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L’amélioration de l’accès à la justice pour les personnes vulnérables en Guinée était au cœur d’une conférence de presse organisée, ce samedi 28 mars 2026, par l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH). Une occasion pour elle de présenter les avancées enregistrées dans le cadre de la mise en œuvre de son projet « Renforcement de l’accès à la justice des personnes les plus vulnérables en République de Guinée », mis en œuvre avec l’appui de l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée.
En Guinée, l’accès à la justice est un défi majeur en raison de plusieurs obstacles, notamment économiques et socioculturels qui impactent une bonne partie de la population. Bien que ce droit soit garanti par les lois nationales et les instruments régionaux, de nombreuses personnes, notamment les plus démunies, peinent encore à faire valoir leurs droits, faute de moyens ou d’accompagnement juridique. D’où le lancement du projet « Renforcement de l’accès à la justice des personnes les plus vulnérables en République de Guinée », mis en œuvre par l’OGDH avec l’appui de l’ambassade du Royaume-Uni en Guinée.
Me Alpha Amadou DS Bah, président de l’OGDH« C’est pallier l’insuffisance du système judiciaire. Puisque normalement, quand les droits sont consacrés par la Constitution et tous les textes régionaux et sous-régionaux, il revient à l’État de mettre des mécanismes en place pour que les citoyens puissent accéder librement à la justice. Malheureusement, les dysfonctionnements systémiques empêchent ces personnes d’accéder à la justice. Donc, nous avons le recours systématique à la détention préventive. Ça, c’est l’une des causes qui font que des personnes qui auraient dû être en liberté en attendant que leur procès ne soit organisé se retrouvent de façon systématique en détention et de façon très prolongée », a expliqué Me Alpha Amadou DS Bah, président de l’OGDH.
Parlant toujours des dysfonctionnements du système judiciaire guinéen, l’activiste des droits humains déplore aussi la lenteur des procédures judiciaires, qui prolonge la détention préventive de nombreux justiciables. « Des personnes qui doivent bénéficier de la justice peuvent plusieurs années en détention préventive. Ça, c’est extrêmement grave. Puisque l’article préliminaire du Code de procédure pénale indique qu’il faut un processus équitable à toute personne. Or, un processus équitable, c’est aussi obtenir la justice dans un délai rationnel », a-t-il rappelé.
Signé en septembre 2025 pour une durée de sept mois, le projet de l’OGDH s’articule autour de deux volets. « Il y a d’abord le volet accompagnement judiciaire et un second volet sur l’étude. Puisque, accompagner les personnes vulnérables est une excellente chose, mais il faut aussi trouver les voies et moyens pour interpeller le gouvernement à travers une étude pour que des recommandations fortes soient formulées afin que ce dysfonctionnement-là soit jugulé. Concernant l’accompagnement judiciaire, ce projet concerne, dans la région de Conakry, les tribunaux de Kaloum, Mafanco et Dixinn. Et à l’intérieur du pays, il concerne la ville de Kindia au départ et ensuite celle de Labé, pour un total de 30 dossiers criminels. Parce que c’est surtout en matière criminelle que les personnes vulnérables ont le plus besoin d’assistance pour se faire juger. Puisque tant qu’il n’y a pas d’avocat pour assister une personne en détention préventive, il est impossible de tenir le procès », a indiqué Me DS Bah.
Après près de sept mois d’exécution, les résultats du projet sont jugés significatifs. Car de nombreuses personnes qui étaient en détention préventive ont pu être jugées et certaines d’entre elles ont recouvré leur liberté.
« Pour les dossiers criminels, nous avons déjà obtenu 27 dossiers qui ont été jugés, les décisions ont été rendues. La plupart des personnes qui étaient détenues ont été libérées. Dans ces 27 dossiers, 47 détenus ont bénéficié de nos services, dont 4 femmes. Donc des personnes qui étaient innocentes, qui étaient restées en prison parfois pendant cinq ans, pendant six ans, pendant huit ans. Il a fallu donc ce projet pour que ces personnes bénéficient de ces services et qu’elles recouvrent leur liberté. Quoi qu’il en soit, que ce soit une condamnation, que ce soit un acquittement, le plus important, c’est que ces personnes-là puissent avoir accès à la justice. Et cela passe nécessairement par le soutien d’un avocat, surtout en matière criminelle », a souligné l’avocat, ajoutant que 17 dossiers correctionnels ont aussi été traités, tandis qu’une dizaine d’autres est en cours.
S’agissant du second volet, l’OGDH annonce avoir engagé deux consultants nationaux pour mener une étude sur la chaîne pénale. Les conclusions attendues doivent déboucher sur des recommandations concrètes à l’endroit des autorités en vue de corriger les dysfonctionnements constatés.
« Cela à travers soit la mise en œuvre de la loi sur l’aide juridictionnelle ou en tout cas des mécanismes clairs et opérationnels pour que les personnes ne restent pas longtemps en détention. Ensuite, pour qu’on arrête de systématiquement envoyer des personnes en détention. Parce que de notre expérience, la plupart du temps, quand des personnes sont conduites devant les juges d’instruction ou dans les parquets, c’est presque à 80% le recours à la détention. Or, il y a plusieurs autres mécanismes à travers lesquels on peut investiguer, procéder à des informations judiciaires sans que ces personnes-là ne soient conduites en détention. Donc, il faut que l’étude-là nous permette de faire des recommandations au niveau du gouvernement pour que de façon beaucoup plus objective, des personnes soient jugées sans qu’elles ne passent nécessairement par la case détention préventive », a dit Me DS Bah.
À travers ce projet, l’OGDH entend ainsi contribuer à une justice plus équitable et accessible, tout en encourageant des réformes structurelles pour corriger les insuffisances du système judiciaire guinéen.
Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com
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