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La Guinée a franchi des étapes importantes dans son processus de retour à l’ordre constitutionnel avec l’organisation du référendum constitutionnel le 21 septembre 2025, suivie de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Toutefois, contrairement à une opinion largement répandue, l’élection du président de la République ne suffit pas, à elle seule, à consacrer la fin de la transition et le rétablissement complet de l’ordre constitutionnel.
Depuis le 5 septembre 2021, date du coup d’État militaire ayant mis un terme à une décennie de pouvoir d’Alpha Condé, le pays évolue dans un cadre institutionnel transitoire. L’adoption d’une nouvelle Constitution et la tenue de l’élection présidentielle, remportée par le candidat sortant Mamadi Doumbouya, ont renforcé chez certains l’idée que la Guinée aurait définitivement tourné la page de la transition. Cette perception est d’autant plus entretenue par la disparition progressive de l’expression « président de la transition » dans le discours officiel.
Pourtant, la réalité institutionnelle demeure plus nuancée. Le retour effectif à l’ordre constitutionnel ne se limite ni à l’adoption d’une Constitution ni à l’élection du chef de l’État. Il suppose la mise en place complète et le fonctionnement effectif de l’ensemble des institutions prévues par la Loi fondamentale. Or, à ce jour, l’Assemblée nationale n’a pas encore été installée. Elle est provisoirement remplacée par un Conseil national composé de conseillers nommés, une configuration qui ne saurait se substituer durablement à un parlement issu du suffrage universel.
Dans le même temps, les collectivités territoriales restent administrées par des délégations spéciales nommées, en l’absence d’élections communales. Cette situation prolonge le caractère transitoire de la gouvernance locale et met en évidence l’inachèvement du processus démocratique à la base.
Par ailleurs, la nouvelle Constitution prévoit la création et l’opérationnalisation d’institutions judiciaires clés, notamment la Cour constitutionnelle, la Cour des comptes et la Haute Cour de justice. Ces organes, essentiels à l’équilibre des pouvoirs et au contrôle de l’action publique, ne sont toujours pas pleinement fonctionnels. Une situation qui rappelle le précédent régime d’Alpha Condé, durant lequel ces institutions étaient restées lettre morte malgré les critiques récurrentes de l’opposition.
Quatre ans après le coup d’État, la Guinée progresse certes vers le retour à l’ordre constitutionnel, mais à un rythme jugé lent par de nombreux observateurs. D’importants défis institutionnels subsistent, appelant à la poursuite du processus de normalisation politique et démocratique.
La transition ne pourra ainsi être considérée comme définitivement achevée qu’à l’issue de l’organisation de l’ensemble des élections restantes notamment législatives, communales et sénatoriales et avec l’installation effective de toutes les institutions prévues par la Constitution.
L’article Guinée : référendum et présidentielle, l’illusion d’une transition achevée est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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