Crise de liquidités en Guinée : Ousmane Gaoual Diallo explique les causes et annonce la fin progressive du tout-cash

il y a 2 heures 21
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Face aux tensions persistantes autour de la disponibilité du cash en Guinée, le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, s’est exprimé ce vendredi 27 mars sur les origines du phénomène et les pistes de sortie de crise. Le ministre a insisté sur la nécessité d’un meilleur encadrement des flux monétaires afin de corriger certaines dérives économiques.

Dès l’entame de son intervention, il a souligné l’importance de contrôler la circulation de l’argent liquide : « Si on veut lutter contre beaucoup de choses, il faut qu’on contrôle aussi la circulation des biens de banque…».

Selon lui, la situation actuelle s’explique largement par la rétention volontaire des liquidités en dehors du système bancaire. « Pourquoi on parle de crise de cash ? Il y a plusieurs facteurs, lorsque les acteurs économiques préfèrent garder l’argent. Le thésauriser quelque part en dehors du circuit bancaire. »

À cette dimension structurelle s’ajoute, d’après le ministre, un facteur psychologique qui accentue la perception de pénurie. « Maintenant, il faut dire encore une chose, c’est qu’il y a un phénomène où on se dit qu’il n’y a pas d’argent. Les banques ont pris des mesures pour limiter le décaissement… »

Relativisant l’impact de la crise sur la majorité des citoyens, Ousmane Gaoual Diallo estime qu’elle touche surtout les acteurs manipulant d’importantes sommes en espèces : « En tout cas, pour nous qui sommes ici, donc cette crise-là, elle concerne qui, en réalité ? Qui est-ce qui fait des transactions de 2 milliards, de 500 millions en espèce ? C’est lui qui est concerné par cette difficulté. »

Le porte-parole du gouvernement a également évoqué les zones d’orpaillage, où la circulation du cash reste très importante : « Alors évidemment, vous avez un pan important de notre économie qui est liquide. Quand vous allez dans les zones d’orpaillage, les gens amènent des conteneurs d’argent pour acheter l’or parce que ça coûte cher. Et donc, c’est beaucoup d’argent, même si chaque acteur ne peut recevoir qu’un peu d’argent, c’est beaucoup de francs qui circulent à l’intérieur. »

Dans ce contexte, les autorités entendent promouvoir l’usage de moyens de paiement alternatifs, y compris au sein de l’administration. « Pendant un moment, jusqu’à récemment, même les salaires des forces de sécurité, des fonctionnaires, il y a beaucoup d’acteurs qui ressortent encore des salaires en espèce. Nous voulons changer ça. »

Pour le gouvernement, la limitation du cash s’inscrit dans une démarche de moralisation de la vie publique et de lutte contre la criminalité financière. « Nous voulons inviter nos concitoyens à utiliser les moyens alternatifs de transactions. Dans tous les pays du monde, il y a des règles de limitation de la disponibilité du cash. Sinon, on ne s’en sort pas. (…) Lorsqu’on veut moraliser la vie économique, lorsqu’on veut lutter contre certaines formes de détournement de deniers publics, de criminalité, on est obligé de contrôler le volume d’argent qu’un citoyen peut posséder », a-t-il déclaré, avant d’illustrer son propos par des exemples étrangers : « Dans certains pays, lorsque vous payez même en espèce une valeur de 5000 euros, la police vient vous trouver au lieu de paiement. (…) Vous devriez vous expliquer l’origine de l’argent que vous avez pris, etc. Donc si on veut lutter contre beaucoup de choses, il faut qu’on contrôle aussi la circulation des billets de banque. »

Toutefois, le ministre reconnaît que certaines politiques publiques peuvent susciter de la méfiance, notamment en matière fiscale. « Il faut que l’État se rassure est-ce que les gens qui gardent l’argent n’ont pas de crainte ? Certains nous ont expliqué qu’il y a des prélèvements d’impôts qui sont opérés lorsqu’ils sont en difficulté avec le fisc automatiquement dans leur compte. (…) Donc, ils préfèrent ne pas mettre dans leur compte. Peut-être, il faut que l’État revoie ce mécanisme pour amener de façon pédagogique à ce que les gens absorbent ces changements-là. »

Ousmane Gaoual Diallo admet par ailleurs que les réalités du quotidien compliquent une transition rapide vers les paiements électroniques. « Si les gens vont au marché pour payer des condiments, ils ont besoin de petites coupures. Vous ne pouvez pas payer partout par des moyens alternatifs. Il y a des endroits où il n’y a pas de réseau. (…) Moi, je sais que même pour acheter le carburant, vous pouvez arriver dans une station où ils vont vous dire qu’on ne peut pas prendre autre chose, il faut ramener du cash. »

Le porte-parole du gouvernement appelle à une approche graduelle et équilibrée : « Il faut de la pédagogie, il faut entraîner les acteurs économiques et les citoyens à changer leurs habitudes, mais il faut aussi faire en sorte que cette difficulté de se procurer du cash change. On a tous besoin d’avoir quelques biens dans sa poche pour pouvoir faire ».

L’article Crise de liquidités en Guinée : Ousmane Gaoual Diallo explique les causes et annonce la fin progressive du tout-cash est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.

Lire l'article en entier