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Plus de 200 migrants originaires d’Afrique de l’Ouest sont portés disparus depuis plus d’un mois après le départ de leur embarcation de la Gambie en direction des îles Canaries. L’information, rendue publique ce 9 janvier par le média InfoMigrants, ravive l’angoisse de centaines de familles dans la sous-région.
Une nouvelle tragédie migratoire pourrait s’être jouée sur la dangereuse route maritime des Canaries. Selon plusieurs sources, entre 200 et 300 migrants ont disparu dans l’océan Atlantique après le départ, le 5 décembre dernier, d’une pirogue surchargée depuis la localité de Djinack, dans le nord de la Gambie. Les passagers seraient originaires du Sénégal, de la Gambie, du Mali et de la Guinée.
Selon Omar Diop, porte-parole de l’association sénégalaise Boza Fii, engagée dans l’accompagnement des migrants et des familles de disparus, l’alerte concernant le départ de l’embarcation a été donnée le 27 décembre. Les recherches ont alors été immédiatement lancées, avec l’alerte des différents acteurs du sauvetage en mer.
Plus d’un mois après le départ, aucune trace de la pirogue n’a été retrouvée, alors que, dans des conditions normales, la traversée vers les îles Canaries dure entre quatre et sept jours.
L’inquiétude est vive dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où des dizaines de familles sont sans nouvelles de leurs proches. Cheikh Mamour Bâ, résident de Fass-Boye, dans l’ouest du Sénégal, témoigne qu’une femme d’une trentaine d’années, mère de six enfants, figure parmi les personnes portées disparues.
Ces derniers mois, les départs depuis la Gambie se sont intensifiés, notamment en raison du renforcement des contrôles migratoires au Maroc, au Sénégal et en Mauritanie. Cette pression pousse de nombreux candidats à l’exil à emprunter des itinéraires plus longs et particulièrement périlleux.
Cette disparition survient quelques jours seulement après un autre naufrage meurtrier. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, une embarcation transportant plus de 200 personnes a chaviré au large de Jinack, dans la zone frontalière entre le Sénégal et la Gambie. Selon le dernier bilan communiqué le 6 janvier par le gouvernement gambien, au moins 39 migrants ont perdu la vie.
Cent douze personnes ont pu être secourues, dont 23 hospitalisées, mais des dizaines d’autres restent portées disparues. Quelques heures après le drame, seuls sept corps avaient été repêchés.
En 2025, plusieurs embarcations transportant des corps de migrants ont été retrouvées dans les Caraïbes et en Amérique latine, parfois à plus de 5 000 kilomètres des côtes africaines, illustrant la violence des courants atlantiques et l’extrême danger de cette route.
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 personnes sont mortes ou portées disparues en 2025 sur la route des Canaries. L’année précédente, l’organisation avait recensé 9 757 décès ou disparitions, faisant de cet itinéraire maritime l’un des plus meurtriers au monde pour les migrants.
Alors que les recherches se poursuivent, l’espoir s’amenuise pour les familles des disparus. Une nouvelle fois, la route des Canaries rappelle le lourd tribut humain qu’elle continue d’imposer.
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il y a 21 heures
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