Kankan : où en est-on avec la relance annoncée du projet coton ?

il y a 10 heures 13
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Autrefois l’un des piliers majeurs de l’économie agricole en Haute-Guinée, le projet coton de Kankan, aujourd’hui devenu la Société cotonnière de Guinée, peine encore à retrouver son dynamisme d’antan après plusieurs années d’arrêt de ses activités. Ce long ralentissement, lié notamment à des dysfonctionnements techniques, à l’accumulation de dettes envers les producteurs et à l’existence d’importants stocks de coton non achetés, semble toutefois appartenir progressivement au passé. Mais concrètement, où en est la relance des activités récemment annoncée par la ministre de l’Agriculture ? Pour en savoir davantage, un des correspondants de Guineematin.com dans la préfecture est allé à la rencontre des principaux acteurs du secteur.

Dans l’enceinte de l’usine du projet coton, située au quartier Kankankoura, les installations donnent l’impression que tout est techniquement prêt pour une reprise officielle des activités. Un point de vue renforcé par Moussa Doumbouya, Directeur général de la Société cotonnière de Guinée, que nous avons rencontré sur place.

Moussa Doumbouya, directeur général de la société cotonnière de Guinée

« Aujourd’hui, la priorité de la Société cotonnière de Guinée reste les producteurs. La dynamique enclenchée grâce au président de la République et aux différents ministres qui se sont succédé à la tête du département de l’Agriculture est sincère. La relance de la société cotonnière est désormais une priorité pour l’ensemble du gouvernement. Si certains ont encore des doutes, qu’ils se rassurent : des activités sont déjà en cours et les moyens sont là. Les engrais sont disponibles, les produits phytosanitaires également, et des motoculteurs, même s’ils restent modestes en quantité, sont mis à la disposition des producteurs. Avec tout cet arsenal, pensez-vous vraiment que la relance soit impossible ? La reprise ne souffrira d’aucune ambiguïté », a-t-il déclaré.

S’agissant du paiement des dettes antérieures des producteurs et de l’achat des stocks de coton conservés depuis plusieurs années, le directeur général se veut également rassurant. « Lorsque je suis arrivé, les producteurs se sont confiés à moi et j’ai compris leurs préoccupations. Le problème n’était pas à leur niveau, mais plutôt de notre côté. Aujourd’hui, nous leur garantissons que les engrais seront disponibles à temps et que la commercialisation se fera également dans les délais. Il y a un an, la société avait une dette de plusieurs centaines de millions de francs guinéens envers les producteurs, une dette qui remontait à trois ans. Elle a été entièrement réglée. À ce jour, la société ne doit plus un franc à aucun producteur. Quant aux stocks de coton restés chez certains depuis trois ans, ils sont en train d’être collectés. D’ici la fin de ce mois de février, aucun producteur, que ce soit en Haute-Guinée, en Moyenne-Guinée ou en Guinée forestière, ne conservera encore du coton chez lui. Tout sera acheté et payé intégralement. Les producteurs peuvent donc renouveler leur confiance, une dernière fois », a-t-il assuré.

Rencontré également, le président de la Fédération des producteurs de coton s’est montré relativement optimiste face aux nouvelles initiatives engagées par les autorités. Elhadj Mamadi Kaba a réaffirmé l’engagement des producteurs à relancer la culture du coton. « Je suis dans la production du coton depuis 1985. Le secteur est entré en faillite à l’époque du régime du président Lansana Conté, alors que le ministre de l’Agriculture était Jean-Paul Sarr. Depuis lors, plusieurs ministres se sont succédé et ont tenté de relancer la filière, sans succès. Mais les nouvelles annonces nous donnent un peu d’espoir. Le coton a été, par le passé, une activité très rentable pour de nombreuses familles. Aujourd’hui, nous constatons plusieurs initiatives des nouvelles autorités qui peuvent favoriser la relance. Ce que nous souhaitons, c’est que cela se traduise concrètement sur le terrain. Les engrais et les motoculteurs sont disponibles, mais il faut qu’ils soient mis à la disposition des producteurs à temps afin qu’ils puissent commencer la culture dans les délais. Il ne suffit pas d’envoyer les intrants et les équipements, il faut aussi qu’ils parviennent effectivement aux producteurs. Nous espérons que ce gouvernement réussira là où les précédents ont échoué », a-t-il souligné.

Pour Elhadj Mamady Kaba, imam reconverti en agriculteur, l’arrêt du projet coton a contribué à l’essor de l’exploitation artisanale de l’or dans la région. Une activité qu’il juge moins bénéfique pour le développement du pays.

Elhadj Mamadi kaba, président de la Fédération des producteurs de coton

« L’arrêt du projet coton a poussé de nombreux producteurs à se tourner vers les mines. Pourtant, ce que l’agriculture peut apporter au pays, les mines ne peuvent pas toujours l’offrir. Si la relance annoncée devient effective, je suis convaincu que cela pourrait réduire considérablement l’exploitation artisanale de l’or », a-t-il expliqué.

Selon nos constats sur le terrain, l’usine du projet coton, longtemps laissée à l’abandon et presque à l’agonie, a récemment bénéficié d’importants travaux d’entretien. Techniquement, plusieurs installations semblent désormais prêtes pour la reprise des activités. Toutefois, dans la population, certains citoyens restent prudents face à cette annonce, après plusieurs promesses de relance qui n’ont pas toujours été suivies d’effets.

De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com

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