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L’autorité de régulation des postes et des télécommunications ( ARPT), dans un communiqué diffusé lundi 30 mars 2026 a décidé de mettre fin à la fourniture de l’Internet appelé « Wifi-Zone » dans les quartiers. Cette decide suscite de vives réactions au sein de la jeunesse entrepreneure.
Interrogé sur la question par la rédaction de Mosaiqueguinee.com, Minkael Bangoura, jeune entrepreneur exprime son inquiétude face à une mesure qui, selon lui, pourrait fragiliser des milliers d’initiatives locales.
« Hier nuit, vers 21h, j’ai reçu un appel d’un de mes proches. Il m’a dit avoir vu une publication sur la page de l’ARPT indiquant qu’ils voudraient interdire le Wi-Fi zone en Guinée. Je me suis alors dit que ce n’est pas une bonne idée. Avant d’interdire le Wi-Fi zone en Guinée, ils devraient au moins nous consulter, surtout s’il s’agit de réglementer le secteur », déplore-t-il.
Dans un contexte marqué par le chômage des jeunes et les départs clandestins vers l’Europe, notamment via la Méditerranée, Minkael Bangoura insiste sur l’importance de ces microprojets.
« Quand j’y pense, je vois ces jeunes Guinéens qui partent mourir en Méditerranée parce qu’ils cherchent une vie meilleure. Ils disent qu’en Guinée, il n’y a pas d’argent, qu’on ne peut pas y vivre ni réussir. Nous, les jeunes qui avons des ambitions en Guinée, avons décidé de prendre notre destin en main et d’investir dans notre pays. Personnellement, j’ai des amis qui ont dépensé plus de 100 millions pour aller jusqu’au Nicaragua, et ils sont revenus sans rien. Leur argent est parti en fumée. D’autres ont tenté de traverser la Méditerranée et y ont malheureusement perdu la vie », souligne-t-il.
Selon lui, les activités de Wi-Fi zone représentent aujourd’hui une véritable bouffée d’oxygène pour de nombreux jeunes.
« Aujourd’hui, certains Guinéens ont décidé de se lancer dans des microprojets. Grâce à cela, nous arrivons à nourrir nos familles au quotidien. Si l’État vient maintenant nous dire d’arrêter, je trouve cela anormal. Les autorités doivent revoir leur communication afin de ne pas compromettre l’avenir de certains jeunes. Car lorsqu’un jeune ne travaille pas, il peut facilement tomber dans la délinquance », explique-t-il.
Plutôt qu’une interdiction, il plaide pour une meilleure organisation du secteur.
« Ils peuvent par exemple, instaurer une caution annuelle. Nous pourrions nous organiser et nous associer pour continuer cette activité. Aujourd’hui, grâce au Wi-Fi zone en Guinée, certains jeunes arrivent à s’acheter une voiture. Moi-même grâce à cette activité, j’ai acheté une voiture et j’ai voyagé deux fois à Dubaï. Nous avons décidé d’investir notre argent dans le Wi-Fi zone. Nous interdire cette activité reviendrait à nous empêcher de vivre normalement dans notre propre pays. Actuellement, en Guinée, nous sommes plus de 1 000 personnes dans ce secteur. C’est devenu une véritable activité économique pour nous. Par exemple, moi, j’ai un Wi-Fi zone avec plus de sept employés que je paie chaque mois, et qui arrivent à subvenir aux besoins de leurs familles grâce à ce travail », avertit-il.
Alors que les autorités guinéennes mettent en avant la promotion de l’emploi et de l’entrepreneuriat dans leur politique publique, ce débat sur le Wi-Fi zone pose la question de l’équilibre entre régulation et soutien aux initiatives locales.
Sam Bantignel
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il y a 1 heur
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