Guinée : un cadre de concertation lancé pour structurer le réseau des aires protégées et encadrer les compensations environnementales

il y a 1 heur 20
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La Guinée franchit une étape majeure dans la gouvernance de son patrimoine naturel. Le gouvernement a officiellement lancé, ce mardi, le cadre de concertation du Réseau guinéen des aires protégées (REGAP), un dispositif destiné à structurer la gestion des écosystèmes et à encadrer les mécanismes de compensation des pertes de biodiversité liées notamment au projet minier de Simandou.

La cérémonie a réuni autorités gouvernementales, partenaires techniques et financiers, représentants du secteur privé, de la société civile et des communautés locales, autour d’un objectif commun : concilier développement économique et préservation de la biodiversité.

Prenant la parole, le représentant de la Compagnie du TransGuinéen (CTG), Dr Moussa Bérété, a insisté sur la nécessité de repenser les grands projets d’infrastructures comme des projets territoriaux intégrés. « Le projet Simandou n’est pas seulement un projet de fer, de train et de port. C’est, avant tout, un projet de territoire », a-t-il affirmé, tout en soulignant que les 650 kilomètres d’infrastructures doivent coexister avec les écosystèmes traversés.

Il a également rappelé les efforts engagés en matière d’évaluations environnementales, de compensation des populations affectées et de restauration des moyens de subsistance, notamment au niveau des zones côtières.

Dans cette dynamique, la CTG s’engage à mettre en place un fonds dédié à la compensation de la biodiversité, avec une ambition claire : atteindre « zéro perte nette », voire un gain net pour les espèces menacées.

Une gouvernance indépendante, associant État, scientifiques, société civile et communautés locales, est envisagée pour garantir la transparence et la durabilité des actions.

De son côté, le représentant-résident du Groupe de la Banque mondiale, Issa Diao, a salué une initiative « structurante » face aux risques d’une gestion fragmentée des ressources naturelles. Il a rappelé que la richesse écologique de la Guinée constitue un levier essentiel de développement économique, citant plusieurs projets financés par l’institution dans les domaines de l’environnement, de la pêche et de l’accès à l’eau.

« La nature n’est pas un frein au développement, elle en est le socle », a-t-il indiqué, non sans plaider pour une approche intégrée et participative.

La ministre de l’Environnement et du Développement durable, Diami Diallo a,  quant à elle, mis en avant l’ambition du REGAP, qui prévoit de porter la couverture des aires protégées de 15% à 28% du territoire national d’ici 2030, se rapprochant ainsi de l’objectif international de 30 %.

Elle a insisté sur l’importance d’une démarche inclusive : « délimiter les aires protégées ne consiste pas à imposer des frontières, mais à construire avec les communautés, en tenant compte des réalités locales », a soutenu la ministre Diami Diallo.

Le gouvernement met également en avant, des avancées concrètes : renforcement des capacités humaines avec plus de 600 agents formés, dotation en équipements modernes, et mise en place progressive d’un fonds national pour la biodiversité, afin d’assurer un financement pérenne.

Clôturant la rencontre, le Premier ministre Amadou Oury Bah a appelé à une gestion lucide et équilibrée des ressources naturelles.

« Nous devons marcher sur deux jambes : transformer notre économie tout en protégeant notre environnement », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les risques d’une croissance non maîtrisée.

Il a également évoqué l’ambition de la Guinée d’inscrire le massif du Fouta Djallon au patrimoine mondial de l’UNESCO, soulignant l’importance stratégique de ce château d’eau pour toute l’Afrique de l’Ouest.

À travers ce cadre de concertation, la Guinée entend poser les bases d’un modèle de développement durable, où la valorisation des ressources naturelles s’accompagne d’une responsabilité accrue envers les générations futures.

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