs revendications.

Interrogé sur une éventuelle option de récupération du marché pour le mettre à la disposition des frondeurs, il a rétorqué que ce n’était plus possible dans la mesure où ils ont reçu du bailleur un milliard GNF en guise de caution.

Enfin, il a invité les occupants à surseoir à toute forme de manifestation et à accepter de privilégier le dialogue, auquel il se dit disposé.

Alhassane Fofana

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