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Les femmes de l’Université Julius Nyerere de Kankan ont célébré en différé la Journée internationale des droits de la femme, ce samedi 25 avril 2026. Elles ont organisé une conférence-débat sous le thème « Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles » pour rappeler aux femmes et jeunes filles leurs droits fondamentaux. La cérémonie s’est déroulée dans la salle de réunion de la bibliothèque universitaire, en présence des cadres du Rectorat et de la directrice préfectorale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Kankan, rapporte un correspondant de Guineematin.com dans la ville.
Cette rencontre a servi de tribune pour interpeller la communauté universitaire sur la nécessité de renforcer l’égalité entre les sexes, de combattre les stéréotypes et d’encourager davantage le leadership féminin dans l’enseignement supérieur.
Prenant la parole, Mariame Doubaro, cheffe du service Genre et Équité de l’Université Julius Nyerere de Kankan, a livré un message fort en rappelant la portée réelle de cette journée.
Mariame Doubaro, cheffe du service Genre et Équité de l’Université Julius Nyerere de Kankan (1)Mariame Doubaro, cheffe du service Genre et Équité de l’Université Julius Nyerere de Kankan« Aujourd’hui, nous ne célébrons pas une simple date ; nous célébrons un combat. Le combat de millions de femmes qui, dans leur quotidien, sur leur lieu de travail, dans leur famille ou dans l’espace public, se heurtent encore à des murs invisibles : le plafond de verre, les violences sexistes, les stéréotypes qui confinent les rêves », a-t-elle déclaré.
S’adressant au personnel enseignant et scientifique, elle a souligné le rôle central de l’université dans la transformation des mentalités.
« Vous êtes les passeurs de savoir, mais aussi les modèles. Par vos travaux, vos publications, vos directions de thèse, vous avez le pouvoir de déconstruire des siècles de biais académiques », a indiqué Mariame Doubaro, avant d’interroger : « Combien d’études ont ignoré le genre ? Combien de découvertes scientifiques ont oublié qu’une femme n’est pas un homme en version réduite ? », a-t-elle lancé.
Face aux étudiantes, elle a appelé la jeunesse universitaire à incarner le changement.
« Vous êtes la génération décisive. Vous ne subissez pas l’égalité, vous l’incarnez. Stop aux remarques sexistes en salle de cours ! Stop à l’autocensure des jeunes filles qui pensent que certaines disciplines ne sont pas pour elles ! Ne laissez personne vous dire que vous êtes trop sensibles, trop ambitieuses ou pas assez légitimes ! Votre place est dans ces amphis, dans ces labos, dans ces bibliothèques. Votre voix est nécessaire », a-t-elle assuré.
Concluant son intervention sur une note solennelle, Mariame Doubaro a affirmé que « le 8 mars n’est pas un jour de repentance. C’est un jour de réveil. Ensemble, faisons de cette université un modèle d’équité. Non pas un lieu où l’on tolère la différence, mais où l’on célèbre l’égale dignité de chaque esprit ».
De son côté, le recteur de l’Université Julius Nyerere de Kankan, le Pr Moustapha Sangaré, a salué les avancées enregistrées en Guinée en matière de promotion féminine.
« Nous saluons la nomination de plusieurs femmes à de hautes responsabilités : ministres, gouverneures, directrices générales, magistrates. Nous saluons les programmes d’autonomisation économique, les centres d’apprentissage pour les jeunes filles et la volonté affichée de lutter contre les violences basées sur le genre », a-t-il déclaré.
Le recteur a toutefois estimé que les efforts doivent être intensifiés. « La femme ne demande pas la charité. Elle demande l’équité. Plus d’accès à la terre et au financement pour nos sœurs rurales. Une femme qui produit, c’est la faim qui recule. Plus de financements pour la formation de nos sœurs enseignantes-chercheuses et étudiantes des universités. La tolérance zéro contre les violences faites aux femmes. Le maintien des filles à l’école jusqu’au bout de leur cursus. Plus d’opportunités d’emploi fondées sur la compétence », a-t-il martelé.
Pr Moustapha Sangaré , recteur de l’université Julius Nyerere de KankanPour terminer, le Pr Moustapha Sangaré a résumé sa vision en ces termes : « La femme guinéenne n’est pas l’avenir. Elle est le présent qui construit l’avenir. Investir en elle n’est pas une dépense. C’est le meilleur investissement pour la République», a-t-il souligné.
Clôturant la cérémonie, la directrice préfectorale de la Femme, de la Famille et des Solidarités de Kankan a exprimé sa satisfaction face à la mobilisation des femmes universitaires et à la qualité des échanges. Elle a salué une initiative qui, selon elle, contribue à éveiller les consciences, à renforcer les capacités des femmes et à promouvoir une société plus juste, équitable et inclusive.
De Kankan, Souleymane Kato Camara pour Guineematin.com
The post Kankan : les femmes de l’Université Julius Nyerere appellent à l’action pour l’égalité first appeared on Guineematin.com.
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