CRIEF : un greffier de l’ancienne Cour constitutionnelle réclame plus de 2 milliards GNF à Mohamed Lamine Bangoura et autres

il y a 3 heures 20
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Constitué partie civile aux côtés de l’État guinéen, Lanciné Kanko Kourouma, greffier à la défunte Cour constitutionnelle, a été entendu ce lundi 30 mars 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Il reproche à Mohamed Lamine Bangoura, ex-président de la Cour constitutionnelle, ainsi qu’à ses co-prévenus, de refuser d’avoir détourné son salaire. Il réclame plus de 2 milliards de francs guinéens, ainsi que les avantages liés à ses fonctions de greffier, et le préjudice moral subi suite à ce qu’il qualifie d’« injustice ». Raison pour laquelle, d’ailleurs, il a sollicité l’actualisation de sa demande.

Dans ses explications, le plaignant est revenu sur l’origine de cette « injustice » dont il affirme avoir été victime sous le magistère de Mohamed Lamine Bangoura, alors président de la Cour constitutionnelle. Lanciné Kanko Kourouma considère ce qui lui est arrivé comme une sanction de la part de ce dernier.

D’abord, pour avoir assisté Kéléfa Sall, prédécesseur de son bourreau, en tant que greffier, lors du tirage au sort pour le renouvellement de l’équipe composant la Cour constitutionnelle.

Ensuite, il évoque l’échange de courriers entre Mohamed Lamine Bangoura et le greffier en chef d’alors, Daye Kaba. Ces courriers portaient sur la non-expédition de l’arrêt de destitution de feu Kéléfa Sall. Le plaignant rapporte que ni le greffier en chef Daye Kaba, ni ses suppléants n’ont assisté à cette audience sanctionnée par cet arrêt. « Il (Daye Kaba) a dit qu’il ne peut pas expédier un arrêt auquel il n’a pas assisté à l’audience », a laissé entendre Lanciné Kanko Kourouma, qui a dénoncé par ailleurs une ordonnance prise par le prévenu Mohamed Lamine Bangoura, limitant le rôle du greffe.

Pour ces deux raisons, depuis son détachement en 2015, il affirme avoir toujours continué à percevoir un salaire de 3 millions de francs guinéens, alors qu’il devait être payé à hauteur de 16 millions 500 mille francs guinéens en qualité de greffier à la Cour constitutionnelle. Il ajoute qu’après le décès de Daye Kaba, il a bénéficié d’une ordonnance signée par Mohamed Lamine Bangoura en 2020, le désignant greffier en chef par intérim. Et puisque ce dernier percevait 25 millions de francs guinéens comme salaire, son traitement devait connaître une augmentation, étant donné qu’il assurait cette nouvelle fonction. Soit un passage de salaire de 16 millions 500 mille à 25 millions de francs guinéens.

Avant de renvoyer l’audience au 1er avril 2026 pour la poursuite des débats, la Cour a déclaré recevable sa demande d’actualisation de la réclamation formée.

L’audience de ce lundi a également été marquée par l’annonce de la non-exécution des mesures ordonnées par la Cour. À la date du 23 mars dernier, celle-ci avait ordonné à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) de communiquer les relevés de comptes de la Cour constitutionnelle d’octobre 2018 à septembre 2021. Par la même occasion, elle avait instruit le directeur de la banque UBA de fournir les relevés de Sidiki Sylla, l’un des prévenus. Il est poursuivi aux côtés de Mohamed Lamine Bangoura, ancien président de la Cour constitutionnelle, Amadou Diallo et Rouguiatou Barry pour des faits présumés de détournement de deniers publics, corruption, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité, portant sur 20 milliards de francs guinéens.

Lébêré Baldé

L’article CRIEF : un greffier de l’ancienne Cour constitutionnelle réclame plus de 2 milliards GNF à Mohamed Lamine Bangoura et autres est apparu en premier sur Mediaguinee.com.

Lire l'article en entier